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Mgr Laurent DOGNIN nommé évêque auxiliaire de Bordeaux !
Le pape Benoît XVI vient de nommer le Père Laurent DOGNIN, évêque auxiliaire de Bordeaux.
Le Père Laurent DOGNIN, était jusqu’alors vicaire général du diocèse de Nanterre, il vient de fêter ses 58 ans et a une riche expérience pastorale. Il a été vicaire, curé, responsable d’aumôneries et de services diocésains, vicaire épiscopal.
Après le départ Mgr Jacques BLAQUART comme évêque d’Orléans, les catholiques de Gironde attendaient avec impatience cette nomination. Dans sa Lettre aux catholiques du diocèse de Bordeaux, Mgr Jean-Pierre RICARD accueille avec joie ce collaborateur et sa présence à ses côtés, ajoute-t-il, « devrait permettre au ministère épiscopal d’être vécu dans le diocèse avec une toujours plus grande proximité ». Le Père Laurent DOGNIN ne connaît pas bien encore notre région. Mais il a hâte de la découvrir. Dans le message qu’il adresse aux girondins, il dit sa joie de bientôt les rencontrer.
Nous accueillerons officiellement Mgr Laurent DOGNIN le dimanche 27 février prochain, à 15h, pour son ordination épiscopale dans la cathédrale Saint-André.
Voir le dossier complet sur le site!
étapes de la vie > première communion
Se préparer
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Pour l'adulte comme pour l'enfant, la première communion est un sacrement qui se prépare. Voici quelques conseils pour vous y aider.
La préparation chez l 'enfant
Chez l'enfant, la première communion vient après une préparation au catéchisme. L'enfant apprend les grandes étapes de la vie de Jésus et une première approche de la messe.
La préparation se passe dans votre paroisse ou à l'école, s'il est dans une école catholique.
La première communion est une décision personnelle. Pour aider l'enfant dans son choix les parents et les responsables de la pastorale se rencontrent, discutent et réfléchissent ensemble. Cette étape dure à peu près un mois.
L'enfant et l'adulte doivent s'interroger " comment vais-je vivre ma communion dans ma vie de tous les jours ? ". La première communion inaugure en effet beaucoup d'autres communions.
Lorsque la décision est prise, il faut compter un mois de préparation avec une journée de retraite. Il est bon que les parents s'impliquent pendant cette période. Ils peuvent parler à leurs enfants qui ont besoin de connaître leur position sur la question.
Ce jour est un jour de joie et de prière, ne pas céder à la panique et au stress pour cela organisez-vous.
Invitations
La première communion est une fête de famille, pensez à inviter à l'avance toutes les personnes qui font partie de l'entourage direct de l'enfant ( grands-parents, tantes, oncles, cousins, parrain, marraine et pourquoi pas la nounou qui s'est occupé de lui) Les parrains et les marraines n'ont pas un rôle actif comme pour la confirmation, mais leur présence est souhaitable car vous les avez choisis pour accompagner vos enfants tout au long de leur vie chrétienne.
Les images
Celles -ci sont vendues dans des magasins spécialisés. Vous pouvez faire imprimer la date de la cérémonie et le nom de l'enfant. Ce dernier peut l'inscrire lui-même en rajoutant un petit mot pour chacun. Vous pouvez également confectionner des souvenirs plus personnels : un dessin, un texte illustré, des photos choisis par l'enfant.
Les vêtements
Une tenue décente et simple est demandée avec un rappel de blanc symbole de la pureté du baptême. Pas de baskets ni de jeans, le garçon peut porter une chemise et un pantalon clairs, la fille une robe pastel avec un gilet blanc.
Les cadeaux
L'enfant ne doit pas faire sa communion pour les cadeaux. Pas de consoles à la mode ni le dernier jeu vidéo, le cadeau doit être symbolique. Le cadeau sera un souvenir de ce jour important, cela peut être une montre, un stylo, une croix, une médaille, un bracelet ou encore un beau livre, une Bible, une icône.
Un repas
La communion est l'invitation à un repas, prévoyez à la sortie de la messe un repas, un goûter selon vos possibilités, un moment ou les convives se retrouvent autour d'un verre.
La préparation à la communion chez un adulte
Le catéchuménat est un temps particulier dans la vie d'un adulte pour se préparer à vivre sa foi et recevoir les sacrements. Cette démarche se fait librement, elle est choisie par des personnes responsables qui veulent marcher sur les pas du Christ.
Cette initiation dure un certain temps et s'articule autour de trois étapes : l'entrée en Eglise, l'appel décisif, le catéchumène donne son nom pour être baptisé la nuit de Pâques et les sacrements de l'initiation, (le catéchumène reçoit le baptême, puis la confirmation et enfin l'eucharisti)
Cette préparation dépend de l'itinéraire spirituel de la personne, c'est une période d'épreuve et de réflexion sur la profondeur de son engagement.
L'accompagnement se présente sous deux formes : un accompagnement personnalisé par quelqu'un qui devient le parrain, un accompagnement en équipe par le groupe catéchuménal.

Alors que Benoît XVI doit arriver le 12 septembre en France pour un voyage à Paris et à Lourdes, retour sur le rôle de l’évêque de Rome dans l’Église catholique et dans le monde.
Le terme vient du grec ‘pappos’ qui, dès Homère, est utilisé pour marquer une vénération, respectueuse. En Orient, il désigne ensuite les évêques et les prêtres. Il apparaît en Occident au début du IIIe siècle, réservé aux évêques.
Ce n’est qu’ensuite, vers le VIIIe siècle, que les évêques de Rome l’emploient pour eux-mêmes de plus en plus souvent. Au XIe siècle, alors qu’il faut asseoir le pouvoir de Rome face aux autres villes et imposer progressivement l’autorité apostolique, Grégoire VII, dans un « dictatus papae », établit que le titre sera désormais réservé au successeur de Pierre, « parce qu’il est unique au monde ».
Le mot n’a donc rien à voir, étymologiquement, avec le familier « papa » des enfants pour leur père. La confusion vient du fait qu’en Italie, dans les familles, l’usage français s’est répandu de dire « papà », avec un accent sur la dernière syllabe, alors que le mot italien équivalent à l’origine était « babbo ».
Le « Viva il papa !» que l’on entend place Saint-Pierre pour le pape n’a dont rien à voir, comme le croient parfois les touristes francophones à Rome, avec un familier « viva il papà »… Explications sur les prérogatives du chef de l’Église catholique.![]()
Comment le pape est-il élu ?
Et d’abord, qui peut-être élu ? En théorie, tout baptisé qui remplit les conditions pour devenir évêque, puisque le pape est l’évêque de Rome. En réalité, depuis le XVe siècle, le pape a toujours été choisi parmi les cardinaux. Les électeurs sont en effet les cardinaux, qui eux-mêmes ont été nommés par les précédents souverains pontifes.
L’élection du pape est réglée de manière extrêmement méticuleuse par des textes que pratiquement chaque pape a retouchés. Mais l’objectif est resté le même : créer les conditions pour que le nouvel élu puisse avoir les moyens d’assurer sa mission en toute indépendance.
Loin des pressions étrangères, des ingérences médiatiques, les cardinaux se réunissent donc en conclave, au secret, dans la chapelle Sixtine.
Seuls ceux qui ont moins de 80 ans participent au conclave : une règle introduite par Paul VI en 1970, pour éviter que l’allongement de la durée de la vie n’accroisse par trop le poids des cardinaux les plus âgés. Est élu celui qui obtient plus de deux tiers de voix, au cours des scrutins.
Cette règle des deux tiers avait été modifiée par Jean-Paul II, pour lui substituer celle de la majorité au bout d’un certain nombre de jours sans résultat ; l’un des premiers actes de Benoît XVI fut cependant de revenir à l’ancienne pratique, de peur que le pape puisse être l’otage d’une partie du Sacré Collège au lieu de représenter l’Église tout entière.
Il n’y a pas de campagne électorale. Cependant, avant le conclave, les cardinaux – y compris ceux de plus de 80 ans – se réunissent en congrégations générales pour évoquer les grands problèmes et défis de l’Église. Un temps important où s’esquissent les grandes tendances qui ensuite «feront» l’élection.![]()
Quel est son rôle pastoral ?
« Béni soit Dieu qui t’a choisi comme pasteur de toute l’Église », dit le cardinal protodiacre en remettant au nouvel élu, au début de son ministère, le pallium. Le pape n’est pas un « super-évêque ».
Son rôle pastoral est universel, mais il lui est dévolu selon les termes même employés par Jésus pour Pierre : « Confirme tes frères dans la foi. »
« Mes jeunes frères et sœurs, je suis venu pour vous confirmer dans la foi et pour ouvrir vos cœurs au pouvoir de l’Esprit du Christ et à la richesse de ses dons », a dit ainsi Benoît XVI aux jeunes Australiens cet été, lors des JMJ.
C’est ce que l’on appelle le magistère du pape, qu’il n’exerce pas seul, mais avec l’ensemble des évêques, successeurs des Apôtres, dont il préside le collège. Ce magistère vise à transmettre le message du Christ dans son intégrité et à assurer l’unité de la foi. Intégrité, pour éviter déviances, mauvaises interprétations, sectarisme ou autre ; unité, pour préserver l’Église du schisme.
C’est une forme d’enseignement, que le pape exerce au quotidien, par des discours, des lettres, des homélies, des audiences. Ou de manière plus solennelle, par des textes qui ont une portée générale, encycliques ou exhortations apostoliques.
Ce magistère s’exerce en communion avec les évêques, que le pape peut consulter sur tel ou tel point : c’est le cas des exhortations apostoliques reprenant les conclusions d’une assemblée du Synode des évêques.
En revanche, on peut noter que les deux encycliques publiées à ce jour par Benoît XVI sont très personnelles, et entièrement écrites par le pape, même si la seconde partie de ‘Deus caritas est’ s’inspire clairement d’une réflexion sur l’action caritative de l’Église élaborée par le Conseil pontifical Cor Unum.![]()
Quel est le pouvoir du pape sur les fidèles ?
Le pouvoir du pape s’étend à l’ensemble de l’Église catholique, ne dépend d’aucun autre, et n’a pas besoin de délégation spéciale pour s’exercer. Mais il n’exerce pas pour autant un pouvoir absolu. Dans chaque diocèse, l’évêque a compétence totale sur la portion du peuple de Dieu qui lui est confiée, selon le principe de la subsidiarité.
Aussi le pape doit-il décider en collégialité avec les autres évêques. Par ailleurs, l’Église n’est pas une secte. L’obéissance, au sens strict, est requise lorsqu’un acte juridique le demande explicitement : par exemple une interdiction de publication pour un théologien, qui, après avoir éventuellement fait recours, doit se soumettre.
Mais pour tout ce qui est de la doctrine, il faut plutôt parler d’adhésion au magistère, laquelle implique réflexion et liberté en conscience. Comme le dit le droit canonique, l’adhésion au pape n’est pas du même ordre que la soumission à l’acte de foi, auquel sont en revanche tenus tous les catholiques.
« Il s’agit d’une certitude authentique, mais seulement morale et relative » (canon 752). Sauf si l’infaillibilité du pape est engagée, ce qui implique alors une obéissance absolue – mais cela ne se fait que de manière extrêmement précise et limitée : en réalité, les cas d’infaillibilité sont très rares, le dernier remontant à 1950 pour la proclamation du dogme de l’Assomption.![]()
Le pape pèse-t-il sur la diplomatie internationale ?
Difficile de mesurer avec exactitude le poids diplomatique du Saint-Siège. Le pape n’exerce, pour reprendre la formule de Paul VI, qu’une « minuscule et quasi-symbolique souveraineté temporelle ». Héritage de l’époque où il disposait d’un véritable pouvoir temporel en Europe, le pape dispose d’un appareil diplomatique, avec des ambassadeurs (les nonces), et entretient aujourd’hui des relations diplomatiques avec 176 États.
Jean-Paul II s’est beaucoup investi sur la scène internationale, et son action a pu avoir une influence décisive, par exemple dans la chute du mur de Berlin ou la condamnation de l’intervention américaine en Irak ; Benoît XVI est moins présent sur ce plan.
Plus généralement, cette diplomatie peut jouer un rôle dans les pays où la communauté catholique est nombreuse et influente : en RD-Congo, elle a pesé dans le processus de paix, ou encore au Liban, ou en Amérique du sud. C’est surtout sur le plan des grands principes internationaux que la voix du pape est écoutée.
Depuis la seconde moitié du XXe siècle, il a acquis la reconnaissance d’une forme d’autorité morale et spirituelle, qui lui permet de rappeler quelques grands principes de l’humanité : dignité de l’homme, liberté de pensée et de religion, protection de la vie, solidarité pour les pays les plus pauvres…
Certes, l’efficacité de ces interventions est, par nature, limitée. Il ne faudrait pas pour autant négliger ce rôle : en mai dernier, lorsque Benoît XVI est monté à la tribune des Nations unies à New York, tous les pays étaient représentés, et il a été écouté très attentivement, certains ambassadeurs se réjouissant ouvertement de voir ainsi théorisée l’universalité des droits de l’homme.![]()
Quel est son rôle avec les autres religions ?
Avec les autres Églises, le pape joue aujourd’hui un rôle de premier plan. Non que l’initiative soit venue de lui : au contraire, l’œcuménisme tel qu’on l’entend aujourd’hui, c’est-à-dire le dialogue théologique avec les autres confessions chrétiennes en vue de rétablir leur unité, est né au XIXe siècle en dehors de Rome, voire à son insu.
Mais à partir de Vatican II, Jean XXIII bouleverse le rôle du pape : en conviant des observateurs chrétiens non-catholiques, il lance l’« œcuménisme pontifical ». Dès lors, le rôle du pape sera décisif, dans les avancées comme dans les hésitations de l’œcuménisme.
Au plan théologique, l’évêque de Rome peut donner des impulsions, d’autant que sa fonction même constitue un point de fracture avec les autres chrétiens : dans l’encyclique ‘Ut unum sint’ (1995), Jean-Paul II a invité les autres Églises à discuter des modalités d’exercice de son ministère de Pierre.
