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Infos Diverses

La messe n’a pas de prix.

Mais dès les origines de l’Eglise, les fidèles ont voulu participer à l’Eucharistie par des offrandes en nature ou en espèces. Elles étaient destinées à assurer les frais du culte, la subsistance des prêtres, la vie de l’Église.

C’est l’origine de la pratique des "honoraires de messe", qui date du VIIIe siècle et qui s’enracine dans l’Ancien Testament où le prêtre recevait une part des sacrifices faits à Dieu. Le prêtre doit toujours pouvoir "vivre de l’autel". La vie matérielle de l’Église et de son clergé repose donc sur cette contribution volontaire des fidèles.

Honoraires des messes

Pour une messe, l’offrande proposée est à 16 € .

On peut aussi faire célébrer :

  1. - une neuvaine 160 € (9 messes consécutives pour la même intention)
  2. - un trentain 500 € (30 messes consécutives)

En aucun cas la grâce reçue ne dépendra de la somme !

Pour demander des messes, il faut s'adresser au secrétariat de la paroisse.

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Première communion
Se préparer


Pour l'adulte comme pour l'enfant, la première communion est un sacrement qui se prépare. Voici quelques conseils pour vous y aider.
La préparation chez l 'enfant
Chez l'enfant, la première communion vient après une préparation au catéchisme. L'enfant apprend les grandes étapes de la vie de Jésus et une première approche de la messe.
La préparation se passe dans votre paroisse ou à l'école, s'il est dans une école catholique.
La première communion est une décision personnelle. Pour aider l'enfant dans son choix les parents et les responsables de la pastorale se rencontrent, discutent et réfléchissent ensemble. Cette étape dure à peu près un mois.
L'enfant et l'adulte doivent s'interroger " comment vais-je vivre ma communion dans ma vie de tous les jours ? ". La première communion inaugure en effet beaucoup d'autres communions.
Lorsque la décision est prise, il faut compter un mois de préparation avec une journée de retraite. Il est bon que les parents s'impliquent pendant cette période. Ils peuvent parler à leurs enfants qui ont besoin de connaître leur position sur la question.
Ce jour est un jour de joie et de prière, ne pas céder à la panique et au stress pour cela organisez-vous.
Invitations
La première communion est une fête de famille, pensez à inviter à l'avance toutes les personnes qui font partie de l'entourage direct de l'enfant ( grands-parents, tantes, oncles, cousins, parrain, marraine et pourquoi pas la nounou qui s'est occupé de lui) Les parrains et les marraines n'ont pas un rôle actif comme pour la confirmation, mais leur présence est souhaitable car vous les avez choisis pour accompagner vos enfants tout au long de leur vie chrétienne.
Les images
Celles -ci sont vendues dans des magasins spécialisés. Vous pouvez faire imprimer la date de la cérémonie et le nom de l'enfant. Ce dernier peut l'inscrire lui-même en rajoutant un petit mot pour chacun. Vous pouvez également confectionner des souvenirs plus personnels : un dessin, un texte illustré, des photos choisis par l'enfant.
Les vêtements
Une tenue décente et simple est demandée avec un rappel de blanc symbole de la pureté du baptême. Pas de baskets ni de jeans, le garçon peut porter une chemise et un pantalon clairs, la fille une robe pastel avec un gilet blanc.
Les cadeaux
L'enfant ne doit pas faire sa communion pour les cadeaux. Pas de consoles à la mode ni le dernier jeu vidéo, le cadeau doit être symbolique. Le cadeau sera un souvenir de ce jour important, cela peut être une montre, un stylo, une croix, une médaille, un bracelet ou encore un beau livre, une Bible, une icône.
Un repas
La communion est l'invitation à un repas, prévoyez à la sortie de la messe un repas, un goûter selon vos possibilités, un moment ou les convives se retrouvent autour d'un verre.
La préparation à la communion chez un adulte
Le catéchuménat est un temps particulier dans la vie d'un adulte pour se préparer à vivre sa foi et recevoir les sacrements. Cette démarche se fait librement, elle est choisie par des personnes responsables qui veulent marcher sur les pas du Christ.
Cette initiation dure un certain temps et s'articule autour de trois étapes : l'entrée en Eglise, l'appel décisif, le catéchumène donne son nom pour être baptisé la nuit de Pâques et les sacrements de l'initiation, (le catéchumène reçoit le baptême, puis la confirmation et enfin l'eucharisti)
Cette préparation dépend de l'itinéraire spirituel de la personne, c'est une période d'épreuve et de réflexion sur la profondeur de son engagement.
L'accompagnement se présente sous deux formes : un accompagnement personnalisé par quelqu'un qui devient le parrain, un accompagnement en équipe par le groupe catéchuménal.

Bons plans KT pour vos ados Comment leur parler de dieu ?
Comment intéresser les 13-15 ans à la foi? Film, blog, marche de nuit, retraite...
Découvrez sept pistes testées pour vous en aumônerie. Constance de Buor avec Hélène Poulain Loin du caté de leur enfance, les 13-15 ans ne veulent plus d’un enseignement traditionnel. Ils cherchent et se cherchent. Pour certains dans la foi. « Les ados ont besoin d’outils pour se positionner par rapport au monde, aux autres, et au bout du compte par rapport à Dieu. Même si les fruits viendront bien plus tard… », constate Chahina Baret, responsable du pôle adolescents du Service national de la catéchèse et du catéchuménat. À entendre les responsables d’aumônerie au collège, on n’enseigne plus Dieu aux ados: on s’attelle à rendre possible la rencontre avec Lui. « Les 13-15 ans ne supportent pas que les adultes instrumentalisent la Parole pour faire de la morale ou de l’éducation. Ils veulent avoir en face d’eux des personnes disponibles, qui leur disent comment leur foi les fait vivre, les rend joyeux, les aide à traverser les épreuves », poursuit Chahina Baret. Cet âge intermédiaire exige aussi de renouveler sans cesse les propositions. « Il faut multiplier les initiatives, varier les rythmes. Offrir des temps forts vécus activement, en leur demandant d’accomplir un service, par exemple, plutôt qu’en les laissant en “mode veille” devant un témoignage, comme devant la télé. Et les encourager à s’investir dans des projets de plus longue haleine », suggère le père Bruno L’Hirondel, de l’aumônerie de Maurepas dans les Yvelines. Pour les aumôniers que nous avons interrogés, les ados sont capables de se confronter à la Parole de Dieu. Dès lors que l’on sait leur montrer que les hommes et les femmes qui la traversent vivent les mêmes interrogations qu’eux. Aux accompagnateurs alors d’aider les ados à sortir d’eux face à la Bible, pourquoi pas à travers des films, des chansons, des œuvres d’art qui, sans remplacer les Écritures, permettent au « je » d’émerger.

