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LE CAP FERRET

 

Le Cap Ferret

Carte du Cap Ferret (il existe des liens sur la carte...)

Horaire des messes

Il était une fois Notre Dame des Flots

Les dessins qui illustrent cet article sont de Jean CASSAIGNE dit "Leon"

ancienne église

En ce temps là…

Au début du siècle le Cap Ferret était encore une terre inconnue, une terre vierge, que l’on décrivait comme “ un pays sans terre, sans pierres, sans chemins ; rien que du sable, une eau trasparente, des forêts de pins, des huttes de planches… ”
Pourtant, au milieu de ces huttes qui, pour la belle saison, abritaient quelques pêcheurs venus du fond du Bassin, il existait déjà une jolie petite chapelle du nom de Notre Dame des Flots.
Construite en 1893, cette petite chapelle était desservie par les Dominicains du Moulleau et le premier mariage y fut célébré par l’abbé Noailles en avril 1909.
Agrandie en 1932, Notre Dame des Flots devint paroisse à l’initiative de Monseigneur Feltin en 1936. C’était l’époque où s’achevait la première route qui devait amener au Cap Ferret un nombre croissant d’estivants. Pendant longtemps ceux-ci durent se contenter des 200 places que leur offrait la chapelle… jusqu’au beau jour où Monsieur l’abbé Marquaux, curé du Cap Ferret, décidait de transformer Notre Dame des Flots pour en faire une grande église moderne.
Hommage aux batisseurs

construction

Il fallait beaucoup d’audace, de courage et de dynamisme à l’abbé Marquaux pour se lancer dans une telle entreprise. Aussi son nom restera-t-il attaché à cette nouvelle église avec celui de l’architecte Morin et d’une poignée d’entrepreneurs qui s’appelaient notamment Michel Martin, Robert Loubel, Gilbert Sola, Jose Dos Santos…
Mais comment ne pas rendre hommage aux paroissiens de l’époque qui, par leurs dons, prirent totalement en charge le lancement de ce projet représentant la modique somme de 27 millions ! Ils surent toujours répondre aux appels de l’abbé Marquaux, lequel ne manquait pas d’imagination pour encourager les donateurs et savait leur témoigner une profonde reconnaissance.
Les travaux entrepris dès 1956 s’effectuèrent par tranches correspondant aux fonds disponibles. Ainsi le côté Nord fut d’abord élargi pour un montant de 7 millions de francs couverts par des quêtes, des kermesses, des représentations théatrales et même une tombola dont l’enjeu n’était pas moins qu’une villa neuve construite sur la paroisse ! Malgré tout ces efforts, les travaux s’arrêtèrent en 1958 faute de fonds. Ils ne purent reprendre qu’au début de 1959 et n’auraient duré que quelques mois si la paroisse n’avait répondu massivement aux appels pressants de son cher curé.
Un projet audacieux

L’homme qui, avec l’abbé Marquaux, restera le plus lié à l’histoire de Notre Dame des Flots est sans doute l’architecte Raymond Morin. Non parce qu’il fit don de ses honoraires, mais surtout parce qu’il incarnait le modernisme des années 50 dont ses maisons “piano” témoignent encore sur la presqu’île.
Son projet pour Notre Dame des Flots était ultramoderne et plein d’audace. A l’élégance il ajoutait beaucoup d’astuce puisque son idée de nef de bateau renversée fut réalisée au-dessus et autour de la chapelle existante qui ne disparut qu’en… 1963 ! Elle laissait en héritage quelques œuvres d’art sacré et quelques symboles de la dévotion des marins à Notre Dame des Flots. ( Notamment un grand voilier et la “pinassote” dite de l’abbé Marquaux )
Pour autant qu’il fut audacieux, le projet n’en resta pas moins fidèle dans sa décoration à la vocation originelle de l’église. Ainsi Hugues Maurin — professeur aux Beaux Arts — sculpta la Vierge dans un bois flotté et dessina les décors marins, ensuite forgés par Alphonse Sauvage — filets de pêche, roue de gouvernail, foënes…

Les cloches de cristal
Si l’abbé Marquaux fut audacieux dans son entreprise, il ne le fut pas moins dans sa prospection pour l’équipement et la décoration de la nouvelle église. Ses choix d’avant garde lui valurent à plusieurs reprises les échos de la presse.
Ainsi, le 6 août 1962, à la stupéfaction de tous, le journal Sud-Ouest annonçait que Notre Dame des Flots serait la deuxième église de France dotée de cloches électroniques… en cristal. Pensez donc… on abandonnait les bonnes vieilles cloches traditionnelles en bronze pour une nouvelle technique révolutionnaire mise au point, un an plus tôt, à Boston aux Etats Unis, par un certains Gerhard Finkenbeiner. Placées dans la sacristie, à l’abri d’un petit meuble, ces cloches ne pèsent que quelques grammes et se présentent sous la forme de 3 tubes de verre de la taille d’une pompe à vélo. A l’intérieur, des petites boules de métal tombent sur un crayon de cristal, tandis que les tubes tournent sur eux-mêmes à l’horizontale. Les vibrations obtenues sont recueillies par un amplificateur et transmises aux haut-parleurs situés dans le clocher de l’église. On obtient ainsi toute la puissance et toutes les mélodies d’une cloche classique.
L’autre innovation remarquable concerne les vitraux qui donnent à l’église beaucoup de lumière et d’originalité. Ils répondaient à l’époque au dernier cri de l’industrie verrière, permettant d’intégrer la création artistique à la solidité de construction, pour réaliser de véritables “murs de lumière”.