Benoît XVI a relancé le dialogue avec les orthodoxes sur ce point, même si lui-même n’y participe pas, car il a lieu entre théologiens. Le pape peut aussi vouloir « recadrer » ce dialogue théologique, comme l’a fait Benoît XVI en approuvant une note de la Congrégation pour la doctrine de la foi réaffirmant que l’Église du Christ « subsiste » dans la seule Église catholique.
Le rôle pastoral du pape au service de l’unité chrétienne est peut-être encore plus important lorsqu’il rencontre des responsables d’autres Églises, montrant ainsi un rapprochement véritable au-delà des divergences théologiques. Ce qu’il a fait récemment et longuement, le 5 mai, avec le primat anglican Rowan Williams.
Il en est de même dans les relations avec les autres religions, en particulier l’islam. Depuis Jean-Paul II, le pape est un moteur de ce dialogue et considéré comme tel par les interlocuteurs musulmans.
Benoît XVI l’a appris à ses dépens à Ratisbonne en septembre 2006 : qu’il le veuille ou non, ce que dit le pape dans ce domaine rencontre un écho considérable et a de grandes répercussions, il doit peser soigneusement ses mots et ses gestes.
C’est donc logiquement vers lui que, après Ratisbonne, les responsables musulmans sont allés pour relancer le dialogue, qui a abouti à la programmation d’une grande rencontre islamo-catholique du 4 au 6 novembre prochain à Rome.![]()
Comment gouverne-t-il la Curie ?
« Sur la pointe des pieds », répondait, avec son grand sourire, Jean-Paul Ier. La Curie romaine est une organisation administrative complexe, produit d’un empilement historique de siècles de traditions et qu’il n’est pas facile de gérer aujourd’hui. Elle est composée de dicastères (Congrégations, Conseils pontificaux, Tribunaux...), dont il nomme les préfets ou présidents.
Comme des ministères, chacun a des attributions spécifiques, pour lesquelles il dispose d’un pouvoir administratif : la liturgie pour la Congrégation pour le culte divin, décrets de béatification ou canonisation pour celle des causes des saints, etc.
Ce peut être un rôle de conseil, comme la nomination des évêques, faite par le pape mais préparé par la Congrégation pour les évêques. Un même document peut être relu par plusieurs dicastères, particulièrement par la Congrégation pour la doctrine de la foi, ce qui explique la lenteur de certaines publications.
Pour le gouvernement de l’Église proprement dit, le pape s’appuie sur la Secrétairerie d’État, dont le rôle s’est considérablement accru au XXe siècle.
Elle est composée de deux sections : les affaires générales, qui comprend huit divisions linguistiques, par où passe tout le courrier et où se font des traductions et des notes de synthèse ; et les relations avec les États, en charge de la diplomatie du Saint-Siège.
Cette véritable plaque tournante de la Curie est dirigée par un cardinal secrétaire d’État, aujourd’hui le salésien italien Tarcisio Bertone, sorte de « premier ministre » du pape.
En réalité, loin de former un bloc monolithique, la Curie présente une réalité complexe. Universalité de l’Église oblige, elle est composée de diverses nationalités, même si l’Italie domine, et de tendance et courants souvent différents, voire opposés, avec lesquels le pape doit compter.
De plus, un nouveau pape ne vient pas avec sa propre équipe, comme dans les démocraties actuelles. Il est rare qu’il se sépare de collaborateurs n’ayant pas atteint l’âge de la retraite (75 ans) : Benoît XVI l’a fait pour Mgr Fitzgerald, en charge du dialogue interreligieux sous Jean-Paul II, et le cardinal Sepe, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, nommé à Naples. Des exceptions, marquant un profond désaccord – mais la pratique est plutôt la continuité.
Isabelle de GAULMYN, à Rome
Anthony, 22 juillet 2008
CATECHESE MYSTAGOGIQUE SUR L’EUCHARISTIE
JMJ LOURDES – Samedi 19 juillet 2008
Chers amis,
Durant cette procession eucharistique nous avons contemplé le Christ dans son corps eucharistique, nous l’avons prié, chanté. Nous avons médité sur sa présence. Je vous propose maintenant de poursuivre et d’approfondir cette méditation en attirant votre attention sur trois points :
1) Ce pain, ce n’est pas quelque chose, c’est quelqu’un. C’est le signe de la présence parmi nous du Christ ressuscité.
A vue humaine, ce que nous avons contemplé n’est pas grand-chose : un peu de farine et de l’eau. Cela évoque le pain. Mais ce pain ne prend tout son sens que rattaché au dernier repas de Jésus avec les siens. Au cours de ce repas qu’il partageait avec ses apôtres, Jésus prit du pain, le rompit et le leur donna en disant : « Prenez et mangez en tous. Ceci est mon Corps livré pour vous. » Il fit circuler une coupe de vin et dit : « Prenez et buvez en tous : car ceci est la coupe de mon sang, versé pour vous et pour la multitude. Vous ferez cela, en mémoire de moi. » Ce pain et ce vin évoquent donc ce que Jésus va vivre dans son mystère pascal : sa vie donnée, sa vie livrée, sa crucifixion, son passage par la mort et son entrée dans le monde de la résurrection.
Jésus demande aux siens de faire « mémoire » de lui. Il ne s’agit pas simplement de se souvenir de lui mais d’actualiser pour nous aujourd’hui, grâce à la puissance du Saint Esprit, le don total que le Christ fait de lui-même au Père pour le salut de tous les hommes.
C’est ce rassemblement eucharistique qui a été pour les premiers chrétiens – je voudrais maintenant le souligner - l’expression de leur foi dans le Christ Ressuscité.
On connaissait à l’époque de Jésus des groupes qui se réunissaient auprès d’un maître, d’un rabbi, d’un maître de sagesse. Ces disciples écoutaient le maître, priaient avec lui, prenaient leur repas ensemble. Mais quand le maître mourait, le groupe se dissolvait. Or, les disciples de Jésus, qui est mort et enseveli, continuent à se rassembler. Voilà qui pose question. Ils prennent leur repas ensemble. Et que disent-ils ? Que leur maître est vivant, ressuscité, qu’il préside la table et qu’il se donne lui-même en nourriture. C’est leur conviction intime qu’on ne peut déserter la table du Seigneur. Car, c’est là qu’aujourd’hui, le Christ ressuscité vient à notre rencontre, nous donne le signe de sa présence, nous offre le pain de la route. Pour les chrétiens des premiers siècles, se rassembler le dimanche, prendre le repas du Seigneur et témoigner du Christ ressuscité ont vraiment partie liée. Ils auraient certainement été très étonnés de l’approche très subjective de l’eucharistie par nos contemporains (j’y vais, si je veux, si j’en ai envie, si j’en ressens le besoin). Pour eux, l’Eucharistie est vitale. Lors de la persécution de Dioclétien, en 304, les chrétiens d’Abitène (dans la Tunisie actuelle) diront à leurs persécuteurs : nous ne pouvons pas vivre sans assemblée ; nous ne pouvons pas vivre sans le dimanche ! Ils avaient fortement conscience que dans le rassemblement eucharistique, le Christ se donnait un nouveau corps dans le monde, le corps de ses disciples, l’Eglise. C’est à elle, c’est à eux, c’est à nous qu’il confiait son Evangile de salut. Au 3° siècle dans la Didascalie des apôtres, il est dit : « Ne déserte pas l’assemblée, car au corps du Christ, il ne doit manquer aucun de ses membres ! » Soyons des passionnés de l’Eucharistie, du Rassemblement eucharistique, de cette rencontre transformante avec le Christ Ressuscité.
2) Ce corps du Christ, c’est le corps donné, livré. C’est l’expression-même de l’amour du Seigneur
Ce pain que nous contemplons dans l’adoration eucharistique, n’est pas seulement un aliment, même un aliment sacré, comme on peut en connaître dans l’histoire des religions. Bien sûr, il est ce pain qui nourrit le cœur de l’homme, mais il est surtout ce corps livré, donné, du Seigneur. Comme le Christ le dit dans l’évangile de Jean : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas en vous la vie. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est vraie nourriture et mon sang vraie boisson. » (Jn 6, 53-55) Ce corps donné, livré, partagé, est l’expression de l’amour du Christ pour nous, de l’amour qui va jusqu’au bout du don de soi : « Nul n’a d’amour plus grand que celui qui se dessaisit de sa vie pour ceux qu’il aime. » (Jn 10, 13)
Dans l’adoration eucharistique, comme un arrêt sur image dans un film, nous nous mettons devant cette présence du Seigneur, devant la présence de celui qui est notre compagnon de route, de celui qui a dit : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. » (Mt 28, 20). Nous nous mettons sous son regard d’amour, de cet amour qui nous dit : « je t’aime, laisse-toi aimer. » Chacun d’entre nous est original, unique aux yeux de Dieu, appelé à devenir le fils ou la fille bien-aimé (e) du Père. Laisse-toi aimer, laisse cet amour te guérir, te transformer. Va vers le Christ et confie-toi à Lui : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger. » (Mt 11, 28-30) Exposons-nous au Christ eucharistique pour qu’il fasse luire sur nous sa face et nous serons sauvés. Ecoutons sa Parole. Elle est lumière, elle est vie. Elle nous conduit à la vraie vie.
Mais nous ne pouvons pas, en contemplant le Christ eucharistique, restreindre les horizons et nous enfermer dans le seul face à face : moi avec le Seigneur et le Seigneur avec moi. Ce corps du Christ est ce corps livré pour la multitude. Il porte les marques de sa passion. Il est ce cœur transpercé du Christ qui est venu porter aux hommes le salut, la paix et la réconciliation. On ne peut le regarder sans entrer nous aussi dans ce regard du Christ sur tous les hommes, sans entrer dans la prière du Christ, une prière qui nous décentre de nous-mêmes et nous appelle à être le prochain de tout être humain. Il y a suffisamment de souffrances, de drames, d’épreuves dans le monde pour que nous n’oublions pas de les porter dans notre prière. L’adoration eucharistique est le creuset de l’élargissement de notre prière, de son universalité, de sa catholicité. Elle est aussi celui de notre engagement : nous ne pouvons pas contempler ce pain eucharistique sans nous questionner : qu’est-ce que je fais moi, pour que chaque homme, chaque femme, chaque enfant ait quelque chose à manger ? Pour qu’ils puissent aussi avoir part à ce pain eucharistique ?
3) Face à ce corps, un appel du Seigneur : veux-tu devenir un membre de ce corps ?
En effet, l’appel du Seigneur va plus loin. Car, on ne peut contempler ce corps du Christ qui se livre, se donne, sans entendre le Seigneur nous dire : veux-tu venir à ma suite ? Veux-tu, toi aussi, donner ta vie, lutter pour livrer ta vie pour les autres : «Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même et porte sa croix, et qu’il me suive. En effet, qui veut sauver sa vie la perdra ; mais qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Evangile, la sauvera. Et quel avantage l’homme a-t-il à gagner le monde entier, s’il le paie de sa vie ? » (Mc 8, 34-36) Saint Paul nous dit : il y a deux façons de vivre ta vie. Tu peux la vivre selon l’Esprit, selon Dieu, ou selon la chair, selon tes tendances égoïstes : «On les connaît, les œuvres de la chair : libertinage, impureté, débauche, idolâtrie, magie, haines, discordes, jalousie, emportements, rivalités, dissensions, factions, envie, beuverie, ripailles et autres choses semblables ; leurs auteurs, je vous en préviens, comme je vous l’ai dit, n’hériteront pas du Royaume de Dieu.
Mais voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi ; contre de telles choses, il n’y a pas de loi. Ceux qui sont au Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi sous l’impulsion de l’Esprit. » (Gal.5, 19-25) Saint Paul est réaliste. Il sait bien que vivre ainsi ce décentrement dans la vie de tous les jours, cette fraternité, cette écoute, cette solidarité, cette réconciliation et ce pardon n’est pas facile dans la vie de tous les jours. Il y a avec l’Esprit saint un vrai combat spirituel à mener, un combat sans cesse à livrer, un combat sans cesse à reprendre alors qu’on aurait envie parfois de tout laisser tomber, de choisir d’autres chemins ou de suivre des idoles, comme le disait Benoît XVI aux jeunes à Sydney.
C’est vrai. Avec nos seules forces, nous n’irions pas bien loin. Heureusement le Seigneur est là. Dans notre baptême, il nous a offert son alliance, sa grâce, la force de son amour. Et dans chaque eucharistie, il nous renouvelle ce don. A nous de l’accueillir, de le laisser entrer en nous. La seule chose qui nous est demandée, c’est d’ouvrir la porte de notre vie au Seigneur. Dans l’Apocalypse de Saint Jean, le Christ ressuscité dit à son Eglise, dit à chacun d’entre nous : « Voici que je suis à la porte et je frappe. Chez celui qui entend ma voix et qui m’ouvre, j’entrerai et nous mangerons en tête à tête, lui avec moi et moi avec lui. » (Ap. 3, 20) Oui, Dieu, Père, Fils et Saint Esprit veut venir chez nous, faire sa demeure en chacun d’entre nous : « Si quelqu’un m’aime, il observera ma parole, et mon Père l’aimera ; nous viendrons chez lui et nous établirons chez lui notre demeure.» (Jn 14, 23) Lors de la communion eucharistique, le Christ vient demeurer en nous, pas simplement face à nous mais vraiment en nous. Il nous apporte sa puissance d’amour. Mais en même temps, il nous associe intimement à lui. Il fait de nous un membre de son corps. Il fait de nous ses disciples et ses témoins. Oui, l’adoration eucharistique fait grandir en nous la vraie faim eucharistique, cette faim que seul le repas eucharistique peut vraiment combler.
Frères et sœurs, dans un monde qui hésite aujourd’hui à se donner des repères, soyez des passionnés de l’Eucharistie, des témoins émerveillés du don du Seigneur et des serviteurs de son invitation à la table eucharistique. Le Seigneur compte sur nous. L’Eglise compte particulièrement sur vous. Amen.