1 VIDÉO ET ÉVANGILE
Réaliser un atelier vidéo autour de l’Évangile : une idée de Michael Cadot, responsable de FXproduction, pour l’aumônerie de Maurepas (Yvelines). De quoi s’agit-il? À chaque séance, nous réalisons un petit film complet, avec des jeunes de l’aumônerie qui jouent des passages d’Évangile. Nous tournons, avec un Caméscope numérique, sur fond vert. Après quoi nous incrustons par ordinateur les décors. Nous prenons d’abord une heure pour dîner. Et puis nous choisissons notre extrait. Le « scénario » est déjà bien écrit dans la Bible… mais il reste quand même à définir les limites de la scène à jouer, le décor photo, les costumes. Après ça, nous avons une heure pour filmer. À quel rythme ? Une soirée pleine (environ 3 heures) tous les mois et demi. Ce que les ados y trouvent: Ils y prennent beaucoup de plaisir. Ils sont ravis de découvrir, au passage, des outils technologiques et de montrer à leur entourage une autre image de l’Église. L’apport catéchétique Cela permet de leur faire travailler les Écritures. Montrer l’Évangile exige d’être attentif aux plus petits détails. D’une séance à l’autre, les jeunes font des recoupements entre les textes. Même quand ils semblent dispersés, ils s’imprègnent de quelque chose. www.fxproduction.fr

2 LA RETRAITE AU MONASTÈRE
Des retraites ouvertes aux troisièmes dans une abbaye cistercienne, c’est ce que propose Christine Aulenbacher, dans le diocèse de Strasbourg. De quoi s’agit-il ? C’est une plongée dans le quotidien du monastère. Pendant un week-end ou une semaine, les ados vivent au rythme des moines. Je préconise que les catéchistes bâtissent autour d’un thème particulier un livret qui accompagne les jeunes, qu’ils garderont, avec des pistes spirituelles, des questions, des espaces pour écrire leurs réflexions. La semaine est rythmée par des temps de partage, par les offices auxquels des ados qui ne vont jamais à la messe peuvent devenir étonnamment assidus! La nuit est très importante à cet âge:les veillées de sketches, de prière, les feux de camp, les marches nocturnes sont très appréciés.
À quel rythme? Par exemple une fois par an, comme un temps fort. Ce que les ados y trouvent: Ils découvrent un choix de vie radical, en rupture complète avec leur quotidien, des témoins de la foi. Mais surtout, ils sont heureux de voir qu’ils sont écoutés gratuitement. L’apport catéchétique Les ados sentent qu’ils sont portés par la communauté. Ils perçoivent une expérience existentielle, un vrai temps de désert. Au début, ils paniquent sans téléphone portable ni MP3. Et puis une autre musique vient les habiter peu à peu!

3 LA PRIÈRE ET L’ŒUVRE D’ART
Montrer les liens entre l’art et a foi et les appliquer à la catéchèse : un choix pris par Catherine de Salaberry et Pascale Huré, au diocèse de Versailles. De quoi s’agit-il? L’œuvre d’art – peinture, sculpture, etc. – est un excellent support au texte. Les images choisies doivent être fortes. L’artiste privilégie toujours un aspect du passage des Écritures qu’il met en scène. Lequel? Pourquoi? Et nous, quel détail nous frappe ? L’idéal est d’emmener les collégiens sur place, dans une église (ou un musée) observer une représentation de telle scène biblique. À quel rythme ? À partir d’un support documentaire, on peut le faire à chaque séance. Ce que les ados y trouvent: Mettez des jeunes devant le récit de la Pentecôte dans les Actes des Apôtres (2) et devant le tympan de la basilique de Vézelay, qui figure le même épisode, vous verrez la différence. Face à un texte, ils ont peur de ne pas savoir. Face à l’image, ils ont moins de pudeur, de peurs. Ils peuvent s’exprimer à l’instinct et se montrent très sensibles aux expressions, aux visages... C’est concret. Sans compter qu’aller voir une œuvre in situ ou un édifice leur permet de bouger. L’apport catéchétique L’œuvre d’art déplace les codes et les certitudes. C’est un chemin théologique. Entrer dans une église est déjà une vraie et profonde expérience spirituelle.

4 LA MARCHE DANS LA NUIT
Marcher dans la nuit: une expérience de Jacqueline Le Diguer’Her, responsable de l’aumônerie pour le diocèse de Viviers (Ardèche). De quoi s’agit-il ? On se retrouve dans l’après-midi pour un grand jeu, Des croyants témoignent de leur foi. On pique-nique le soir avant une marche, vers 21 heures, pour une quinzaine de kilomètres. Au fil du chemin, chaque aumônerie présente un travail préparé dans l’année sur le thème de la marche, sous forme de sketches, de chansons, etc. Vers minuit, on s’arrête et discute. À 2 heures, on célèbre l’eucharistie dans une église. Des personnes du village se joignent à nous. Nous remarchons jusqu’au lever du soleil où les jeunes reçoivent un envoi dans une église. Puis, nous nous séparons après le petit déjeuner, vers 7 heures. À quel rythme ? Tous les deux ans, vers Pâques. Ce que les ados y trouvent :  La nuit attire. On proposerait la même chose le jour, on aurait peu de candidats ! Cette marche est un rite d’initiation. Elle fait vaincre des peurs. Les ados se demandent s’ils vont être capables de tenir… C’est aussi une occasion de casser l’isolement des petits groupes d’aumônerie. L’apport catéchétique Il se joue autour du thème travaillé en amont. Cette nuit est aussi un pèlerinage, une mise en route avec tout leur être. Cette traversée a clairement une dimension pascale.

5 INTERNET (LE BLOG DU CURÉ)
Chatter sur un site : rien de mieux qu’un blog destiné aux collégiens pour le père Matthieu Lefrançois, du diocèse d’Angers (Maine-et-Loire). De quoi s’agit-il? J’ai découvert que les ados passent du temps sur MSN (un système de « discussion » instantanée sur Internet), qu’ils y tiennent leurs blogs (journal « intime »), et qu’ils s’y racontent beaucoup de choses. Certaines légères, d’autres plus profondes sur l’amitié, le sens de la vie, etc., alors que les 4es-3es ont du mal à se dire. J’ai alors construit mon blog. Ceux des ados sont assez autocentrés:ils s’y exposent mais cherchent à savoir ce que les au­tres pensent d’eux… Je joue sur leur terrain mais j’en décale l’u­sage. Avec des homélies simplifiées en langage un peu plus « djeunes » que celles du dimanche.
À quel rythme? N’importe quand. Ce que les ados y trouvent: Les ados y trouvent ce qu’ils veulent. Une parole, un conseil de livre, un plan CD, des photos des jeunes du diocèse. Mais avec des rubriques qui leur parlent d’eux, de leur culture. Ils se laissent accrocher, sans obligation de temps ou de fréquence. L’apport catéchétique Avoir côte à côte une chronique ciné et un minisermon est une façon de manifester que la vie chrétienne oriente, irrigue notre existence, que la foi n’est pas seulement une parenthèse le dimanche. matlefblog.spaces.live.com