Jean-Pierre cardinal RICARD
Archevêque de Bordeaux
Evêque de Bazas
Homélie de la fête de Saint André, 24 novembre 2007
L'album-photo de la Saint André Homélie de la fête de Saint André Samedi 24 novembre 2007
Frères et sœurs en Christ, L'Année de la catéchèse dans laquelle nous sommes entrés n'est pas là par hasard. Elle vient en suite cohérente des quatre années que vient de vivre notre diocèse et qui reprenaient la structure même du Sacrement de l'Eucharistie : • L'Eucharistie, c'est d'abord une assemblée convoquée par le Christ, et il y a eu l'année de l'Appel ! • L'Eucharistie nous invite à la double table de la Parole et du Pain de Vie, et il y a eu l'Année de la Parole puis l'Année de l'Eucharistie ! Enfin l'Eglise, nourrie par son Seigneur, est envoyée • En mission au service du Frère – c'était le thème de l'Année 2006-2007 • et en mission pour transmettre ce qui la fait vivre, ce qui nous conduit à entrer dans une nouvelle thématique avec l'Année de la Catéchèse. Cette année de la Catéchèse s'inscrit aussi dans la vie de l'Eglise universelle, avec les appels des Papes successifs, Jean-Paul II et Benoît XVI, à une nouvelle "évangélisation" qui est à comprendre non en termes politiques de reconquête, mais bien d'annonce, de proposition de la foi à nos contemporains (cf. la Lettre aux Catholiques de France de 1996). Oui, nous croyons à la pertinence de l'Evangile comme réponse aux attentes profondes de l'homme d'aujourd'hui. Il y a un mois, à Lourdes, le Congrès "Ecclesia 2007", nous rappelait que c'est toute l'Eglise de France qui est aujourd'hui en démarche de réflexion et d'action autour de la catéchèse, à la suite du "Texte national pour l'orientation de la catéchèse" voté par les évêques de France et approuvé par la Congrégation du clergé à Rome. Avec les textes proposés pour cette liturgie de la Saint-André, nous sommes invités à une réflexion à la fois commune et individuelle :
1. La catéchèse, comme enseignement de la Révélation de Jésus-Christ est l'affaire de tous les chrétiens, pas de quelques spécialistes.
Par notre baptême, notre confirmation, nous sommes devenus un peuple de prophètes, appelés à transmettre notre joie de croire au Christ. • André va trouver son frère Simon et lui dit : "nous avons trouvé le Christ !" • Philippe va trouver Nathanaël et lui dit : "celui dont parle la Bible, nous l'avons trouvé, c'est Jésus de Nazareth". Le thème de l'Année du Service du frère nous a bien fait comprendre que la question "qu'as-tu fait de ton frère" s'adresse à chacun de nous, à chaque baptisé. Au début de cette Année de la catéchèse, cette question doit demeurer en nous : "Qu'as-tu fait de ton frère en attente d'espérance, en attente de Dieu ?" Allons nous laisser quelques catéchistes, qui se sentent parfois bien isolé(e)s faire seul(e)s le travail ou relever tous ensemble le défi de l'annonce de la foi ? Car nous l'avons compris, dans notre société sécularisée, la transmission de la foi aux enfants seuls ne suffit plus. • L'augmentation du nombre d'adultes catéchumènes ou recommençants nous oblige à innover, à renouveler notre manière de faire. • L'inculture, le manque total des bases élémentaires de la foi chrétienne chez beaucoup d'enfants, de jeunes, de parents, nous obligent à penser la catéchèse autrement. • La catéchèse doit toucher aujourd'hui toutes les générations, et pour ce faire, elle dépend de la responsabilité de tous les chrétiens. Lors de la première grande catéchèse publique avec Christoph Theobald, celui-ci nous a rappelé que c'est toute l'Eglise qui est sacrement du Christ, et que tous les baptisés ont reçu mission d'annoncer, de proposer la foi à leur contemporains.
2. Lors de la Journée diocésaine de la catéchèse du vingt-sept janvier dernier, notre archevêque, Jean-Pierre Ricard, rappelait quelques conditions nécessaires pour une bonne catéchèse, notamment: • l'attention à la personne, en repérant là ou elle en est de sa marche dans la foi, • la mise en contact avec l'Ecriture (ce qu'a rappelé avec force le congrès de Lourdes), • l'initiation à la prière, la vie sacramentelle, • la vie fraternelle avec d'autres chrétiens, • l'apprentissage de la vie chrétienne dans le quotidien.
C'est pour réfléchir à ces conditions que l'Année de la catéchèse propose aux dix ensembles pastoraux du diocèse d'organiser des rencontres d'échange et de réflexion et des rassemblements festifs. Nous avons besoin de réfléchir ensemble si nos communautés chrétiennes sont dans de bonnes conditions pour transmettre le Christ.
3. L'Année de la catéchèse nous appelle tous à une conversion, à la fois communautaire et personnelle, et les textes proclamés aujourd'hui nous invitent à cette démarche en profondeur :
Le chemin d'Elie, homme de Dieu, mais qui est pris par la peur, est notre chemin. "Je ne vaux rien, je ne suis pas capable !" disent comme Elie, des personnes appelées à être catéchistes. "Lève-toi et mange" dit Dieu, c'est-à-dire nourris-toi du Christ, Pain Vivant dans sa Parole et dans son Eucharistie. Comme Elie, prenons aussi les moyens d'aller dans la solitude avec Dieu, condition indispensable pour le rencontrer en Vérité et entendre l'appel à repartir en mission. Il n'y a pas de vie chrétienne sans prière, sans temps de désert avec Dieu, sans "Lectio Divina", c'est-à-dire méditation profonde de la Parole de Dieu. Avec Paul, puissions-nous redire : "L'amour du Christ nous saisit, nous presse, nous étreint". Paul nous rappelle que Jésus a fait de nous "des êtres nouveaux" et que notre vie doit être "centrée sur lui " si nous voulons le représenter dignement auprès de ceux vers lesquels il nous envoie. Etre chrétien, c'est être au Christ à cent pour cent ! Où en sommes nous de notre relation personnelle et profonde à Jésus-Christ ? Dans l'Evangile, tout le monde participe à la catéchèse, à la révélation. Jean-Baptiste ne garde pas ses disciples pour lui. Il leur montre Jésus ! "Voici l'Agneau de Dieu !" André, Philippe, heureux de connaître Jésus, vont le dire à Pierre, à Nathanaël. Ils ne cherchent pas à les convaincre de force, ils disent tout simplement : "Nous avons trouvé celui que nous cherchions : c'est Jésus de Nazareth." Le but de la catéchèse, c'est Jésus ! Nous sommes invités cette année à nous recentrer totalement sur lui, en restant auprès de lui comme les premiers disciples, avec le souci constant de lui amener ceux qui ne le connaissent pas encore.
Reprenant Jean-Paul II, le Texte d'orientation des évêques nous rappelle que "le but définitif de la catéchèse, c'est de mettre quelqu'un en communion, en intimité avec Jésus" : comme nous le révèle l'Evangile, "c'est Jésus-Christ qui initie", c'est Jésus qui catéchise, et notre mission, c'est de mener à lui.
+ Jacques Blaquart Evêque auxiliaire
Rome: Consistoire du 24 novembre
La fonction cardinale – Histoire et coutumes
Rome, 20 novembre 2007 (Apic) Ces électeurs exclusifs du pape sont répartis en 3 ordres, et la couleur pourpre atteste de leur fidélité absolue au saint Père. Ils recoivent symboliquement une Eglise de Rome ou de ses alentours.
A l’origine, la couleur pourpre de la soutane et de la barrette (chapeau à quatre côtés) que portent les cardinaux symbolisait le martyre jusqu’auquel les cardinaux doivent être prêts. “Pour la promotion au cardinalat, le pontife romain choisit librement des hommes qui sont constitués au moins dans l’ordre du presbytérat, remarquables par leur doctrine, leurs moeurs, leur piété et leur prudence dans la conduite des affaires ; ceux qui ne sont pas encore évêques doivent recevoir la consécration épiscopale“, indique le Code de droit canon de 1983, au paragraphe 351.
Jusqu’au 11e siècle, ce sont les membres du clergé de Rome et les fidèles du diocèse qui intervenaient dans la nomination du pape. Le mot latin ‘cardo, cardinis’ - qui signifie ‘pivot’ ou ‘gond’ - était donné aux membres du clergé romain qui, occupant un poste fixe, servaient en quelque sorte de pivot à la vie de leur diocèse.
Ils prennent possession de "leur" église au cours d'une cérémonie
Depuis 1059, les cardinaux sont les électeurs exclusifs du pape. Le collège des cardinaux est réparti en trois ordres : l’ordre épiscopal à qui appartiennent les cardinaux auxquels le pontife romain attribue le titre d’une église suburbicaire, ainsi que les patriarches orientaux qui ont été reçus au sein du collège des cardinaux ; l’ordre presbytéral et l’ordre diaconal. A chaque cardinal de l’ordre presbytéral et diaconal, le souverain pontife attribue un titre ou une diaconie à Rome. Ils reçoivent ainsi symboliquement une église de la capitale italienne ou de ses alentours. Ils en prennent officiellement “possession“ au cours d’une cérémonie. S’ils ont pour ces églises et leur territoire un rôle de mécène et de conseiller, ils ne possèdent aucun pouvoir administratif sur la gestion de leurs biens, la discipline des prêtres ou le service des églises.
Le nombre des cardinaux, qui d’ordinaire ne dépassait pas 30 du 13e au 15e siècle, a été fixé à 70 par Sixte V. Mais au consistoire du 15 décembre 1958, Jean XXIII dérogea à cette règle. Lors du consistoire du 5 novembre 1973, Paul VI, son successeur, fixa à 120 le nombre maximum de cardinaux ayant cette faculté, disposition confirmée par Jean-Paul II dans la Constitution apostolique Universi Dominici gregis du 22 février 1996.
Paul VI fixa par le Motu Proprio Ingravescentem aetatem du 21 novembre 1970 à 80 ans l’âge auquel les cardinaux cessent d’être membres des dicastères de la curie romaine et de tous les organismes permanents du Saint-Siège et de l’Etat de la Cité du Vatican et perdent le droit d’’élire le souverain pontife.
Les cardinaux appartiennent aux différentes congrégations romaines. Ils sont protocolairement considérés comme des princes héréditaires et portent le titre d’Eminence, puisque durant la vacance du Siège apostolique ils assurent collégialement le gouvernement de l’Eglise. Les cardinaux sont obligés de coopérer étroitement avec le pontife romain ; aussi, les cardinaux qui exercent une charge à la curie et qui ne sont pas évêques diocésains sont-ils tenus de résider à Rome ; les cardinaux qui ont la charge d’un diocèse comme évêques diocésains doivent se rendrent à Rome chaque fois qu’ils sont convoqués par le pape. Quand les cardinaux se trouvent hors de Rome et hors de leur propre diocèse, ils ne sont pas soumis au gouvernement de l’évêque du diocèse où ils résident. (apic/imedia/vb)
Pourquoi quatre Evangiles ?
Dès les premières années après la résurrection de Jésus, des communautés chrétiennes se fondent sur tout le pourtour de la Méditerranée. Des communautés bien différentes les unes des autres par leurs origines et leurs caractéristiques. Aussi leurs besoins et leurs questions sont bien différents. L’Evangile qui naît au sein d’une communauté est d’abord rédigé pour celle-ci.
Symbolisé par une tête d’ange.
Matthieu était douanier et apôtre. Il écrit son Evangile en grec pour la communauté d’Antioche (Syrie) composée de chrétiens d’origine juive. C’est pourquoi il fait beaucoup d’allusions à l’Ancien Testament et parle souvent des polémiques entre Jésus et les pharisiens. Il parle de l’organisation de la communauté et regroupe les enseignements de Jésus en cinq discours.
Symbolisé par un lion.
Marc est le neveu de Barnabé, ami de Paul. Il écrit en grec mais à Rome sous l’enseignement de Pierre. Cet évangile est écrit pour des chrétiens d’origine romaine et païenne. Pour Marc, Jésus est un être très concret : ce qui compte c’est ce que Jésus fait.
Symbolisé par un taureau.
Luc est médecin. Il n’a pas connu Jésus, mais il est compagnon de Paul. Il écrit pour des chrétiens du monde grec et païen. Il utilise des termes adaptés à leur culture. C’est un Evangile pour le monde, le message est présenté pour tous les peuples. Il parle de la tendresse de Dieu.
Symbolisé par un aigle.
Jean a été disciple de Jésus. Le plus jeune des apôtres dit la tradition. Selon la tradition, cet évangile est écrit en Asie Mineure, à Ephèse. Il a tout à fait un autre style et une autre perspective que les trois autres. Il a été écrit sur un temps plus long, complété progressivement, aussi n’est-on pas sûr que tous les versets sont de Jean, mais plutôt d’une communauté autour de Jean. Il écrit pour des chrétiens d’origine juive mais aussi marqués par la civilisation grecque. L’évangéliste insiste ici sur ce que c’est que croire.
An 30-33 |
Jésus annonce la Bonne Nouvelle |
Après 33 |
Les disciples proclament ce que Jésus a fait |
Après 40 |
Les communautés célèbrent et mettent par écrit certaines paroles de Jésus : ce sont les logias |
En 65 environ |
A l’aide de ces petits écrits Marc rédige son Evangile |
En 70 environ |
Matthieu et Luc rédigent leurs Evangiles avec l’aide d’autres écrits et l’Evangile de Marc |
En 90 environ |
Fin de la rédaction de l’Evangile selon st Jean |
Bons plans KT pour vos ados Comment leur parler de dieu ?
Comment intéresser les 13-15 ans à la foi? Film, blog, marche de nuit, retraite...
Découvrez sept pistes testées pour vous en aumônerie. Constance de Buor avec Hélène Poulain Loin du caté de leur enfance, les 13-15 ans ne veulent plus d’un enseignement traditionnel. Ils cherchent et se cherchent. Pour certains dans la foi. « Les ados ont besoin d’outils pour se positionner par rapport au monde, aux autres, et au bout du compte par rapport à Dieu. Même si les fruits viendront bien plus tard… », constate Chahina Baret, responsable du pôle adolescents du Service national de la catéchèse et du catéchuménat. À entendre les responsables d’aumônerie au collège, on n’enseigne plus Dieu aux ados: on s’attelle à rendre possible la rencontre avec Lui. « Les 13-15 ans ne supportent pas que les adultes instrumentalisent la Parole pour faire de la morale ou de l’éducation. Ils veulent avoir en face d’eux des personnes disponibles, qui leur disent comment leur foi les fait vivre, les rend joyeux, les aide à traverser les épreuves », poursuit Chahina Baret. Cet âge intermédiaire exige aussi de renouveler sans cesse les propositions. « Il faut multiplier les initiatives, varier les rythmes. Offrir des temps forts vécus activement, en leur demandant d’accomplir un service, par exemple, plutôt qu’en les laissant en “mode veille” devant un témoignage, comme devant la télé. Et les encourager à s’investir dans des projets de plus longue haleine », suggère le père Bruno L’Hirondel, de l’aumônerie de Maurepas dans les Yvelines. Pour les aumôniers que nous avons interrogés, les ados sont capables de se confronter à la Parole de Dieu. Dès lors que l’on sait leur montrer que les hommes et les femmes qui la traversent vivent les mêmes interrogations qu’eux. Aux accompagnateurs alors d’aider les ados à sortir d’eux face à la Bible, pourquoi pas à travers des films, des chansons, des œuvres d’art qui, sans remplacer les Écritures, permettent au « je » d’émerger.
1 VIDÉO ET ÉVANGILE
Réaliser un atelier vidéo autour de l’Évangile : une idée de Michael Cadot, responsable de FXproduction, pour l’aumônerie de Maurepas (Yvelines). De quoi s’agit-il? À chaque séance, nous réalisons un petit film complet, avec des jeunes de l’aumônerie qui jouent des passages d’Évangile. Nous tournons, avec un Caméscope numérique, sur fond vert. Après quoi nous incrustons par ordinateur les décors. Nous prenons d’abord une heure pour dîner. Et puis nous choisissons notre extrait. Le « scénario » est déjà bien écrit dans la Bible… mais il reste quand même à définir les limites de la scène à jouer, le décor photo, les costumes. Après ça, nous avons une heure pour filmer. À quel rythme ? Une soirée pleine (environ 3 heures) tous les mois et demi. Ce que les ados y trouvent: Ils y prennent beaucoup de plaisir. Ils sont ravis de découvrir, au passage, des outils technologiques et de montrer à leur entourage une autre image de l’Église. L’apport catéchétique Cela permet de leur faire travailler les Écritures. Montrer l’Évangile exige d’être attentif aux plus petits détails. D’une séance à l’autre, les jeunes font des recoupements entre les textes. Même quand ils semblent dispersés, ils s’imprègnent de quelque chose. www.fxproduction.fr
2 LA RETRAITE AU MONASTÈRE
Des retraites ouvertes aux troisièmes dans une abbaye cistercienne, c’est ce que propose Christine Aulenbacher, dans le diocèse de Strasbourg. De quoi s’agit-il ? C’est une plongée dans le quotidien du monastère. Pendant un week-end ou une semaine, les ados vivent au rythme des moines. Je préconise que les catéchistes bâtissent autour d’un thème particulier un livret qui accompagne les jeunes, qu’ils garderont, avec des pistes spirituelles, des questions, des espaces pour écrire leurs réflexions. La semaine est rythmée par des temps de partage, par les offices auxquels des ados qui ne vont jamais à la messe peuvent devenir étonnamment assidus! La nuit est très importante à cet âge:les veillées de sketches, de prière, les feux de camp, les marches nocturnes sont très appréciés.
À quel rythme? Par exemple une fois par an, comme un temps fort. Ce que les ados y trouvent: Ils découvrent un choix de vie radical, en rupture complète avec leur quotidien, des témoins de la foi. Mais surtout, ils sont heureux de voir qu’ils sont écoutés gratuitement. L’apport catéchétique Les ados sentent qu’ils sont portés par la communauté. Ils perçoivent une expérience existentielle, un vrai temps de désert. Au début, ils paniquent sans téléphone portable ni MP3. Et puis une autre musique vient les habiter peu à peu!
3 LA PRIÈRE ET L’ŒUVRE D’ART
Montrer les liens entre l’art et a foi et les appliquer à la catéchèse : un choix pris par Catherine de Salaberry et Pascale Huré, au diocèse de Versailles. De quoi s’agit-il? L’œuvre d’art – peinture, sculpture, etc. – est un excellent support au texte. Les images choisies doivent être fortes. L’artiste privilégie toujours un aspect du passage des Écritures qu’il met en scène. Lequel? Pourquoi? Et nous, quel détail nous frappe ? L’idéal est d’emmener les collégiens sur place, dans une église (ou un musée) observer une représentation de telle scène biblique. À quel rythme ? À partir d’un support documentaire, on peut le faire à chaque séance. Ce que les ados y trouvent: Mettez des jeunes devant le récit de la Pentecôte dans les Actes des Apôtres (2) et devant le tympan de la basilique de Vézelay, qui figure le même épisode, vous verrez la différence. Face à un texte, ils ont peur de ne pas savoir. Face à l’image, ils ont moins de pudeur, de peurs. Ils peuvent s’exprimer à l’instinct et se montrent très sensibles aux expressions, aux visages... C’est concret. Sans compter qu’aller voir une œuvre in situ ou un édifice leur permet de bouger. L’apport catéchétique L’œuvre d’art déplace les codes et les certitudes. C’est un chemin théologique. Entrer dans une église est déjà une vraie et profonde expérience spirituelle.
4 LA MARCHE DANS LA NUIT
Marcher dans la nuit: une expérience de Jacqueline Le Diguer’Her, responsable de l’aumônerie pour le diocèse de Viviers (Ardèche). De quoi s’agit-il ? On se retrouve dans l’après-midi pour un grand jeu, Des croyants témoignent de leur foi. On pique-nique le soir avant une marche, vers 21 heures, pour une quinzaine de kilomètres. Au fil du chemin, chaque aumônerie présente un travail préparé dans l’année sur le thème de la marche, sous forme de sketches, de chansons, etc. Vers minuit, on s’arrête et discute. À 2 heures, on célèbre l’eucharistie dans une église. Des personnes du village se joignent à nous. Nous remarchons jusqu’au lever du soleil où les jeunes reçoivent un envoi dans une église. Puis, nous nous séparons après le petit déjeuner, vers 7 heures. À quel rythme ? Tous les deux ans, vers Pâques. Ce que les ados y trouvent : La nuit attire. On proposerait la même chose le jour, on aurait peu de candidats ! Cette marche est un rite d’initiation. Elle fait vaincre des peurs. Les ados se demandent s’ils vont être capables de tenir… C’est aussi une occasion de casser l’isolement des petits groupes d’aumônerie. L’apport catéchétique Il se joue autour du thème travaillé en amont. Cette nuit est aussi un pèlerinage, une mise en route avec tout leur être. Cette traversée a clairement une dimension pascale.
5 INTERNET (LE BLOG DU CURÉ)
Chatter sur un site : rien de mieux qu’un blog destiné aux collégiens pour le père Matthieu Lefrançois, du diocèse d’Angers (Maine-et-Loire). De quoi s’agit-il? J’ai découvert que les ados passent du temps sur MSN (un système de « discussion » instantanée sur Internet), qu’ils y tiennent leurs blogs (journal « intime »), et qu’ils s’y racontent beaucoup de choses. Certaines légères, d’autres plus profondes sur l’amitié, le sens de la vie, etc., alors que les 4es-3es ont du mal à se dire. J’ai alors construit mon blog. Ceux des ados sont assez autocentrés:ils s’y exposent mais cherchent à savoir ce que les autres pensent d’eux… Je joue sur leur terrain mais j’en décale l’usage. Avec des homélies simplifiées en langage un peu plus « djeunes » que celles du dimanche.
À quel rythme? N’importe quand. Ce que les ados y trouvent: Les ados y trouvent ce qu’ils veulent. Une parole, un conseil de livre, un plan CD, des photos des jeunes du diocèse. Mais avec des rubriques qui leur parlent d’eux, de leur culture. Ils se laissent accrocher, sans obligation de temps ou de fréquence. L’apport catéchétique Avoir côte à côte une chronique ciné et un minisermon est une façon de manifester que la vie chrétienne oriente, irrigue notre existence, que la foi n’est pas seulement une parenthèse le dimanche. matlefblog.spaces.live.com
6 LE GRAND RASSEMBLEMENT
Réunir des milliers de jeunes. Comme au dernier Frat-Jambville en mai 2007, organisé par le père Albert Gambart, délégué général des évêques d’Île-de-France. De quoi s’agit-il? Le Frat est un grand rassemblement de quatre jours proposé aux jeunes de 14 à 16 ans des aumôneries d’Île-de-France. À quel rythme? Durant quatre jours, tous les deux ans. Ce que les ados y trouvent : Un tel rassemblement répond à leur besoin d’être ensemble, de vivre des temps forts. C’est un vrai moment de fête. Les 13-15 ans sont tout à fait capables de plonger dans le silence, mais ils sont surtout à l’âge où l’on explose ! Les jeunes apprécient qu’on les rejoigne sur leur terrain, qu’on leur parle dans leur langue. Mais on ne cherche surtout pas à les séduire, à les acheter, on reste très cohérents sur le message en leur servant les mots de l’Évangile et de la liturgie. L’apport catéchétique Le thème choisi doit leur permettre de découvrir un visage du Christ qui les aide à grandir dans leur foi. Il faut leur montrer que l’Évangile change quelque chose à leur vie. Le but du Frat n’est pas de dispenser une « catéchèse synthétique intégrale », mais de redonner du jus, un enthousiasme, qui puisse irriguer le reste de l’année.
7 LE FOYER D’ACCUEIL
Un temps pour accueillir et un temps pour écouter. Un moment privilégié dont parle Cécile Abrial, pour l’aumônerie de La Celle-Saint-Cloud (Yvelines).
De quoi s’agit-il? C’est très convivial. À chaque séance, sept ou huit jeunes viennent partager le repas chez un couple référent. Ils discutent sur des thèmes qu’ils ont définis ensemble:la violence, l’amitié, l’amour. Après, chaque couple organise la soirée comme il l’entend. Soit la réflexion démarre à partir d’un texte biblique, soit à partir d’un fait d’actualité. Dans tous les cas, il y a toujours un temps de prière et de lecture de la Bible.
À quel rythme? Une soirée tous les mois, de la quatrième à la terminale. Ce que les ados y trouvent: À cette période de leur vie, où les relations avec leurs parents ne sont pas toujours faciles, ils trouvent une oreille auprès du couple référent. Puisqu’un couple suit le même groupe de jeunes pendant plusieurs années, une grande confiance se noue. Les jeunes abordent des questions de foi, ce qu’ils ne font pas forcément avec leurs parents. L’apport catéchétique Les jeunes apprennent à creuser, à approfondir les textes bibliques.
La Vie
Religion Les limbes, c'est fini
L'Eglise vient de remettre en cause l'existence du lieu supposé accueillir les enfants morts sans baptême, laissant la place à plus d'espérance et de miséricorde. Les limbes, ce lieu en demi-teinte entre enfer et paradis, jadis supposé accueillir les enfants morts sans baptême, ont vécu. En avril dernier, Benoît XVI les a rayés de la carte de l'au-delà en approuvant un document de la Commission théologique internationale très critique à leur sujet. « La grande miséricorde de Dieu, qui désire sauver tous les hommes, et la tendresse de Jésus envers les enfants (...) nous conduisent à espérer qu'il existe une voie de salut pour les enfants morts sans baptême », conclut le document, fruit de longues années de discussion entre théologiens. Passé presque inaperçu, l'événement n'est pas sans importance dans l'histoire de l'Eglise catholique, tant la « théorie » des limbes a marqué les mentalités en Occident.
Notre dossier :
Le concept des limbes remonte aux premiers temps du christianisme. Il est demeuré très présent au XIXème siècle chez les catholiques. Chez les orthodoxes, les enfants qui meurent sans avoir été baptisé demeurent dans l'ignorance. Les protestants n'ont jamais admis l'existence d'une zone frontière entre paradis et enfer.
-> Les limbes chez les différentes confessions chrétiennes
L'expérience des familles confrontées à la mort d'un enfant avant le baptême était en contradiction évidente avec l'hypothèse des limbes. En l'abandonnant, l'Eglise entend se concentrer sur l'essentiel de la foi.
-> Les limbes remplacées par l'espérance
Pèlerin info
Inde: La fascination pour Mère Teresa fonctionne toujours dix ans après sa mort
"Elle était simplement là, elle saluait et bénissait Anne-Katrin Gässlein*, Apic /Traduction: Bernard Bovigny Calcutta, 22 août 2007 (Apic)
Mère Teresa est décédée il y a 10 ans, le 5 septembre 1997. Plus de 3'000 sœurs et 500 frères, dans 710 communautés et 133 pays, font aujourd'hui partie de sa congrégation des "Missionnaires de la Charité". Visite sur les lieux, à Calcutta, où la religieuse était déjà considérée comme une sainte de son vivant. "On pourrait penser qu'au cours des années elle avait acquis une aura pleine de vénération, presque intangible. Mais notre "mère" était très humaine, elle était toujours en prise avec la réalité". Sœur Christie s'exprime dans un anglais parfait, sans le moindre accent, dans la Maison-mère de la congrégation. Cette Japonaise vit à Calcutta depuis 15 ans. Elle a donc connu personnellement la fondatrice des "Missionnaires de la Charité". "Dans tous ses actes - qu'elle prie ou signe des cartes - elle était orientée vers Jésus. Cela, chacun l'a ressenti". Une anecdote au sujet des cartes, justement, est assez significative. Un homme d'affaires lui avait demandé son adresse, afin de lui imprimer des cartes de visite. En lieu en place de sa rue, de son numéro de téléphone ou encore de son numéro de compte, Mère Teresa a décidé de faire imprimer une prière. La Maison-mère de la congrégation, dans laquelle Mère Teresa a vécu jusqu'à sa mort, est aujourd'hui un centre administratif. Mais son animation fait davantage penser à une ruche. Des religieuses renseignent les visiteurs sur les heures d'ouverture, les guident auprès de la tombe de Mère Teresa et à travers le petit musée qui lui est consacré, là où sont exposés ses sandales, son sari et même sa chaise roulante. "De son vivant, tant de personnes affluaient qu'elle devait descendre dans la cour intérieure pour leur parler", se rappelle Sœur Christie. "Elle était simplement là, elle saluait et bénissait".