6 LE GRAND RASSEMBLEMENT
Réunir des milliers de jeunes. Comme au dernier Frat-Jambville en mai 2007, organisé par le père Albert Gambart, délégué général des évêques d’Île-de-France. De quoi s’agit-il? Le Frat est un grand rassemblement de quatre jours proposé aux jeunes de 14 à 16 ans des aumôneries d’Île-de-France. À quel rythme? Durant quatre jours, tous les deux ans. Ce que les ados y trouvent : Un tel rassemblement répond à leur besoin d’être ensemble, de vivre des temps forts. C’est un vrai moment de fête. Les 13-15 ans sont tout à fait capables de plonger dans le silence, mais ils sont surtout à l’âge où l’on explose ! Les jeunes apprécient qu’on les rejoigne sur leur terrain, qu’on leur parle dans leur langue. Mais on ne cherche surtout pas à les séduire, à les acheter, on reste très cohérents sur le message en leur servant les mots de l’Évangile et de la liturgie. L’apport catéchétique Le thème choisi doit leur permettre de découvrir un visage du Christ qui les aide à grandir dans leur foi. Il faut leur montrer que l’Évangile change quelque ­chose à leur vie. Le but du Frat n’est pas de dispenser une « catéchèse synthétique intégrale », mais de redonner du jus, un enthousiasme, qui puisse irriguer le reste de l’année.

7 LE FOYER D’ACCUEIL
Un temps pour accueillir et un temps pour écouter. Un moment privilégié dont parle Cécile Abrial, pour l’aumônerie de La Celle-Saint-Cloud (Yvelines).
De quoi s’agit-il? C’est très convivial. À chaque séance, sept ou huit jeunes viennent partager le repas chez un couple référent. Ils discutent sur des thèmes qu’ils ont définis ensemble:la violence, l’amitié, l’amour. Après, chaque couple organise la soirée comme il l’entend. Soit la réflexion démarre à partir d’un texte biblique, soit à partir d’un fait d’actualité. Dans tous les cas, il y a toujours un temps de prière et de lecture de la Bible.
À quel rythme? Une soirée tous les mois, de la quatrième à la terminale. Ce que les ados y trouvent: À cette période de leur vie, où les relations avec leurs parents ne sont pas toujours faciles, ils trouvent une oreille auprès du couple référent. Puisqu’un couple suit le même groupe de jeunes pendant plusieurs années, une grande confiance se noue. Les jeunes abordent des questions de foi, ce qu’ils ne font pas forcément avec leurs parents. L’apport catéchétique Les jeunes apprennent à creuser, à approfondir les textes bibliques.

La Vie

Religion Les limbes, c'est fini
limbesL'Eglise vient de remettre en cause l'existence du lieu supposé accueillir les enfants morts sans baptême, laissant la place à plus d'espérance et de miséricorde. Les limbes, ce lieu en demi-teinte entre enfer et paradis, jadis supposé accueillir les enfants morts sans baptême, ont vécu. En avril dernier, Benoît XVI les a rayés de la carte de l'au-delà en approuvant un document de la Commission théologique internationale très critique à leur sujet. « La grande miséricorde de Dieu, qui désire sauver tous les hommes, et la tendresse de Jésus envers les enfants (...) nous conduisent à espérer qu'il existe une voie de salut pour les enfants morts sans baptême », conclut le document, fruit de longues années de discussion entre théologiens. Passé presque inaperçu, l'événement n'est pas sans importance dans l'histoire de l'Eglise catholique, tant la « théorie » des limbes a marqué les mentalités en Occident.

Notre dossier :
Le concept des limbes remonte aux premiers temps du christianisme. Il est demeuré très présent au XIXème siècle chez les catholiques. Chez les orthodoxes, les enfants qui meurent sans avoir été baptisé demeurent dans l'ignorance. Les protestants n'ont jamais admis l'existence d'une zone frontière entre paradis et enfer.

-> Les limbes chez les différentes confessions chrétiennes
L'expérience des familles confrontées à la mort d'un enfant avant le baptême était en contradiction évidente avec l'hypothèse des limbes. En l'abandonnant, l'Eglise entend se concentrer sur l'essentiel de la foi.
-> Les limbes remplacées par l'espérance
Pèlerin info