Des bénévoles issus du monde entier
La fascination pour Mère Teresa fonctionne toujours, dix ans après sa mort. C'est à la Maison-mère que sont coordonnés les activités des nombreux bénévoles, désireux de s'engager dans un des établissements de la congrégation. Ce sont en majorité des jeunes, issus de toutes les régions du monde. Après une introduction en anglais, chinois ou japonais, ils peuvent collaborer à l'accompagnement des malades, jouer avec des enfants ou parler avec des personnes âgées. "Quelques-uns ne restent que quelques jours, d'autres travaillent 6 mois ou même plus longtemps dans nos communautés", raconte Sœur Christie. Parmi eux, on trouve souvent des jeunes qui proviennent de Suisse. Dans la lumière voilée de cette fin d'après-midi, qui traverse les fenêtres, les ventilateurs tentent d'éloigner la chaleur qui tape sur les rues poussiéreuses environnantes. Trois rangées de brancards sont installées. Plus de 100 patients se trouvent actuellement dans "La Maison des malades ou des mourants". Rien qu'aujourd'hui, six arrivées ont déjà été enregistrées. "Les gens sont amenés chez nous soit par leur parenté, soit par des passants qui les ont trouvés dans la rue", raconte Sœur Glenda. Elle est surveillante dans cet établissement des "Missionnaires de la Charité" et dégage une certaine autorité avec sa stature solide et sa forte voix. "Oui, nous avons aussi un médecin. Il vient trois fois par semaine, ainsi que sur demande en cas d'urgence", affirme-t-elle d'un ton net. Et les trois religieuses qui travaillent ici? "Elle ont aussi une formation médicale, mais partielle."
Des médecins réticents
Le fait que les soins au mouroir de Calcutta soient régulièrement administrés par des religieuses disposant d'une formation médicale insuffisante est un reproche souvent adressé aux "missionnaires de la Charité". La congrégation rend attentive au fait que de nombreux médecins refusent de venir soigner les patients, surtout ceux qui sont près de mourir, mais aussi ceux qui sont atteints d'une maladie contagieuse. Beaucoup refusent également les malades qui ne peuvent pas payer leur traitement. Mais la congrégation s'efforce de promouvoir à l'interne la formation médicale. Une des premières religieuses de la congrégation, Sœur Andrea, a même entrepris des études de médecine peu après son entrée dans les ordres et acquis un doctorat. Par ailleurs, les Missionnaires de la Charité n'ont pas que les soins apportés au corps en vue, mais également l'accompagnement spirituel. Un autre reproche régulièrement essuyé par les Soeurs de Mère Teresa est l'utilisation des dons. Dans certains établissements, des dons auraient été exclusivement attribués à l'évangélisation des pauvres, ce qui est en contradiction avec les lignes directrices de la congrégation. La réponse est venue de Mère Teresa elle-même. "Il n'y a qu'un Dieu. Et il est le Dieu de tous. Nous voulons aider un hindou à devenir un meilleur hindou, un musulman à devenir un meilleur musulman, et un chrétien à devenir un meilleur chrétien." Ce qui est certainement un défi passionnant pour des religieuses chrétiennes. Car leurs patients à Calcutta sont "à 90% des hindous et 10% des musulmans", comme l'affirme de façon péremptoire Sœur Glenda. * Anne-Katrin Gässlein est rédactrice responsable des bulletins paroissiaux "forumKirche" de Schaffhouse et Thurgovie.
Indication aux rédactions: Des photos des Sœurs de Mère Teresa à Calcutta sont gratuitement à disposition à : kipa@kipa-apic.ch
Encadré:
Mère Teresa - une vie pour les pauvres Mère Teresa
- Agnes Ginxha Bojaxhiu au civil - est née le 27 août 1910 à Skopje en Macédoine sous occupation turque, dans une famille catholique d'origine albanaise. A l'âge de 12 ans, elle est convaincue de devenir religieuse. A 18 ans, elle entre chez les Sœurs de Notre-Dame de Lorette en Irlande. Elle se retrouve enseignante d'histoire et de géographie dans leurs écoles à Darjeeling et Calcutta. Après avoir prononcé ses vœux, elle est nommée à la tête de Sainte-Marie, une école pour les enfants bengalis à Calcutta. Le 10 septembre 1946, alors qu'elle est en retraite, elle ressent ce qu'elle décrit ultérieurement comme "un deuxième appel": aller dans les taudis de Motijhil à Calcutta et travailler auprès des plus pauvres et plus déshérités de la ville. Cette date est célébrée comme le Jour de l'inspiration par les Missionnaires de la Charité, ordre religieux qu'elle a fondé pour promouvoir cette vocation. Deux ans plus tard, elle quitte les sœurs de Notre-Dame de Lorette et fonde, avec l'approbation de son évêque et du pape Pie XII, une nouvelle congrégation, approuvée par Rome en 1950. (apic/akg/ak/bb)
Rocamadour,
Les yeux vers le ciel Accroché à la falaise et surplombant un canyon sauvage, le petit village du Lot attire chaque année 900 000 visiteurs.
Une formidable notoriété sur laquelle l'Église veut s'appuyer pour réaffirmer les racines spirituelles de ce haut lieu de la chrétienté au Moyen Âge, grâce à l'implication des chrétiens locaux Le jour où le P. Clément Nastorg, recteur du pèlerinage de Rocamadour, a demandé à Laurence Du Peloux d’assurer une visite guidée des lieux, les pierres du sanctuaire se sont dérobées sous les pieds de cette paroissienne fidèle, mère de cinq enfants Pourquoi a-t-elle accepté de plonger dans ses livres d’histoire ? Sûrement pour rendre à ce haut lieu de la chrétienté au Moyen Âge ce qu’il lui a apporté. Aujourd’hui. « C’est ici que j’ai été touchée, que j’ai rencontré le Christ. Depuis, je suis en pèlerinage chaque matin. Le bonheur que j’éprouve à Rocamadour, je le vis comme une action de grâce », confie-t-elle, avec une rayonnante simplicité. Depuis mai 2006, Laurence a rejoint l’équipe des guides bénévoles, mise en place dans le cadre de la restructuration du sanctuaire, liée aux graves difficultés financières rencontrées par la maison d’accueil des pèlerins Fortement impulsée par le P. Ronan de Gouvello, le jeune curé de Rocamadour, arrivé en septembre 2005, la présence des chrétiens locaux sur le parvis – et les visites gratuites qu’ils proposent à la demande – n’est pas seulement d’ordre économique. Elle s’inscrit dans l’objectif clairement affiché de réaffirmer les racines spirituelles de Rocamadour. « Le cœur du diocèse bat ici », souligne Mgr Norbert Turini, évêque de Cahors depuis 2004.
"La forêt des singes"
Pour lui donner sa pleine vitalité, le P. de Gouvello, en perpétuelle tenue de clergyman, lui injecte son dynamisme infatigable et un sens certain de la communication. « Je fais clairement de l’évangélisation, j’attaque directement. Le lieu est propice à cette action : je jette mes filets sur le parvis en proposant le message, en toute liberté. » La majesté du site, qui lui assure une pérennité éternelle sur les cartes postales, et son incomparable notoriété touristique – on lui attribue le titre de deuxième site de France, après le Mont-Saint-Michel – avaient peut-être fini par éclipser l’origine de Rocamadour. Au point de l’associer au fromage de chèvre, au goût fameux, ou aux activités touristiques comme « Le rocher des aigles » ou « La forêt des singes »… On raconte même que certains touristes débouchent directement du grand escalier vers l’ascenseur qui conduit au « deuxième étage » de Rocamadour sans faire une halte dans la chapelle miraculeuse et admirer la Vierge noire, splendeur du XIIe siècle. « À l’époque où nous assurions l’accueil durant l’été, nous étions confrontés à deux questions récurrentes : “Où sont les toilettes ?” et “Où peut-on prier ?” », racontent Antoinette et Jean-Marc Peyrard. Eux aussi ont décidé de s’investir fortement dans la vie du sanctuaire. Ils se relaient, avec d’autres, pour que la crypte soit désormais ouverte à l’Adoration, de la fin de la messe du matin au début des vêpres. « C’est un lieu habité par la prière depuis des siècles et particulièrement par la prière des plus humbles. Rocamadour est à la confluence de toutes les diversités. Parfois, les gens ne savent pas pourquoi ils viennent. Au moment de leur passage, ils doivent trouver leur compte dans une rencontre véritable. Il faut que les visiteurs puissent rapidement appréhender l’essentiel », souligne encore Mgr Turini.
"Celui qui prie la Vierge noire obtient toujours gain de cause"
Ces paroles feront sûrement chaud au cœur de Christian Delpech, l’un de ces Amadouriens pur jus, dont la pâtisserie-confiserie a pignon sur la rue unique du village. Il clame haut et fort sa nostalgie de la splendeur religieuse passée de Rocamadour. Gamin, il a gravi des «centaines de fois» le grand escalier à genoux, au long de processions grandioses qui ont marqué sa mémoire. Enfant de chœur, il servait la messe, ce jour de 1956, quand on est venu prévenir le prêtre qu’une dame anglaise s’était levée de son fauteuil roulant en bois. Christian Delpech peste bien contre « les gens de Lourdes » qui ont empêché la publicité du miracle, mais il est finalement l’un des meilleurs thuriféraires de l’essence profonde de Rocamadour. « Celui qui prie la Vierge noire avec son cœur obtient toujours gain de cause, dit-il soudain, en ralentissant le rythme de son débit méridional. Chaque fois qu’un touriste a besoin d’aide, je lui dis d’aller la voir. » Depuis de nombreuses années, Monique et Jean, couple de retraités stéphanois, sentaient confusément le besoin de retourner à Rocamadour. Ils y étaient venus à deux reprises «dans les années 1960-1970», mais à chaque fois pour une étape éclair, comme la majorité des touristes. Cette fois, ils ont décidé de rester cinq jours. Ils ne le regrettent pas. « Notre entourage a été affecté par de nombreux deuils, on ne les oublie pas. » Dans le recueillement des sanctuaires, ils ont trouvé « calme et sérénité » pour confier à la Vierge toutes leurs intentions.
"Supporter les épreuves de la vie"
Durant la saison, Michèle Marnac, propriétaire d’un bel établissement hôtelier, Le Relais du Château, n’a guère le temps de s’extraire de sa trépidante activité : avec ses 28 employés, elle assure jusqu’à 300 couverts par service ! Mais l’hiver venu, elle « descend » souvent au sanctuaire. « La Vierge noire m’a beaucoup aidée à supporter les épreuves de la vie », dit-elle avec pudeur. Elle ressemble à tous ces anonymes ayant vécu à Rocamadour l’une de ces expériences spirituelles qui ont transformé durablement leur vie. Ils en témoignent sans ostentation, mais avec l’ardent désir que les touristes puissent devenir des pèlerins. Avec son style BCBG et ses cinq enfants, Chantal Bressac confie avec humour qu’elle n’a pas l’air d’une convertie récente. Et pourtant, ses apparences ne disent rien de sa révolte passée contre l’Église et du bouleversement intérieur qu’elle a connu dans la chapelle. Voilà pourquoi elle est devenue l’une des chevilles ouvrières de l’équipe de laïcs. Pour participer à la dynamique spirituelle qui veut restituer la vocation initiale de Rocamadour. «Lorsqu’on vient ici, on s’attache souvent à l’image, à la façade extérieure, on ne touche pas le cœur du sanctuaire », regrette Julien Phlipoteau, 26 ans, pour mieux souligner la place que le lieu sacré tient dans sa vie. Parce qu’il a grandi à cinq kilomètres de là, ce jeune homme aux fines lunettes a entendu « toutes les histoires, plus ou moins légendaires, qui s’attachent au lieu ». « Mes études m’ont permis d’approfondir la connaissance limitée et émotionnelle que j’avais du sanctuaire. Je suis heureux de faire un lien entre l’histoire et ma foi personnelle. »
"J’essaie d’accueillir tout le monde comme un frère"
Auteur d’un mémoire sur l’accueil des pèlerins du XIe siècle à nos jours, lui aussi assure régulièrement des visites gratuites. Pour offrir une halte au public qui s’émerveille des peintures du XIIe siècle pour peu qu’on lui indique de lever la tête… Pour Geneviève Lasvaux, qui appartient aussi à l’équipe des guides, la contemplation de cette beauté est à même de répondre à la quête de sens de nos contemporains. Elle non plus n’aurait jamais pensé prendre la parole devant les visiteurs. « J’ai à cœur de faire découvrir Rocamadour, car mon cheminement personnel m’a conduit dans ces lieux. J’essaie d’accueillir tout le monde comme un frère. Souvent, les gens me remercient. » Peut-être ont-ils approché confusément ce dont parle Mathieu Pivaudran, le très dynamique adjoint au maire en charge du patrimoine. S’il fait la distinction entre ses fonctions d’élu républicain et son parcours personnel, il confie néanmoins : « Ici, je me suis rapproché de Dieu. Le dynamisme des hommes d’Église, les témoignages des pèlerins, tout cela me donne de l’engouement et de l’espoir pour avancer. Aujourd’hui, je rêve de voir ce pèlerinage rayonner comme à Conques ou à Vézelay.»
Bruno BOUVET
Pays, Les courants du catholicisme aux Etats-Unis
Lisa Sowle Cahill, Professeur à l'Université de Boston, propose cinq clés pour comprendre comment les catholqiues vivent leur foi aujourd'hui aux Etats-Unis. Professeur Cahill est l'ancienne présidente de la Société théologique catholique des Etats-Unis et de la Société d'éthiques chrétiennes. Elle a obtenu son doctorat à l'Université de Chicago Divinity School.