Inde: La fascination pour Mère Teresa fonctionne toujours dix ans après sa mort
"Elle était simplement là, elle saluait et bénissait Anne-Katrin Gässlein*, Apic /Traduction: Bernard Bovigny Calcutta, 22 août 2007 (Apic)
Mère Teresa est décédée il y a 10 ans, le 5 septembre 1997. Plus de 3'000 sœurs et 500 frères, dans 710 communautés et 133 pays, font aujourd'hui partie de sa congrégation des "Missionnaires de la Charité". Visite sur les lieux, à Calcutta, où la religieuse était déjà considérée comme une sainte de son vivant. "On pourrait penser qu'au cours des années elle avait acquis une aura pleine de vénération, presque intangible. Mais notre "mère" était très humaine, elle était toujours en prise avec la réalité". Sœur Christie s'exprime dans un anglais parfait, sans le moindre accent, dans la Maison-mère de la congrégation. Cette Japonaise vit à Calcutta depuis 15 ans. Elle a donc connu personnellement la fondatrice des "Missionnaires de la Charité". "Dans tous ses actes - qu'elle prie ou signe des cartes - elle était orientée vers Jésus. Cela, chacun l'a ressenti". Une anecdote au sujet des cartes, justement, est assez significative. Un homme d'affaires lui avait demandé son adresse, afin de lui imprimer des cartes de visite. En lieu en place de sa rue, de son numéro de téléphone ou encore de son numéro de compte, Mère Teresa a décidé de faire imprimer une prière. La Maison-mère de la congrégation, dans laquelle Mère Teresa a vécu jusqu'à sa mort, est aujourd'hui un centre administratif. Mais son animation fait davantage penser à une ruche. Des religieuses renseignent les visiteurs sur les heures d'ouverture, les guident auprès de la tombe de Mère Teresa et à travers le petit musée qui lui est consacré, là où sont exposés ses sandales, son sari et même sa chaise roulante. "De son vivant, tant de personnes affluaient qu'elle devait descendre dans la cour intérieure pour leur parler", se rappelle Sœur Christie. "Elle était simplement là, elle saluait et bénissait".
Des bénévoles issus du monde entier
La fascination pour Mère Teresa fonctionne toujours, dix ans après sa mort. C'est à la Maison-mère que sont coordonnés les activités des nombreux bénévoles, désireux de s'engager dans un des établissements de la congrégation. Ce sont en majorité des jeunes, issus de toutes les régions du monde. Après une introduction en anglais, chinois ou japonais, ils peuvent collaborer à l'accompagnement des malades, jouer avec des enfants ou parler avec des personnes âgées. "Quelques-uns ne restent que quelques jours, d'autres travaillent 6 mois ou même plus longtemps dans nos communautés", raconte Sœur Christie. Parmi eux, on trouve souvent des jeunes qui proviennent de Suisse. Dans la lumière voilée de cette fin d'après-midi, qui traverse les fenêtres, les ventilateurs tentent d'éloigner la chaleur qui tape sur les rues poussiéreuses environnantes. Trois rangées de brancards sont installées. Plus de 100 patients se trouvent actuellement dans "La Maison des malades ou des mourants". Rien qu'aujourd'hui, six arrivées ont déjà été enregistrées. "Les gens sont amenés chez nous soit par leur parenté, soit par des passants qui les ont trouvés dans la rue", raconte Sœur Glenda. Elle est surveillante dans cet établissement des "Missionnaires de la Charité" et dégage une certaine autorité avec sa stature solide et sa forte voix. "Oui, nous avons aussi un médecin. Il vient trois fois par semaine, ainsi que sur demande en cas d'urgence", affirme-t-elle d'un ton net. Et les trois religieuses qui travaillent ici? "Elle ont aussi une formation médicale, mais partielle."
Des médecins réticents
Le fait que les soins au mouroir de Calcutta soient régulièrement administrés par des religieuses disposant d'une formation médicale insuffisante est un reproche souvent adressé aux "missionnaires de la Charité". La congrégation rend attentive au fait que de nombreux médecins refusent de venir soigner les patients, surtout ceux qui sont près de mourir, mais aussi ceux qui sont atteints d'une maladie contagieuse. Beaucoup refusent également les malades qui ne peuvent pas payer leur traitement. Mais la congrégation s'efforce de promouvoir à l'interne la formation médicale. Une des premières religieuses de la congrégation, Sœur Andrea, a même entrepris des études de médecine peu après son entrée dans les ordres et acquis un doctorat. Par ailleurs, les Missionnaires de la Charité n'ont pas que les soins apportés au corps en vue, mais également l'accompagnement spirituel. Un autre reproche régulièrement essuyé par les Soeurs de Mère Teresa est l'utilisation des dons. Dans certains établissements, des dons auraient été exclusivement attribués à l'évangélisation des pauvres, ce qui est en contradiction avec les lignes directrices de la congrégation. La réponse est venue de Mère Teresa elle-même. "Il n'y a qu'un Dieu. Et il est le Dieu de tous. Nous voulons aider un hindou à devenir un meilleur hindou, un musulman à devenir un meilleur musulman, et un chrétien à devenir un meilleur chrétien." Ce qui est certainement un défi passionnant pour des religieuses chrétiennes. Car leurs patients à Calcutta sont "à 90% des hindous et 10% des musulmans", comme l'affirme de façon péremptoire Sœur Glenda. * Anne-Katrin Gässlein est rédactrice responsable des bulletins paroissiaux "forumKirche" de Schaffhouse et Thurgovie.
Indication aux rédactions: Des photos des Sœurs de Mère Teresa à Calcutta sont gratuitement à disposition à : kipa@kipa-apic.ch

Encadré:

Mère Teresa - une vie pour les pauvres Mère Teresa
- Agnes Ginxha Bojaxhiu au civil - est née le 27 août 1910 à Skopje en Macédoine sous occupation turque, dans une famille catholique d'origine albanaise. A l'âge de 12 ans, elle est convaincue de devenir religieuse. A 18 ans, elle entre chez les Sœurs de Notre-Dame de Lorette en Irlande. Elle se retrouve enseignante d'histoire et de géographie dans leurs écoles à Darjeeling et Calcutta. Après avoir prononcé ses vœux, elle est nommée à la tête de Sainte-Marie, une école pour les enfants bengalis à Calcutta. Le 10 septembre 1946, alors qu'elle est en retraite, elle ressent ce qu'elle décrit ultérieurement comme "un deuxième appel": aller dans les taudis de Motijhil à Calcutta et travailler auprès des plus pauvres et plus déshérités de la ville. Cette date est célébrée comme le Jour de l'inspiration par les Missionnaires de la Charité, ordre religieux qu'elle a fondé pour promouvoir cette vocation. Deux ans plus tard, elle quitte les sœurs de Notre-Dame de Lorette et fonde, avec l'approbation de son évêque et du pape Pie XII, une nouvelle congrégation, approuvée par Rome en 1950. (apic/akg/ak/bb)