Les catholiques romains à travers le monde partagent de nombreux points communs, d’où une réelle identité : ils appartiennent à une Eglise globale unifiée sous l’autorité du Vatican ; ils bénéficient d’une tradition sacramentelle, un long héritage de spiritualité et de liturgie, le legs toujours en évolution de Vatican II et une tradition d’encycliques sociales qui les mettent au défi de respecter la dignité humaine et de rechercher le bien commun pour tous. Néanmoins, l’expérience catholique varie aussi selon les contextes culturels et les histoires locales. Bien que les Nord Américains et les Européens soient sans aucun doute proches sur bien des points, des différences intéressantes les séparent également. Ces différences affectent plus spécialement les jeunes générations, qui sont devenus des adultes catholiques dans une époque d’après Vatican II. Ainsi cinq facteurs entrent en jeu dans l’expérience catholique américaine d’aujourd’hui.
Un pays religieux mais pluraliste.
Contrairement à de nombreuses sociétés européennes "séculières", les Etats-Unis sont encore un pays très religieux. Beaucoup de gens disent qu’ils croient en Dieu et assistent à des services religieux régulièrement. Cependant, ces croyants sont manifestement divers dans leurs origines culturelles et leurs opinions politiques et religieuses. D’aussi loin qu’on s’intéresse à l’Eglise catholique, beaucoup seront surpris d’apprendre que la société américaine est de plus en plus latine (hispanique), en raison du grand nombre d’immigrés latino-américains. Et puisque ces nouveaux venus aux Etats-Unis apportent avec eux une langue et un héritage culturel uniques, on peut s’attendre à ce que leur présence ait un impact majeur dans l’Eglise de demain.
Un pays traditionnellement "chrétien".
Les protestants sont plus nombreux et dominants que les catholiques. Le protestantisme revêt de nombreuses formes. Une de ses formes les plus influentes aujourd’hui est le mouvement protestant évangélique. Ce type de protestantisme n’est pas nouveau : il remonte au renouveau religieux des années quatre-vingt, qui insista sur l’autorité de la bible, une relation personnelle avec Jésus et l’action transformante du Saint-Esprit. Les évangéliques, comme les pentecôtistes, attirent de nombreux catholiques parce qu’ils représentent une rupture avec des Eglises établies, ennuyeuses et bureaucratiques, qui ne semblent pas répondre aux besoins spirituels de leurs membres. La plupart des catholiques connaissent bien l’expérience de devoir assister à une longue messe sans intérêt, où le prêtre et les autres ministres du culte se livrent à des activités apparemment sans rapport devant une foule de personnes qui ont manifestement la tête ailleurs. Beaucoup de catholiques sont attirés par un style de religion évangélique, y compris de nombreux immigrés latino-américains. Les Eglises évangéliques est en général beaucoup moins solennelles, plus vivantes et personnelles, et appellent chacun à une foi intime dans le Christ. Ce qui est remarquable aujourd’hui est l’alliance de ce type de christianisme avec des politiques plus conservatrices. Le président George W. Bush, par exemple, profite d’un large soutien parmi les évangéliques.
Des catholiques avec des priorités différentes
Les catholiques s’opposent pour définir qui des questions pro-life ou des questions de justice sociale sont les plus importantes. Les débats et souvent les divisions sur la moralité et la politique sont très discutés dans l’Eglise catholique américaine. Beaucoup de catholiques sont concernés par les questions de justice sociale, tels que la race, le sexe ou la classe sociale. Ils sont partisans d’une justice équitable à la fois chez eux (aux USA) et à l’extérieur. Ils sont conscients que la mondialisation apporte avec elle le danger de plus grands fossés entre les riches et les pauvres, et que le génocide, la guerre et la destruction de l’environnement naturel sont des problèmes majeurs et mondiaux. Ils croient que la foi catholique et le ministère de Jésus-Christ nous appellent à être des agents actifs pour un changement social dans ces domaines. Ils sont sociaux progressistes et votent typiquement démocrate. D’un autre coté, beaucoup plus de catholiques traditionnels sont concernés par un ensemble différent de questions morales : avortement, recherche sur les cellules souches et homosexualité. Ils sont sociaux conservateurs et s’alignent sur le parti républicain. Dans leurs déclarations publiques et dans leur soutien envers différents candidats politiques, les évêques américains semblent donner la priorité au programme pro-life et soutenir les candidats républicains plutôt qu’insister sur l’enseignement social de l’Eglise. Pendant la dernière campagne de l’élection présidentielle (2004), quelques évêques menacèrent d’excommunier (exclure de la sainte communion) certains politiciens qui pensaient que l’avortement devait rester une option légale pour les femmes. De même façon, ils prirent une même position forte contre la légalisation du mariage homosexuel. Pour l’instant, ils n’ont pas condamné les politiciens catholiques qui ont soutenu la guerre en Irak, même si le pape et les évêques eux-mêmes ont condamné la guerre. De telles questions divisent les catholiques en Amérique, tout comme elles divisent les autres groupes sociaux. La religion est pensée par beaucoup d’Américains comme étant intrinsèquement traditionaliste et politiquement conservatrice par nature. Le parti démocrate et ses candidats ont souvent ignoré le rôle civique de la religion ou ont vu la religion comme un ennemi de l’égalité et des droits. Par conséquent, les catholiques qui se consacrent à la justice sociale se battent pour faire entendre leurs voix, aussi bien dans l’Eglise que dans la société. Ils croient que leur foi religieuse exige d’œuvrer pour l’égalité des races et des sexes, pour la non discrimination des homosexuels, pour une économie mondiale équitable, pour l’environnement et pour la paix.
Les catholiques de l’ère Vatican II et les catholiques plus jeunes
Il y a sur ces points certaines différences très intéressantes entre les catholiques de l’ère Vatican II et les catholiques plus jeunes. Les jeunes adultes catholiques n’entrent pas toujours nettement dans les catégories de droite et de gauche, de conservateur et de libéral. Les catholiques de Vatican II se souviennent de l’Eglise d’avant le Concile. Cette Eglise avait un fort sentiment de croyance en Dieu, les saints et le surnaturel. Mais l’enseignement social catholique, bien qu’il ait existé, n’était pas encore connu de la plupart des catholiques. Etre catholique était bien plus défini en termes d’obligations religieuses (la messe tous les dimanches) et en terme de règles dirigeant le comportement personnel, notamment sexuel. Dans la morale sexuelle, comme dans le rôle subordonné de la femme, l’Eglise reflétait plutôt les normes répressives de la culture dans son ensemble. Vatican II ouvra la fenêtre du changement. Il donna du pouvoir aux laïcs, appela à l’ouverture d’esprit en ce qui concerne le monde moderne et en amena beaucoup à repenser le catholicisme dans lequel ils avaient été élevés. De nombreux catholiques devinrent moins stricts en matière de comportement sexuel personnel, de fervents avocats pour l’égalité des femmes, et plus actifs pour chercher à mettre fin à la pauvreté et à la guerre. Ce type d’identité catholique est typiquement celle des parents de nombreux jeunes gens aux Etats-Unis, comme en Europe. Les catholiques nés après le Concile de Vatican II ont expérimenté une Eglise et une culture d’une espèce différente. La culture est beaucoup plus pluraliste et beaucoup plus permissive. La sexualité en est un bon exemple. Alors que leurs parents ont grandi dans une atmosphère où tout semblait interdit, les jeunes adultes d’aujourd’hui font face à une situation dans laquelle tout est virtuellement possible. Souvent, ils aspirent à un sentiment plus haut de but et de signification - dans la sexualité et dans les autres domaines de la vie. La structure ferme de l’Eglise et les pratiques religieuses qui ont défini la jeunesse de leurs parents – et sur lesquelles se fondent encore l’identité catholique et le sens du divin de leurs parents - ont disparu. Les jeunes gens aspirent à un profond sentiment d’être liées à Dieu. Ils veulent un mode de vie chrétien stimulant qui peut donner des réponses à la vanité et à l’égoïsme de la culture qui les entoure. Ils cherchent une plus profonde spiritualité, une plus forte foi individuelle, et un ensemble clair de valeurs morales personnelles. En conséquence, certains jeunes catholiques américains embrassent les enseignements "traditionnels" à propos de l’avortement et du sexe et remettent à l’ordre du jour de "vieilles" pratiques religieuses telles que le rosaire, la dévotion au Saint Sacrement et la messe en latin. Chose curieuse cependant, beaucoup de ces mêmes jeunes gens promeuvent l’égalité entre hommes et femmes, l’importance de la fin de la pauvreté, de la guerre et du fléau du SIDA. Ils veulent protéger l’environnement et obtenir l’égalité pour les gays et les lesbiennes – du moment qu’ils acceptent que le sexe soient lié à un engagement entre les personnes concernées ! En d’autres termes, il y a un nombre significatif de jeunes catholiques américains qui sont à la fois "pro-life" et "pro justice-sociale." Ils ont leur propre définition de ce que l’identité catholique signifie mais choisissent fréquemment d’y inclure des pratiques et des dévotions que leurs parents et enseignants associent à une autorité rigide. Les vieux et les jeunes catholiques se comprennent souvent mal – ce qui n’est pas un phénomène nouveau entre les générations ! Les jeunes gens peuvent échouer à voir la vraie spiritualité qui guide leurs parents parce que leurs parents ont abandonné les formes de dévotion qu’ils ont d’abord expérimentés comme une partie de la culture répressive. Les personnes âgées échouent à définir quelles règles morales claires et attentes spirituelles sont séduisantes pour ceux qui ont grandi dans un environnement individualiste et consumériste. Manifestement, les catholiques américains sont encore en train de débattre pour définir leur identité – ou leurs identités – pour le futur.
Des catholiques qui font partie d’une superpuissance
Les catholiques américains sont dans la position inconfortable d’habiter une nation qui est souvent considérée comme la seule superpuissance qui reste au monde. Quelle que soient ces perspectives, quelles soient pro-life ou pro justice, les lois américaines et la politique présentent de nombreux dilemmes pour les catholiques. Les Etats-Unis ont une longue tradition politique proclamant l’égalité et les droits, mais ils ont également une histoire paradoxale d’esclavage, au cours de laquelle l’égalité et les droits furent refusés à beaucoup. Nous protestons contre le taux élevé d’avortement, mais nous manquons aussi d’une assurance maladie universelle et d’autres programmes sociaux pour soutenir les familles. La guerre en Irak est un immense paradoxe à la lumière des idéaux américains. De nombreux catholiques ne pensent pas que la guerre commença au nom d’une cause juste, et même un plus grand nombre déplore la façon dont cette guerre a été conduite et le nombre de morts qu’elle a causé. Comme citoyens et comme catholiques, nous luttons pour établir un rapport juste entre notre foi religieuse et nos engagements politiques. Conclusion Un des plus grands défis pour les catholiques aux Etats-Unis est de maintenir la communication entre nous malgré des clivages qui peuvent sembler nous diviser, qu’ils soient générationnels ou politiques. Notre foi commune, l’universalité de notre Eglise, le rôle croissant des laïcs, notre activisme politique, notre reconquête des pratiques spirituelles… tout cela donnent de la force à cette Eglise. Le catholicisme américain est définitivement une tradition de foi solide. Ses membres s’efforcent d’assumer l’histoire de l’Eglise après Vatican II et d’exercer une influence positive sur le comportement d’une nation dont le rôle dans le monde est ambigu.
Lisa Sowle Cahill Boston College
Traduit de l'anglais par Eglantine Gabaix-Hialé,
pour "theologia.fr © "theolgia.fr"
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Lisa Sowle Cahill, Professeur à l’Université de Boston. Dr Cahill est l’ancienne présidente de la Société Théologique Catholique des Etats-Unis (1992-93) et de la Société de Morale Chrétienne (1997-98). Elle est membre de l’Académie Américaine des Arts et des Sciences. Dr. Cahill a obtenu son master et son doctorat à l’Université de Chicago Divinity School. Elle est mariée à Laurence R. Cahill, un avocat. Ils sont les parents de cinq enfants.
Présentation du Motu proprio par Mgr Jean-Pierre Ricard
Présentation du Motu proprio Summorum Pontificum
Le 7 juillet dernier, le pape Benoît XVI a promulgué le Motu proprio Summorum Pontificum et l’a accompagné d’une lettre aux évêques qui explicite les raison profondes de ses décisions. Ce Motu proprio traite de l’élargissement de la possibilité d’utiliser les livres liturgiques de 1962, année de la dernière édition par le bienheureux pape Jean XXIII des livres de la liturgie dite « tridentine » ou de « Saint Pie V ». Ce sont ces livres que l’Eglise a utilisés avant la réforme liturgique voulue par le Concile Vatican II et mise en place à partir de 1970.
Le contenu du Motu proprio
Que trouvons-nous dans ce Motu proprio qui touche plus directement à la vie de nos paroisses?
- Pour la célébration de la messe sans assemblée, tout prêtre peut célébrer selon la forme « ordinaire » du rite (missel de 1970) ou selon sa forme « extraordinaire » (missel de 1962). Quelques personnes qui le demandent peuvent y participer.
- Un groupe stable de paroissiens peut demander au curé la célébration de la messe selon le missel de 1962. Si cela lui semble souhaitable et possible, compte tenu du contexte particulier de sa paroisse, le curé peut accéder à cette demande.
- Les sacrements de baptême, mariage, pénitence, onction des malades et confirmation peuvent être également célébrés, selon les livres liturgiques de 1962, ainsi que les funérailles ;
- Dans le cas où un curé ne peut accéder à la demande, il en réfère à l’évêque qui étudie à son tour cette demande. S’il ne peut pas, lui non plus, répondre positivement, le cas peut être soumis à la Commission pontificale Ecclesia Dei.
Qui est concerné ?
A la lecture de ce Motu proprio, nous voyons bien qui est concerné : tous ceux qui souhaitent pratiquer leur vie liturgique selon l’ancienne forme du rite. Il ne s’agit donc pas, comme certains journaux ont pu le titrer, d’un « retour de la messe en latin » qui s’imposerait à tous. Rien n’est changé dans les communautés chrétiennes pour la célébration de la messe et des sacrements. La liturgie issue du Concile reste la forme « ordinaire », habituelle de la célébration. La liturgie avec les livres de 1962 est une forme « extraordinaire » du même rite romain. Au moment de la réforme liturgique, on a pu penser que tout le monde passerait d’une liturgie à l’autre et que les seuls tenants de la liturgie ancienne seraient quelques personnes âgées. Or, trente ans après, le pape constate qu’il y a une demande insistante, même si elle est minoritaire, qui est formulée par des familles et qui trouve un écho chez des enfants et des jeunes. D’où sa volonté de répondre à cette demande.
La motivation profonde du pape
Dans sa lettre aux évêques qui accompagne le texte du Motu proprio, le pape explicite la motivation de sa décision : il veut promouvoir la réconciliation entre les catholiques, favoriser une plus grande communion entre eux. Pour le pape, une guerre des rites n’a pas lieu d’être. On ne saurait choisir un missel contre l’autre. C’est l’exclusion de l’autre que le pape refuse. Il propose à chacun de faire un pas de conversion vers l’autre. Celui qui dirait « nous avons gagné » ou « nous avons perdu la bataille » manifesterait par là qu’il n’est pas entré dans l’esprit du Motu proprio et n’en a pas lu le texte avec précision.
Les conditions mises et le rappel de certains principes
L’élargissement de l’usage des livres liturgiques anciens est soumis à certaines conditions. Un prêtre peut choisir de célébrer avec le missel de 1962 ou avec celui de 1970, mais seulement quand il n’y a pas d’assemblée. Il ne peut donc pas imposer le choix du missel de 1962 à une assemblée qui se trouverait ainsi devant le fait accompli. De plus, quand une demande est faite au curé pour avoir une célébration de la messe avec la forme ancienne de la messe, elle doit provenir d’un groupe stable de personnes qui habitent sur la paroisse et non d’un groupe de pression de gens qui viendraient de tout le diocèse. A ceux qui sont attachés à la liturgie de 1962, le pape leur demande de reconnaître l’autorité du Concile et le bien-fondé de sa réforme liturgique. Il rappelle aux prêtres que les livres liturgiques issus de la réforme conciliaire sont la forme « ordinaire » du rite romain et qu’ils ne peuvent pas exclure une célébration selon le missel de Paul VI.
Ne pas penser la tradition liturgique en termes de rupture
A ceux qui ont promu la réforme liturgique et continuent de la promouvoir, car la « réception » du Concile par le peuple chrétien est encore à poursuivre, le pape demande d’accepter que certains catholiques puissent célébrer selon l’ancienne forme du rite. Pour lui, l’événement du Concile et son enseignement ne peuvent se comprendre en termes de rupture mais en termes de croissance et d’approfondissement. On ne peut pas dire « du passé faisons table rase ». On ne saurait tracer une croix sur une tradition liturgique qui a nourri pendant des siècles la foi et la vie liturgique de générations de fidèles et qui a été celle du Concile lui-même. D’où l’invitation que le pape fait d’accueillir généreusement les demandes des fidèles qui demandent cette forme « extraordinaire » du rite romain, demandes qui à ses yeux ne devraient pas être très nombreuses. Le pape rappelle également aux prêtres qu’ils ont à célébrer selon les normes liturgiques, attentifs à ne pas faire perdre une certaine sacralité à la célébration.
Concrètement, que va-t-il se passer ?
Il nous faudra voir comment concrètement ce Motu proprio peut se mettre en œuvre dans le diocèse. Certains curés pourront répondre aux demandes qui seront faites, d’autres auront plus de mal à y répondre eux-mêmes ou à trouver un prêtre qui puisse y répondre. C’est donc à l’évêque qu’ils renverront ces demandes et nous verrons au niveau du diocèse comment une solution pourra être trouvée. La présence de lieux où la forme « extraordinaire » du rite est déjà célébrée (chapelles du Christ rédempteur et de saint Germain d’Auros, églises de Saint Eloi et de saint Bruno) peut faciliter la réponse à ces questions dans le diocèse. La mise en application du Motu proprio est fixée au 14 septembre. Nous aurons le temps de nous concerter d’ici là sur notre manière de le mettre en œuvre dans le diocèse. Ce qui est important pour l’instant, c’est d’entrer dans la compréhension de ce désir du pape d’ouvrir aujourd’hui dans notre Église un chemin de réconciliation et de communion.
+ Jean-Pierre Cardinal RICARD
Benoît XVI accueille les traditionalistes
Par le motu proprio « Summorum pontificum », publié samedi 7 juillet, Benoît XVI libéralise l'usage du Missel dit de saint Pie V. Les nouvelles dispositions pour célébrer selon la forme tridentine, dans sa version de 1962, entreront en vigueur le 14 septembre.
Mgr Ignacio Barreiro Carambula célèbrant la messe de rite tridentin à Rome, en l'église San Giuseppe a Capo le Case, le 1er juillet 2007 (Photo Pizzoli/AFP). ![]()
Ce qui va changer
Pour la très grande majorité des fidèles catholiques, le motu proprio Summorum pontificum publié samedi 7 juillet par Benoît XVI ne va rien changer : le missel édité en 1970 par Paul VI, dans le cadre de la réforme liturgique voulue par Vatican II, « demeure évidemment la forme normale de la liturgie eucharistique », précise Benoît XVI dans une lettre aux évêques qui accompagne le motu proprio. « En pratique, la liturgie en usage ne change pas, mais le curé pourra ajouter une célébration selon la forme extraordinaire », précise la Salle de presse du Saint-Siège.
Les changements apportés ne concernent donc que l’usage facilité de cette « forme extraordinaire », à savoir le Missel de saint Pie V, que le pape préfère appeler «Missel de Jean XXIII» : seule en effet la dernière version du rituel tridentin, promulguée en 1962, est concernée. Ici, Benoît XVI renverse l’économie des textes de ses prédécesseurs.
Alors que Paul VI et Jean-Paul II évoquaient la permission nécessaire de l’évêque, au cas par cas, pour célébrer selon l’ancien rite, Summorum pontificum dispose que « tout prêtre catholique de rite latin, qu’il soit séculier ou religieux, peut utiliser le Missel romain publié en 1962 ». Alors qu’il n’était question jusqu’ici que de la messe, le nouveau motu proprio rend possible, de plus, l’usage du rituel ancien pour le baptême, le mariage, la confession, l’onction des malades et la confirmation, ainsi que, pour les clercs, le bréviaire.
Qui est concerné ?
Ce sont avant tout les prêtres qui sont concernés : la liberté désormais totale de célébrer selon le missel de 1962 touche d’abord les « messes célébrées sans peuple », donc les messes privées. Mais peuvent être admis à ces messes « des fidèles qui le demandent spontanément ». Aux termes du motu proprio, de telles messes privées ne sont pas possibles au cours du Triduum pascal (du Jeudi saint à Pâques), dont les célébrations se font en paroisse dans l’une ou l’autre forme du rite.
C’est désormais au curé – ou au recteur, pour les sanctuaires qui ne sont pas paroisses – que revient la décision d’autoriser l’usage de l’ancien Missel. Là « où il existe un groupe stable de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure », le motu proprio demande d’accueillir « volontiers leur demande de célébrer la messe selon le rite du Missel romain édité en 1962 ». Il précise que si la célébration selon le Missel de Jean XXIII peut avoir lieu les jours ordinaires, « une seule messe sous cette forme peut également être célébrée » les dimanches et jours de fête. La vie paroissiale ne devrait donc pas en être bouleversée.
Le curé peut aussi autoriser prêtres et fidèles qui le demandent à célébrer selon l’ancien rituel des baptêmes, mariages, obsèques ou pèlerinages. Mais les prêtres qui le feront « doivent être idoines et non empêchés par le droit », ce qui exclut de fait les évêques et les prêtres intégristes de la Fraternité Saint-Pie-X, toujours sous le coup de l’excommunication de 1988.
Dans quels lieux sera célébré le rituel « extraordinaire » ?
Le Missel de 1962 pourra être utilisé dans toutes les paroisses dont le curé le décidera, et à condition qu’il y ait là un groupe « stable » de fidèles le demandant. Le motu proprio prévoit aussi son utilisation lors de pèlerinages, sous la responsabilité du recteur du lieu. De plus, la forme extraordinaire peut être utilisée lors de messes privées, mais auxquelles « les fidèles qui le demandent spontanément peuvent aussi être admis ».
Ou dans les oratoires de communautés religieuses, qui ont désormais toute faculté – sous la responsabilité des supérieurs majeurs – pour célébrer selon le Missel de Jean XXIII. Enfin, le texte rappelle la possibilité pour les évêques de créer des «paroisses personnelles» célébrant selon ce Missel : ces paroisses, ainsi appelées parce qu’elles ne sont pas des territoriales, mais définies par leur vocation à répondre aux besoins des fidèles qui la composent (à savoir « le rite, la langue, la nationalité de fidèles d’un territoire, et encore pour tout autre motif », selon le canon 518 du Code de droit canonique). ![]()
Quelles obligations sont posées aux traditionalistes ?
Le motu proprio de Benoît XVI, se voulant un geste d’apaisement, laisse une grande liberté aux catholiques traditionalistes. Ceux-ci pourront garder le calendrier liturgique (« temporal » et « sanctoral ») en vigueur en 1962. « Dans l’ancien Missel pourront et devront être insérés les nouveaux saints et quelques-unes des nouvelles préfaces » introduites après Vatican II, demande toutefois Benoît XVI. De même, on pourra conserver le lectionnaire liturgique d’avant 1962, mais selon des éditions autorisées par Rome, surtout quand ces lectures sont proclamées en langue vernaculaire – comme cela était déjà autorisé avant le Concile.
Dans l’esprit de Benoît XVI, pas question cependant d’instituer un biritualisme : le Missel de Jean XXIII et celui de Paul VI constituent « un double usage de l’unique et même rite ». Donc, « pour vivre la pleine communion, les prêtres des communautés qui adhèrent à l’usage ancien ne peuvent pas non plus, par principe, exclure la célébration selon les nouveaux livres. L’exclusion totale du nouveau rite ne serait pas cohérente avec la reconnaissance de sa valeur et de sa sainteté », précise-t-il.
On ne pourrait pas accorder la messe selon l’ancien rite à un prêtre qui refuserait de célébrer selon le Missel issu de Vatican II, a déclaré samedi le cardinal Ricard. Et si liberté est donnée à tout prêtre d’utiliser le Missel de Jean XXIII, un supérieur d’institut traditionaliste ne pourra pas non plus interdire à un de ses prêtres d’utiliser le Missel de Paul VI.
Qui tranchera en cas de litige ?
Le motu proprio n’étant pas toujours très précis, maintes difficultés sont à prévoir. Ainsi, si un curé refuse la demande de fidèles d’utiliser le Missel de 1962, c’est à l’évêque qu’il revient de trancher. Benoît XVI, tout en réaffirmant l’autorité de l’évêque en matière liturgique, indique alors que celui-ci est « instamment prié » d’exaucer le désir des fidèles. Mais si ce n’est pas possible, l’affaire monte alors à la commission Ecclesia Dei, qui pourrait voir ses compétences étendues. C’est donc Rome qui, in fine, tranchera.
Pourquoi le pape a-t-il voulu cette réforme ?
Pour « parvenir à une réconciliation interne au sein de l’Église », écrit Benoît XVI dans sa lettre aux évêques. Cette réconciliation est tournée à la fois, note le P. Federico Lombardi, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, vers ceux en rupture avec la communion ecclésiale – les communautés intégristes –, mais aussi « vers ceux qui se sentent en tension avec cette communion ».
Benoît XVI évoque ainsi des jeunes qui « se sentent attirés » par la liturgie de 1962, y trouvant « une forme de rencontre avec le mystère de la Très Sainte Eucharistie qui leur convient ». Dans son esprit, une plus grande possibilité d’utiliser l’ancien Missel doit permettre aux deux formes liturgiques de s’enrichir réciproquement : « Dans la célébration de la Messe selon le Missel de Paul VI, pourra être manifestée de façon plus forte que cela ne l’a été souvent fait jusqu’à présent cette sacralité qui attire de nombreuses personnes vers le rite ancien. »
Benoît XVI précise qu’il ne s’agit nullement d’une remise en cause du Concile, ni de la réforme liturgique qui en est « une de ses décisions essentielles ». Simplement, selon lui, une lecture correcte de Vatican II doit insister plutôt sur la « continuité » que sur la « rupture » dans l’histoire de l’Église. C’est donc dans cette perspective que doit être interprétée la coexistence, désormais en vigueur dans toute l’Église latine, de deux formes pour un unique rite.
Nicolas SENEZE et Isabelle DE GAULMYN (à Rome)
L'ordination des prêtres
Pourquoi parle-t-on d’« ordination » ? Le mot est aujourd’hui réservé à l’acte sacramentel qui intègre dans l’ordre épiscopal, presbytéral ou diaconal. L’ordination « va au-delà d’une simple élection, désignation, délégation ou institution par la communauté, car elle confère un don du Saint-Esprit permettant d’exercer un “pouvoir sacré” qui ne peut venir que du Christ lui-même, par son Église », rappelle le Catéchisme de l’Église catholique (n. 1538). Tous les baptisés ne sont-ils pas prêtres ? « Alors que le sacerdoce commun des fidèles se réalise dans le déploiement de la grâce baptismale, vie de foi, d’espérance et de charité, vie selon l’Esprit, le sacerdoce ministériel est au service du sacerdoce commun, il est relatif au déploiement de la grâce baptismale de tous les chrétiens », peut alors dire le Catéchisme de l’Église catholique (n. 1547). « Il est un des moyens par lesquels le Christ ne cesse de construire et de conduire son Église. C’est pour cela qu’il est transmis par un sacrement propre, le sacrement de l’ordre. » Depuis quand l’Église ordonne-t-elle des prêtres ? Dès le début du IIe siècle, Ignace d’Antioche (vers 110) peut décrire une Église locale organisée autour de l’évêque, entouré des prêtres et des diacres. À l’origine, en effet, l’évêque seul préside l’Eucharistie, prêche, baptise et réconcilie les pénitents, assisté des prêtres. Petit à petit, en particulier dans les villes, la multiplication du nombre de chrétiens a conduit à déléguer à des prêtres la responsabilité d’églises. La Tradition apostolique d’Hippolyte de Rome (IIIe siècle) contient la plus ancienne description du rituel d’ordination : le centre en est toujours l’imposition des mains et la prière consécratoire qui la suit. Comment se déroule l’ordination ? D’autres rites annexes sont importants. Ainsi la « vêture » (remise de l’étole et de la chasuble), l’onction des mains avec le Saint-Chrême (huile parfumée, utilisée aussi à la confirmation, qui consacre les mains et toute la personne du prêtre pour la sanctification du peuple chrétien à travers, notamment, la célébration des sacrements), la remise de la patène et du calice à celui qui est désormais ordonné pour présider la messe. Autre moment important : la promesse d’obéissance. « Les prêtres ne peuvent exercer leur ministère qu’en dépendance de l’évêque et en communion avec lui, rappelle le Catéchisme de l’Église catholique (n. 1567). La promesse d’obéissance qu’ils font à l’évêque au moment de l’ordination et le baiser de paix de l’évêque à la fin de la liturgie de l’ordination signifient que l’évêque les considère comme ses collaborateurs, ses fils, ses frères et ses amis, et qu’en retour ils lui doivent amour et obéissance. » C’est pour rappeler ce lien avec l’évêque que la plupart des ordinations ont lieu autour du 29 juin, fête des Apôtres Pierre et Paul. |
15/04/2007 20:45
Le "Jésus" de Benoît XVI
Le premier livre de Benoît XVI en tant que pape paraît lundi 16 avril, jour de son 80e anniversaire, en allemand, italien et polonais. La double qualité de l'auteur, pape et théologien, fait à la fois la richesse et la difficulté de lecture de ce livre
La foule des pèlerins a fêté, dimanche 15 avril, l'anniversaire du pape qui célèbre ce lundi ses 80 ans, jour de la sortie de son livre (Photo Carconi/AP).