Rocamadour,
Les yeux vers le ciel Accroché à la falaise et surplombant un canyon sauvage, le petit village du Lot attire chaque année 900 000 visiteurs.
Une formidable notoriété sur laquelle l'Église veut s'appuyer pour réaffirmer les racines spirituelles de ce haut lieu de la chrétienté au Moyen Âge, grâce à l'implication des chrétiens locaux Le jour où le P. Clément Nastorg, recteur du pèlerinage de Rocamadour, a demandé à Laurence Du Peloux d’assurer une visite guidée des lieux, les pierres du sanctuaire se sont dérobées sous les pieds de cette paroissienne fidèle, mère de cinq enfants Pourquoi a-t-elle accepté de plonger dans ses livres d’histoire ? Sûrement pour rendre à ce haut lieu de la chrétienté au Moyen Âge ce qu’il lui a apporté. Aujourd’hui. « C’est ici que j’ai été touchée, que j’ai rencontré le Christ. Depuis, je suis en pèlerinage chaque matin. Le bonheur que j’éprouve à Rocamadour, je le vis comme une action de grâce », confie-t-elle, avec une rayonnante simplicité. Depuis mai 2006, Laurence a rejoint l’équipe des guides bénévoles, mise en place dans le cadre de la restructuration du sanctuaire, liée aux graves difficultés financières rencontrées par la maison d’accueil des pèlerins Fortement impulsée par le P. Ronan de Gouvello, le jeune curé de Rocamadour, arrivé en septembre 2005, la présence des chrétiens locaux sur le parvis – et les visites gratuites qu’ils proposent à la demande – n’est pas seulement d’ordre économique. Elle s’inscrit dans l’objectif clairement affiché de réaffirmer les racines spirituelles de Rocamadour. « Le cœur du diocèse bat ici », souligne Mgr Norbert Turini, évêque de Cahors depuis 2004.
"La forêt des singes"
Pour lui donner sa pleine vitalité, le P. de Gouvello, en perpétuelle tenue de clergyman, lui injecte son dynamisme infatigable et un sens certain de la communication. « Je fais clairement de l’évangélisation, j’attaque directement. Le lieu est propice à cette action : je jette mes filets sur le parvis en proposant le message, en toute liberté. » La majesté du site, qui lui assure une pérennité éternelle sur les cartes postales, et son incomparable notoriété touristique – on lui attribue le titre de deuxième site de France, après le Mont-Saint-Michel – avaient peut-être fini par éclipser l’origine de Rocamadour. Au point de l’associer au fromage de chèvre, au goût fameux, ou aux activités touristiques comme « Le rocher des aigles » ou « La forêt des singes »… On raconte même que certains touristes débouchent directement du grand escalier vers l’ascenseur qui conduit au « deuxième étage » de Rocamadour sans faire une halte dans la chapelle miraculeuse et admirer la Vierge noire, splendeur du XIIe siècle. « À l’époque où nous assurions l’accueil durant l’été, nous étions confrontés à deux questions récurrentes : “Où sont les toilettes ?” et “Où peut-on prier ?” », racontent Antoinette et Jean-Marc Peyrard. Eux aussi ont décidé de s’investir fortement dans la vie du sanctuaire. Ils se relaient, avec d’autres, pour que la crypte soit désormais ouverte à l’Adoration, de la fin de la messe du matin au début des vêpres. « C’est un lieu habité par la prière depuis des siècles et particulièrement par la prière des plus humbles. Rocamadour est à la confluence de toutes les diversités. Parfois, les gens ne savent pas pourquoi ils viennent. Au moment de leur passage, ils doivent trouver leur compte dans une rencontre véritable. Il faut que les visiteurs puissent rapidement appréhender l’essentiel », souligne encore Mgr Turini.
"Celui qui prie la Vierge noire obtient toujours gain de cause"
Ces paroles feront sûrement chaud au cœur de Christian Delpech, l’un de ces Amadouriens pur jus, dont la pâtisserie-confiserie a pignon sur la rue unique du village. Il clame haut et fort sa nostalgie de la splendeur religieuse passée de Rocamadour. Gamin, il a gravi des «centaines de fois» le grand escalier à genoux, au long de processions grandioses qui ont marqué sa mémoire. Enfant de chœur, il servait la messe, ce jour de 1956, quand on est venu prévenir le prêtre qu’une dame anglaise s’était levée de son fauteuil roulant en bois. Christian Delpech peste bien contre « les gens de Lourdes » qui ont empêché la publicité du miracle, mais il est finalement l’un des meilleurs thuriféraires de l’essence profonde de Rocamadour. « Celui qui prie la Vierge noire avec son cœur obtient toujours gain de cause, dit-il soudain, en ralentissant le rythme de son débit méridional. Chaque fois qu’un touriste a besoin d’aide, je lui dis d’aller la voir. » Depuis de nombreuses années, Monique et Jean, couple de retraités stéphanois, sentaient confusément le besoin de retourner à Rocamadour. Ils y étaient venus à deux reprises «dans les années 1960-1970», mais à chaque fois pour une étape éclair, comme la majorité des touristes. Cette fois, ils ont décidé de rester cinq jours. Ils ne le regrettent pas. « Notre entourage a été affecté par de nombreux deuils, on ne les oublie pas. » Dans le recueillement des sanctuaires, ils ont trouvé « calme et sérénité » pour confier à la Vierge toutes leurs intentions.
"Supporter les épreuves de la vie"
Durant la saison, Michèle Marnac, propriétaire d’un bel établissement hôtelier, Le Relais du Château, n’a guère le temps de s’extraire de sa trépidante activité : avec ses 28 employés, elle assure jusqu’à 300 couverts par service ! Mais l’hiver venu, elle « descend » souvent au sanctuaire. « La Vierge noire m’a beaucoup aidée à supporter les épreuves de la vie », dit-elle avec pudeur. Elle ressemble à tous ces anonymes ayant vécu à Rocamadour l’une de ces expériences spirituelles qui ont transformé durablement leur vie. Ils en témoignent sans ostentation, mais avec l’ardent désir que les touristes puissent devenir des pèlerins. Avec son style BCBG et ses cinq enfants, Chantal Bressac confie avec humour qu’elle n’a pas l’air d’une convertie récente. Et pourtant, ses apparences ne disent rien de sa révolte passée contre l’Église et du bouleversement intérieur qu’elle a connu dans la chapelle. Voilà pourquoi elle est devenue l’une des chevilles ouvrières de l’équipe de laïcs. Pour participer à la dynamique spirituelle qui veut restituer la vocation initiale de Rocamadour. «Lorsqu’on vient ici, on s’attache souvent à l’image, à la façade extérieure, on ne touche pas le cœur du sanctuaire », regrette Julien Phlipoteau, 26 ans, pour mieux souligner la place que le lieu sacré tient dans sa vie. Parce qu’il a grandi à cinq kilomètres de là, ce jeune homme aux fines lunettes a entendu « toutes les histoires, plus ou moins légendaires, qui s’attachent au lieu ». « Mes études m’ont permis d’approfondir la connaissance limitée et émotionnelle que j’avais du sanctuaire. Je suis heureux de faire un lien entre l’histoire et ma foi personnelle. »
"J’essaie d’accueillir tout le monde comme un frère"
Auteur d’un mémoire sur l’accueil des pèlerins du XIe siècle à nos jours, lui aussi assure régulièrement des visites gratuites. Pour offrir une halte au public qui s’émerveille des peintures du XIIe siècle pour peu qu’on lui indique de lever la tête… Pour Geneviève Lasvaux, qui appartient aussi à l’équipe des guides, la contemplation de cette beauté est à même de répondre à la quête de sens de nos contemporains. Elle non plus n’aurait jamais pensé prendre la parole devant les visiteurs. « J’ai à cœur de faire découvrir Rocamadour, car mon cheminement personnel m’a conduit dans ces lieux. J’essaie d’accueillir tout le monde comme un frère. Souvent, les gens me remercient. » Peut-être ont-ils approché confusément ce dont parle Mathieu Pivaudran, le très dynamique adjoint au maire en charge du patrimoine. S’il fait la distinction entre ses fonctions d’élu républicain et son parcours personnel, il confie néanmoins : « Ici, je me suis rapproché de Dieu. Le dynamisme des hommes d’Église, les témoignages des pèlerins, tout cela me donne de l’engouement et de l’espoir pour avancer. Aujourd’hui, je rêve de voir ce pèlerinage rayonner comme à Conques ou à Vézelay.»
Bruno BOUVET

Pays, Les courants du catholicisme aux Etats-Unis
Lisa Sowle Cahill, Professeur à l'Université de Boston, propose cinq clés pour comprendre comment les catholqiues vivent leur foi aujourd'hui aux Etats-Unis. Professeur Cahill est l'ancienne présidente de la Société théologique catholique des Etats-Unis et de la Société d'éthiques chrétiennes. Elle a obtenu son doctorat à l'Université de Chicago Divinity School.
Les catholiques romains à travers le monde partagent de nombreux points communs, d’où une réelle identité : ils appartiennent à une Eglise globale unifiée sous l’autorité du Vatican ; ils bénéficient d’une tradition sacramentelle, un long héritage de spiritualité et de liturgie, le legs toujours en évolution de Vatican II et une tradition d’encycliques sociales qui les mettent au défi de respecter la dignité humaine et de rechercher le bien commun pour tous. Néanmoins, l’expérience catholique varie aussi selon les contextes culturels et les histoires locales. Bien que les Nord Américains et les Européens soient sans aucun doute proches sur bien des points, des différences intéressantes les séparent également. Ces différences affectent plus spécialement les jeunes générations, qui sont devenus des adultes catholiques dans une époque d’après Vatican II. Ainsi cinq facteurs entrent en jeu dans l’expérience catholique américaine d’aujourd’hui.
Un pays religieux mais pluraliste.
Contrairement à de nombreuses sociétés européennes "séculières", les Etats-Unis sont encore un pays très religieux. Beaucoup de gens disent qu’ils croient en Dieu et assistent à des services religieux régulièrement. Cependant, ces croyants sont manifestement divers dans leurs origines culturelles et leurs opinions politiques et religieuses. D’aussi loin qu’on s’intéresse à l’Eglise catholique, beaucoup seront surpris d’apprendre que la société américaine est de plus en plus latine (hispanique), en raison du grand nombre d’immigrés latino-américains. Et puisque ces nouveaux venus aux Etats-Unis apportent avec eux une langue et un héritage culturel uniques, on peut s’attendre à ce que leur présence ait un impact majeur dans l’Eglise de demain.
Un pays traditionnellement "chrétien".
Les protestants sont plus nombreux et dominants que les catholiques. Le protestantisme revêt de nombreuses formes. Une de ses formes les plus influentes aujourd’hui est le mouvement protestant évangélique. Ce type de protestantisme n’est pas nouveau : il remonte au renouveau religieux des années quatre-vingt, qui insista sur l’autorité de la bible, une relation personnelle avec Jésus et l’action transformante du Saint-Esprit. Les évangéliques, comme les pentecôtistes, attirent de nombreux catholiques parce qu’ils représentent une rupture avec des Eglises établies, ennuyeuses et bureaucratiques, qui ne semblent pas répondre aux besoins spirituels de leurs membres. La plupart des catholiques connaissent bien l’expérience de devoir assister à une longue messe sans intérêt, où le prêtre et les autres ministres du culte se livrent à des activités apparemment sans rapport devant une foule de personnes qui ont manifestement la tête ailleurs. Beaucoup de catholiques sont attirés par un style de religion évangélique, y compris de nombreux immigrés latino-américains. Les Eglises évangéliques est en général beaucoup moins solennelles, plus vivantes et personnelles, et appellent chacun à une foi intime dans le Christ. Ce qui est remarquable aujourd’hui est l’alliance de ce type de christianisme avec des politiques plus conservatrices. Le président George W. Bush, par exemple, profite d’un large soutien parmi les évangéliques.
Des catholiques avec des priorités différentes
Les catholiques s’opposent pour définir qui des questions pro-life ou des questions de justice sociale sont les plus importantes. Les débats et souvent les divisions sur la moralité et la politique sont très discutés dans l’Eglise catholique américaine. Beaucoup de catholiques sont concernés par les questions de justice sociale, tels que la race, le sexe ou la classe sociale. Ils sont partisans d’une justice équitable à la fois chez eux (aux USA) et à l’extérieur. Ils sont conscients que la mondialisation apporte avec elle le danger de plus grands fossés entre les riches et les pauvres, et que le génocide, la guerre et la destruction de l’environnement naturel sont des problèmes majeurs et mondiaux. Ils croient que la foi catholique et le ministère de Jésus-Christ nous appellent à être des agents actifs pour un changement social dans ces domaines. Ils sont sociaux progressistes et votent typiquement démocrate. D’un autre coté, beaucoup plus de catholiques traditionnels sont concernés par un ensemble différent de questions morales : avortement, recherche sur les cellules souches et homosexualité. Ils sont sociaux conservateurs et s’alignent sur le parti républicain. Dans leurs déclarations publiques et dans leur soutien envers différents candidats politiques, les évêques américains semblent donner la priorité au programme pro-life et soutenir les candidats républicains plutôt qu’insister sur l’enseignement social de l’Eglise. Pendant la dernière campagne de l’élection présidentielle (2004), quelques évêques menacèrent d’excommunier (exclure de la sainte communion) certains politiciens qui pensaient que l’avortement devait rester une option légale pour les femmes. De même façon, ils prirent une même position forte contre la légalisation du mariage homosexuel. Pour l’instant, ils n’ont pas condamné les politiciens catholiques qui ont soutenu la guerre en Irak, même si le pape et les évêques eux-mêmes ont condamné la guerre. De telles questions divisent les catholiques en Amérique, tout comme elles divisent les autres groupes sociaux. La religion est pensée par beaucoup d’Américains comme étant intrinsèquement traditionaliste et politiquement conservatrice par nature. Le parti démocrate et ses candidats ont souvent ignoré le rôle civique de la religion ou ont vu la religion comme un ennemi de l’égalité et des droits. Par conséquent, les catholiques qui se consacrent à la justice sociale se battent pour faire entendre leurs voix, aussi bien dans l’Eglise que dans la société. Ils croient que leur foi religieuse exige d’œuvrer pour l’égalité des races et des sexes, pour la non discrimination des homosexuels, pour une économie mondiale équitable, pour l’environnement et pour la paix.
Les catholiques de l’ère Vatican II et les catholiques plus jeunes
Il y a sur ces points certaines différences très intéressantes entre les catholiques de l’ère Vatican II et les catholiques plus jeunes. Les jeunes adultes catholiques n’entrent pas toujours nettement dans les catégories de droite et de gauche, de conservateur et de libéral. Les catholiques de Vatican II se souviennent de l’Eglise d’avant le Concile. Cette Eglise avait un fort sentiment de croyance en Dieu, les saints et le surnaturel. Mais l’enseignement social catholique, bien qu’il ait existé, n’était pas encore connu de la plupart des catholiques. Etre catholique était bien plus défini en termes d’obligations religieuses (la messe tous les dimanches) et en terme de règles dirigeant le comportement personnel, notamment sexuel. Dans la morale sexuelle, comme dans le rôle subordonné de la femme, l’Eglise reflétait plutôt les normes répressives de la culture dans son ensemble. Vatican II ouvra la fenêtre du changement. Il donna du pouvoir aux laïcs, appela à l’ouverture d’esprit en ce qui concerne le monde moderne et en amena beaucoup à repenser le catholicisme dans lequel ils avaient été élevés. De nombreux catholiques devinrent moins stricts en matière de comportement sexuel personnel, de fervents avocats pour l’égalité des femmes, et plus actifs pour chercher à mettre fin à la pauvreté et à la guerre. Ce type d’identité catholique est typiquement celle des parents de nombreux jeunes gens aux Etats-Unis, comme en Europe. Les catholiques nés après le Concile de Vatican II ont expérimenté une Eglise et une culture d’une espèce différente. La culture est beaucoup plus pluraliste et beaucoup plus permissive. La sexualité en est un bon exemple. Alors que leurs parents ont grandi dans une atmosphère où tout semblait interdit, les jeunes adultes d’aujourd’hui font face à une situation dans laquelle tout est virtuellement possible. Souvent, ils aspirent à un sentiment plus haut de but et de signification - dans la sexualité et dans les autres domaines de la vie. La structure ferme de l’Eglise et les pratiques religieuses qui ont défini la jeunesse de leurs parents – et sur lesquelles se fondent encore l’identité catholique et le sens du divin de leurs parents - ont disparu. Les jeunes gens aspirent à un profond sentiment d’être liées à Dieu. Ils veulent un mode de vie chrétien stimulant qui peut donner des réponses à la vanité et à l’égoïsme de la culture qui les entoure. Ils cherchent une plus profonde spiritualité, une plus forte foi individuelle, et un ensemble clair de valeurs morales personnelles. En conséquence, certains jeunes catholiques américains embrassent les enseignements "traditionnels" à propos de l’avortement et du sexe et remettent à l’ordre du jour de "vieilles" pratiques religieuses telles que le rosaire, la dévotion au Saint Sacrement et la messe en latin. Chose curieuse cependant, beaucoup de ces mêmes jeunes gens promeuvent l’égalité entre hommes et femmes, l’importance de la fin de la pauvreté, de la guerre et du fléau du SIDA. Ils veulent protéger l’environnement et obtenir l’égalité pour les gays et les lesbiennes – du moment qu’ils acceptent que le sexe soient lié à un engagement entre les personnes concernées ! En d’autres termes, il y a un nombre significatif de jeunes catholiques américains qui sont à la fois "pro-life" et "pro justice-sociale." Ils ont leur propre définition de ce que l’identité catholique signifie mais choisissent fréquemment d’y inclure des pratiques et des dévotions que leurs parents et enseignants associent à une autorité rigide. Les vieux et les jeunes catholiques se comprennent souvent mal – ce qui n’est pas un phénomène nouveau entre les générations ! Les jeunes gens peuvent échouer à voir la vraie spiritualité qui guide leurs parents parce que leurs parents ont abandonné les formes de dévotion qu’ils ont d’abord expérimentés comme une partie de la culture répressive. Les personnes âgées échouent à définir quelles règles morales claires et attentes spirituelles sont séduisantes pour ceux qui ont grandi dans un environnement individualiste et consumériste. Manifestement, les catholiques américains sont encore en train de débattre pour définir leur identité – ou leurs identités – pour le futur.
Des catholiques qui font partie d’une superpuissance
Les catholiques américains sont dans la position inconfortable d’habiter une nation qui est souvent considérée comme la seule superpuissance qui reste au monde. Quelle que soient ces perspectives, quelles soient pro-life ou pro justice, les lois américaines et la politique présentent de nombreux dilemmes pour les catholiques. Les Etats-Unis ont une longue tradition politique proclamant l’égalité et les droits, mais ils ont également une histoire paradoxale d’esclavage, au cours de laquelle l’égalité et les droits furent refusés à beaucoup. Nous protestons contre le taux élevé d’avortement, mais nous manquons aussi d’une assurance maladie universelle et d’autres programmes sociaux pour soutenir les familles. La guerre en Irak est un immense paradoxe à la lumière des idéaux américains. De nombreux catholiques ne pensent pas que la guerre commença au nom d’une cause juste, et même un plus grand nombre déplore la façon dont cette guerre a été conduite et le nombre de morts qu’elle a causé. Comme citoyens et comme catholiques, nous luttons pour établir un rapport juste entre notre foi religieuse et nos engagements politiques. Conclusion Un des plus grands défis pour les catholiques aux Etats-Unis est de maintenir la communication entre nous malgré des clivages qui peuvent sembler nous diviser, qu’ils soient générationnels ou politiques. Notre foi commune, l’universalité de notre Eglise, le rôle croissant des laïcs, notre activisme politique, notre reconquête des pratiques spirituelles… tout cela donnent de la force à cette Eglise. Le catholicisme américain est définitivement une tradition de foi solide. Ses membres s’efforcent d’assumer l’histoire de l’Eglise après Vatican II et d’exercer une influence positive sur le comportement d’une nation dont le rôle dans le monde est ambigu.
Lisa Sowle Cahill Boston College
Traduit de l'anglais par Eglantine Gabaix-Hialé, pour "theologia.fr © "theolgia.fr"
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Lisa Sowle Cahill, Professeur à l’Université de Boston. Dr Cahill est l’ancienne présidente de la Société Théologique Catholique des Etats-Unis (1992-93) et de la Société de Morale Chrétienne (1997-98). Elle est membre de l’Académie Américaine des Arts et des Sciences. Dr. Cahill a obtenu son master et son doctorat à l’Université de Chicago Divinity School. Elle est mariée à Laurence R. Cahill, un avocat. Ils sont les parents de cinq enfants.