«A l’origine du fait d’être chrétien, il y a la rencontre avec une Personne », écrivait déjà Benoît XVI dans son encyclique Deus caritas est. Avec Jésus de Nazareth, ce livre commencé alors qu’il était cardinal et achevé l’automne dernier, son premier livre de pape mais qu’il présente comme «le fruit d’un long cheminement intérieur», il convie à partager cette rencontre de Jésus, Dieu fait homme.
L’ouvrage – qui paraît lundi 16 avril en italien, allemand et polonais, et est annoncé en français chez Flammarion pour le 24 mai – a le style des audiences générales du mercredi, et se laisse donc lire avant tout comme une grande et belle catéchèse, accessible, grâce au talent de pédagogue qui caractérise l’ancien professeur devenu pape.
Cette double casquette de l’auteur fait à la fois la richesse et la difficulté d’emploi de ce livre. Et d’abord dans la communauté des exégètes dont Joseph Ratzinger, comme il l’avait déjà fait par le passé, bouscule ici certaines évidences. Son postulat ? L’étude historico-critique a de longue date trouvé ses limites en laissant entendre que le «vrai Jésus», dans son épaisseur historique, n’était pas accessible par les textes évangéliques, trop tributaires du contexte de leur élaboration au sein des premières communautés chrétiennes.
L’auteur lui oppose l’école de l’«exégèse canonique», née aux États-Unis il y a une trentaine d’années, qui étudie chaque élément du Nouveau Testament à la lumière du message que la Tradition chrétienne a reconnu comme révélé dans la globalité de l’Écriture. Une lecture croyante, donc, qui se veut complémentaire des approches scientifiques – même si celles-ci pourront se sentir suspectées.
Jésus est-il vraiment ce qu'il prétend être ?
Qui est Jésus, dans une telle perspective ? L’auteur y répond à travers les événements connus de sa vie publique, depuis son baptême jusqu’à la transfiguration pour ce premier volume (le second, outre la passion et la résurrection, devrait intégrer les évangiles de l’enfance). Jésus est-il vraiment ce qu’il prétend être, le Fils de Dieu ? L’auteur cherche d’abord un début de réponse dans l’Ancien Testament, en un préliminaire sur Moïse.
Ce souci d’ancrer la foi chrétienne dans ses racines juives est une constante de l’ouvrage. Jésus, explique-t-il, est l’ultime prophète, promis par Dieu à son peuple. Si Moïse était «ami de Dieu», Jésus, lui, voit le visage de Dieu comme un fils. Il vit en profonde intimité avec le Père, et c’est dans cette union qu’il se donne à connaître. Lors du Sermon sur la montagne, il se présente lui-même comme «la nouvelle Torah», la Parole de Dieu en personne.
Joseph Ratzinger en a pris conscience en lisant les Conversations imaginaires entre un rabbin et Jésus, de Jacob Neusner. Qu’est-ce qui choque en effet ce rabbin américain dans l’enseignement de Jésus ? Non pas ses propos qui, selon cet auteur juif, ne trahissent pas la foi du peuple hébreu, mais ce que Jésus a ajouté à cette foi, à savoir «lui-même». Là réside le cœur du christianisme : «la centralité du Je de Jésus dans son annonce». Jésus ne met pas en avant d’autres arguments que lui-même : comme au jeune homme riche, il demande à chacun de le suivre.
Et qu’apporte-t-il, Jésus ? La réponse est simple : Dieu, «et avec lui la vérité sur notre destin et notre provenance». La cohérence de la figure de Jésus réside dans ce rapport immédiat avec Dieu. Que ce soit au désert, dans les Béatitudes ou en paraboles, le Jésus de Ratzinger ramène toujours à Dieu. Or, déplore l’auteur, «dans notre société moderne (…), nous déclarons Dieu mort, ainsi sommes-nous aussi Dieu !» De ce fait, «les hommes ne sont plus propriété d’un autre, mais bien les seuls patrons d’eux-mêmes et les propriétaires du monde…»
Un christianisme exigeant
Prédicateur convaincant, Joseph Ratzinger prêche un christianisme exigeant. Il s’agit de chercher Dieu, de se faire proche de lui et, ce faisant, se faire proche à l’autre, pour vivre «en intime accord avec l’essence et la parole de Dieu». Cette grande vigueur, fruit de toute une vie de méditation, plaira à qui cherche un guide spirituel. Le Dieu de Jésus, ici, n’est pas un Dieu édulcoré. Ni un Dieu que l’on pourrait partager avec les autres religions dans une sorte de morale commune. Et Joseph Ratzinger de renouveler ses réticences à l’encontre d’un dialogue interreligieux théologique.
Suivre Jésus, dit-il encore, «n’offre aucune structure sociale réalisable concrètement sur le plan politique» : il n’est pas venu «apporter le bien commun», mais Dieu ! De cette foi en Dieu naît la responsabilité envers autrui. L’homme de Nazareth n’est pas indifférent à la faim des hommes, mais il la remet dans son contexte de la primauté de Dieu. C’est ainsi, estime le pape (comme déjà dans son encyclique), que les aides de l’Occident au tiers-monde, «basées sur des principes purement technico-matériels, non seulement ont laissé à part Dieu, mais ont éloigné de lui les hommes» : «Ils croyaient pouvoir transformer les pierres en pain, mais ils ont donné des pierres à la place du pain.»
En jeu, toujours, le primat de Dieu. Avec lui seulement la véritable conversion peut se faire, qui est «inversion de la marche intérieure par rapport à la direction que nous prendrions spontanément». Et aujourd’hui, souligne encore le prédicateur, «face à la cruauté du capitalisme qui dégrade l’homme au rang de marchandise, nous avons commencé à voir plus clairement les dangers de la richesse et comprenons de manière nouvelle ce que Jésus souhaitait en nous mettant en garde contre la richesse (…) qui détruit l’homme, en prenant à la gorge avec sa main cruelle une grande partie du monde».
Direction, l'amour
La direction est celle de l’amour. Cela ne peut se faire sans Dieu. Car, comme Joseph Ratzinger le montre à travers les paraboles du bon Samaritain ou «des deux frères» (le fils prodigue), «nous avons tous besoin du don de l’amour salvifique de Dieu lui-même pour pouvoir devenir nous aussi des personnes qui aiment. Nous avons toujours besoin de Dieu qui s’est fait notre proche, pour pouvoir à notre tour devenir proches.»
Pour notre auteur, c’est sans doute dans le quatrième Évangile que cet idéal, incarné par Jésus, de proximité avec Dieu et avec l’homme, atteint la plus grande intensité : généralement réputée purement théologique, l’œuvre de Jean est ici créditée au contraire d’un maximum de plausibilité historique – non certes au sens «d’un procès-verbal enregistré au magnétophone», mais pour «avoir rendu correctement les discours de Jésus, le témoignage de Jésus lui-même» et, donc, «la figure authentique de Jésus».
Et Joseph Ratzinger d’inviter alors ses lecteurs à adopter l’attitude de Marie pour retenir les mots et les signes de son fils dans une «fréquentation intérieure de l’événement» du salut, en se laissant guider par l’Esprit Saint pour rejoindre ce qui est en définitive la mémoire de l’Église. À savoir «la profondeur des paroles et des événements venant de Dieu et menant à Dieu». Chaque lecteur sera libre d’y discerner ou non «le vrai Jésus» qui lui est indiqué. Il ne pourra pas nier que le pape théologien livre ici sa foi personnelle dans une émouvante vérité.
Isabelle de GAULMYN et Michel KUBLER |
13/04/2007 18:30
Les deux poumons de l'islam
L'islam est divisé en deux branches principales, le sunnisme et le chiisme, qui n’ont cessé de se ramifier au long des siècles. Le sunnisme est la branche majoritaire. Le chiisme concerne environ 13% des musulmans
Pourquoi l’islam s’est-il divisé en plusieurs branches ? Peu après, il reçoit la révélation du message divin, qui se poursuivra verset par verset au cours des vingt-trois années de sa mission. Il se consacre dès lors à la prédication, s’adressant aux polythéistes, aux juifs et aux chrétiens, condamnant les idoles et proclamant l’unicité de Dieu. En 622, devant l’hostilité des Mecquois, il se réfugie à Yathrib, la future Médine. Il pose alors les fondements d’une nouvelle religion monothéiste et en organise les adeptes. Il devient aussi peu à peu chef politique et mène une guerre contre les Mecquois qui reconnaissent son autorité en 630. Il conclut alors des pactes avec les tribus de la péninsule arabique et fonde les structures d’une communauté musulmane. Mohammed meurt en 632, sans avoir désigné de successeur (khalifa en arabe, d’où le mot « calife »). Aussi la communauté musulmane primitive se déchire-t-elle après sa mort. Ce conflit, qui culmine entre 656 et 661, est connu sous le nom d’al-fitna al-kubra (« grande discorde »). C’est au cours de cette période que se forment les partis à l’origine des groupes sunnites, chiites et kharidjites. Ces groupes développent peu à peu des particularités théologiques et juridiques. Sur quoi se sont opposés les croyants ? L’arbitrage qui suit est défavorable à Ali. Après son meurtre en 661, Muawiya est reconnu calife par l’immense majorité des musulmans. Avec lui, le califat devient héréditaire. Il fonde la dynastie omeyyade, qui va régner à Damas jusqu’en 750, avant d’être supplantée par les abbassides. Ceux qui sont restés fidèles à Ali deviennent les chiites (de shi’a Ali, « groupe séparé d’Ali »). Des partisans d’Ali qui l’ont abandonné après sa défaite font sécession et forment les kharidjites (« ceux qui sortent »), connus pour leur égalitarisme, leur rigorisme moral et leur intolérance. Des communautés kharidjites existent aujourd’hui en Algérie, en Tunisie, en Libye et à Oman. La plupart sont de rite ibadite, la tendance la plus tolérante. D’où vient l’appellation « sunnisme » ? Le sunnisme se définit comme le courant orthodoxe de l’islam. Il regroupe les musulmans qui reconnaissent la légitimité des quatre premiers califes et adhèrent à l’un des quatre courants juridiques. Les traits principaux du sunnisme sont : la prééminence de la sunna, la recherche constante du consensus, la mise en place d’un islam normatif, limitant les querelles doctrinaires. De quand date la fondation du chiisme comme confession ? Quelles sont les particularités doctrinales des deux branches ? En l’absence de ce guide lié à la descendance directe du Prophète, les ayatollahs (de ayat Allah, « signe de Dieu »), autorités suprêmes du clergé chiite, ou les oulémas (docteurs en théologie) le représentent et assument une direction spirituelle qui les apparente à un clergé, réalité qui est étrangère au sunnisme. Dans le contexte de la révolution iranienne et de la formation de l’État irakien, des ayatollahs ont aussi endossé un rôle politique. Les chiites accordent également une place particulière au martyre, ce qui s’explique par les morts violentes de leurs imams. Martine DE SAUTO |
13/04/2007 15:24
Les écoles juridiques du sunnisme, les courants du chiisme, les lieux saints
Les écoles juridiques du sunnisme L’école malékite (Maghreb, Afrique occidentale) passe pour la plus authentique car fondée à Médine ; elle recherche le consensus. L’école chafiite (Afrique de l’Est, Malaisie, Indonésie) privilégie le consensus des oulémas. L’école hanbalite (wahhabite), fondée à Bagdad, n’admet comme sources du droit que le Coran et la sunna, se montrant hostile à toute innovation. Les courants du chiisme Les duodécimains ou imamites, qui reconnaissent douze imams à partir d’Ali, forment le groupe majoritaire du chiisme. Ils croient que le douzième imam, Mahdi (le Bien guidé), disparu mystérieusement en 874, n’est pas mort et attendent son retour qui fera triompher la justice. Ils sont majoritaires en Iran, en Irak, à Bahreïn et constituent des minorités en Inde, au Pakistan, en Afghanistan, au Liban, au Koweït et dans l’est de l’Arabie saoudite. Le clergé chiite irakien et iranien est duodécimain, ainsi que le Hezbollah libanais. Les ismaéliens (d’Ismaïl, septième imam de la postérité d’Ali) ont pour chef spirituel l’Aga Khan. Ils sont plus de 15 millions dans le monde, notamment au Pakistan, en Inde, en Syrie, en Afrique de l’Est. Les zaydites (ils tiennent leur nom de l’arrière-petit-fils d’Ali) ont établi un imamat au Yémen en 898 et sont proches des sunnites. D’autres chiites ont reçu le qualificatif de ghulat (extrémistes) parce qu’ils divinisaient Ali. Dans le courant chiite hétérodoxe se trouvent les alevis de Turquie et les alaouites de Syrie, dont fait partie la famille Assad. Leurs lieux saints |
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