 

carte religions

13/04/2007 18:30
Les deux poumons de l'islam

L'islam est divisé en deux branches principales, le sunnisme et le chiisme, qui n’ont cessé de se ramifier au long des siècles. Le sunnisme est la branche majoritaire. Le chiisme concerne environ 13% des musulmans



Pourquoi l’islam s’est-il divisé en plusieurs branches ?
Né vers 570 à La Mecque, en Arabie, dans la puissante tribu des Quraychites, Mohammed a, au cours d’une retraite spirituelle effectuée vers 610 dans la grotte de Hira, la vision de l’ange Gabriel qui lui ordonne de « réciter » la parole divine (en arabe qara’a, d’où vient le mot al-qur’ân : le Coran, la récitation).

Peu après, il reçoit la révélation du message divin, qui se poursuivra verset par verset au cours des vingt-trois années de sa mission. Il se consacre dès lors à la prédication, s’adressant aux polythéistes, aux juifs et aux chrétiens, condamnant les idoles et proclamant l’unicité de Dieu.

En 622, devant l’hostilité des Mecquois, il se réfugie à Yathrib, la future Médine. Il pose alors les fondements d’une nouvelle religion monothéiste et en organise les adeptes. Il devient aussi peu à peu chef politique et mène une guerre contre les Mecquois qui reconnaissent son autorité en 630. Il conclut alors des pactes avec les tribus de la péninsule arabique et fonde les structures d’une communauté musulmane.

Mohammed meurt en 632, sans avoir désigné de successeur (khalifa en arabe, d’où le mot « calife »). Aussi la communauté musulmane primitive se déchire-t-elle après sa mort. Ce conflit, qui culmine entre 656 et 661, est connu sous le nom d’al-fitna al-kubra (« grande discorde »). C’est au cours de cette période que se forment les partis à l’origine des groupes sunnites, chiites et kharidjites. Ces groupes développent peu à peu des particularités théologiques et juridiques.
Sur quoi se sont opposés les croyants ?
Après la mort du Prophète, la communauté de Médine élit, parmi ses compagnons, Abu Bakr (632-634), Umar (634-644), puis Uthman dont l’assassinat en 656 provoque la grande discorde. Le nouveau calife, Ali, cousin et gendre du Prophète, est contesté par le clan omeyyade auquel appartenait Uthman, dévoué à la veuve de Mohammed – Aïcha – et soutenu par Muawiya, le puissant gouverneur de la Syrie. Les deux camps s’affrontent à Siffin en 657.

L’arbitrage qui suit est défavorable à Ali. Après son meurtre en 661, Muawiya est reconnu calife par l’immense majorité des musulmans. Avec lui, le califat devient héréditaire. Il fonde la dynastie omeyyade, qui va régner à Damas jusqu’en 750, avant d’être supplantée par les abbassides.

Ceux qui sont restés fidèles à Ali deviennent les chiites (de shi’a Ali, « groupe séparé d’Ali »). Des partisans d’Ali qui l’ont abandonné après sa défaite font sécession et forment les kharidjites (« ceux qui sortent »), connus pour leur égalitarisme, leur rigorisme moral et leur intolérance. Des communautés kharidjites existent aujourd’hui en Algérie, en Tunisie, en Libye et à Oman. La plupart sont de rite ibadite, la tendance la plus tolérante.
D’où vient l’appellation « sunnisme » ?
Le nom « sunnites » est apparu au IXe siècle pour désigner ceux qui adhèrent à la norme fixée par « tradition du Prophète », la sunna, qui est l’une des sources du droit musulman élaborée aux VIIIe-IXe siècles selon quatre écoles juridiques qui portent le nom de leurs fondateurs : le hanafisme, le malikisme, le chafiisme et le hanbalisme.

Le sunnisme se définit comme le courant orthodoxe de l’islam. Il regroupe les musulmans qui reconnaissent la légitimité des quatre premiers califes et adhèrent à l’un des quatre courants juridiques. Les traits principaux du sunnisme sont : la prééminence de la sunna, la recherche constante du consensus, la mise en place d’un islam normatif, limitant les querelles doctrinaires.
De quand date la fondation du chiisme comme confession ?
Les chiites professent que seul Ali est le successeur désigné de Mohammed, et considèrent que seuls les descendants du Prophète peuvent légitimement lui succéder et assumer la fonction de guide politique et spirituel (imam). Le martyre de Husayn, petit-fils du Prophète, survenu en 680 à Karbala sur ordre du second calife omeyyade, est l’acte fondateur du chiisme en tant que confession. Le chiisme n’est plus, dès lors, seulement un parti politique.
Quelles sont les particularités doctrinales des deux branches ?
Sunnites comme chiites confessent que Dieu est un, que Mohammed est son prophète et que les morts ressusciteront à la fin des temps. Sur le plan du dogme, ils ont les mêmes références : le Coran et la sunna. Mais si les sunnites ont adopté le califat, les chiites ont choisi l’imamat. Pour eux, la communauté ne peut se passer d’un guide dont l’exégèse est nécessaire à la compréhension de la révélation.

En l’absence de ce guide lié à la descendance directe du Prophète, les ayatollahs (de ayat Allah, « signe de Dieu »), autorités suprêmes du clergé chiite, ou les oulémas (docteurs en théologie) le représentent et assument une direction spirituelle qui les apparente à un clergé, réalité qui est étrangère au sunnisme. Dans le contexte de la révolution iranienne et de la formation de l’État irakien, des ayatollahs ont aussi endossé un rôle politique. Les chiites accordent également une place particulière au martyre, ce qui s’explique par les morts violentes de leurs imams.

Martine DE SAUTO

13/04/2007 15:24
Les écoles juridiques du sunnisme, les courants du chiisme, les lieux saints



Les écoles juridiques du sunnisme
Le droit islamique repose sur le Coran et la tradition du Prophète, la sunna. Quatre grandes écoles d’interprétation existent. L’école hanafite (Balkans, Turquie, Inde, Pakistan, Asie centrale) insiste sur la libre opinion et incite à tenir compte de l’intérêt général.

L’école malékite (Maghreb, Afrique occidentale) passe pour la plus authentique car fondée à Médine ; elle recherche le consensus. L’école chafiite (Afrique de l’Est, Malaisie, Indonésie) privilégie le consensus des oulémas. L’école hanbalite (wahhabite), fondée à Bagdad, n’admet comme sources du droit que le Coran et la sunna, se montrant hostile à toute innovation.
Les courants du chiisme
Des querelles de succession ont donné naissance à trois grands courants au sein du chiisme.

Les duodécimains ou imamites, qui reconnaissent douze imams à partir d’Ali, forment le groupe majoritaire du chiisme. Ils croient que le douzième imam, Mahdi (le Bien guidé), disparu mystérieusement en 874, n’est pas mort et attendent son retour qui fera triompher la justice. Ils sont majoritaires en Iran, en Irak, à Bahreïn et constituent des minorités en Inde, au Pakistan, en Afghanistan, au Liban, au Koweït et dans l’est de l’Arabie saoudite. Le clergé chiite irakien et iranien est duodécimain, ainsi que le Hezbollah libanais.

Les ismaéliens (d’Ismaïl, septième imam de la postérité d’Ali) ont pour chef spirituel l’Aga Khan. Ils sont plus de 15 millions dans le monde, notamment au Pakistan, en Inde, en Syrie, en Afrique de l’Est.

Les zaydites (ils tiennent leur nom de l’arrière-petit-fils d’Ali) ont établi un imamat au Yémen en 898 et sont proches des sunnites.

D’autres chiites ont reçu le qualificatif de ghulat (extrémistes) parce qu’ils divinisaient Ali. Dans le courant chiite hétérodoxe se trouvent les alevis de Turquie et les alaouites de Syrie, dont fait partie la famille Assad.
Leurs lieux saints
La Mecque et Médine sont les lieux saints de tout l’islam. Le pèlerinage à La Mecque (le hadj) est une obligation canonique pour les musulmans. Les chiites ont, en plus, leurs propres sanctuaires avec d’importants pèlerinages. En Irak : Nadjaf (tombeau d’Ali) où se situe le plus grand cimetière du monde ; Karbala (tombeau d’Husayn) ; Samarra (10e et 11e imams) et Al-Kazimayn (7e et 9e imams). En Iran : Machhad (tombeau du 8e imam). En Syrie : Damas, où la tête de l’imam Husayn aurait été ensevelie.

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