actuelle église

Le grand jour
Le dimanche 29 août 1966, dix ans après la pose de la première pierre, l’inauguration de la nouvelle église donnait lieu à une grande cérémonie présidée par son Eminence le Cardinal Richaud, Primat d’Aquitaine.
Le Cardinal, entouré de très nombreuses personnalités ecclésiastiques et civiles — dont les élus du Bassin d’Arcachon — célébra une grand messe solennelle après avoir béni, à l’extérieur et à l’intérieur, les murs de Notre Dame des Flots. La foule présente se constituait ensuite en cortège, accompagnant ces personnalités jusqu’à la jetée où elles embarquèrent à bord du chalutier “Nauticus” et du canot de sauvetage “Capitaine-le-Verger” pour la bénédiction et le défilé nautique de la flotille de plaisance du Cap Ferret.
Près de 200 voiliers, pinasses, vedettes et hors-bord participaient à la cérémonie qui s’acheva par l’immersion d’une couronne à la mémoire des marins péris en mer.

croix des marins

Pour la petite histoire
Dans les années qui suivirent la bénédiction de leur nouvelle église, deux événements de nature fort différente devaient marquer les Ferrets Capiens.
Le premier eut lieu en 1968. De nature joyeuse et spectaculaire, il provoqua un véritable attroupement autour de Notre Dame des Flots. L’église, en effet, recevait enfin la croix qui devait orner son clocher. Mais cette croix de 6 mètres de haut, forgée par Alphonse Sauvage et révêtue d’une peinture fluorescente, ne pesait pas moins de 200kg. Il fallut donc l’intervention d’un hélicoptère pour sa mise en place et si l’opération ne dura que quinze minutes, elle faillit se terminer tragiquement. Les ouvriers juchés en haut du clocher pour la guider dans son emplacement furent surpris par le ballant et à deux doigts de tomber dans le vide.
Le deuxième événement se déroula au contraire dans le secret d’une nuit de juillet 1973 et il consterna les paroissiens. Il s’agissait du vol de la jolie “pinassote” qui trônait déjà dans l’ancienne chapelle, symbolisant la dévotion des marins à Notre Dame des Flots. Elle fut aussitôt remplacée par une autre pinasse offerte par Mr Sauvestre, maquettiste arcachonnais. Hélas ! un an plus tard, la nouvelle pinasse était elle aussi dérobée ! Il ne restait que la honte planant sur les auteurs de ces larcins.

La croix des marins
Qui pourrait se douter aujourd’hui que la croix ornant le parvis de Notre Dame des Flots demeure le vestige de l’un des plus vieux monuments du Cap Ferret. Elle n’est autre en effet que la partie supérieure de la croix érigée à l’extrème pointe de la presqu’île en 1868 à la demande des marins de Gujan. Victime des éléments, enfouie dans le sable et longtemps oubliée, elle fut redécouverte par hasard et doit finalement sa survie à une équipe de Ferret Capiens enthousiastes.
Merci à l’architecte Patrick Fouquet, à Patrick Pigeon, Hugues Maurin, Michel Martin et au père Castaing qui se sont donnés beaucoup de mal pour la récupération, le transport et la restauration de ce souvenir officiellement inauguré en septembre 1983.

Intérieur

A la veille de l’an 2000
En cet été 1999, alors que plus d’un siècle nous sépare de la naissance de Notre Dame des Flots, ces quelques lignes viennent nous rappeler que l’histoire se répète souvent dans ses pages les plus difficiles. Celles de la survie d’une église confrontée, comme tout édifice, aux agressions du temps. Oui Notre Dame des Flots a vieilli ; avec bonheur sûrement quand elle fait à la fois le compte de tous les baptêmes et mariages célébrés chaque année en ses murs et le compte de tous les fidèles qu’elle accueille en grand nombre particulièrement les étés.
Mais pour poursuivre cette vocation, elle souffre aujourd’hui d’un besoin urgent de restauration. Et à la veille de l’an 2000 comme dans les années 50, le conseil paroissial en appelle à la générosité de tous pour entreprendre le chantier de peinture qui représente un budget de prés de 1 million de francs. Grâce à vos dons, car elle ne peut attendre d’autres secours, Notre Dame des Flots pourra écrire une nouvelle page de son histoire.

Notre Dame des Flots
Chronique paroissiale

1893 : Construction au Cap Ferret d’une petite chapelle : Notre Dame des Flots.
1909 : Date du premier mariage — celui d’un douanier­ — célébré dans la chapelle par Mr l’abbé Nailles.
1932 : Agrandissement de la chapelle qui désormais offrira 200 places !
1936 : A l’initiative de Monseigneur Feltin Notre Dame des Flots devient une paroisse.
1955 : L’abbé Marquaux, curé du Cap Ferret, décide de construire une nouvelle église.
1956 : Pose de la première pierre par Monseigneur Richaud, Archevêque de Bordeaux.
1958 : Faute de financement, arrêt momentané des travaux de construction.
1959 : Le numéro 3975 gagne le gros lot de la tombola : une villa neuve !
1959 : Grâce à la générosité des paroissiens les travaux peuvent reprendre.
1961 : La chapelle a vécue. Les derniers vestiges disparaissent.
1961 : A l’occasion des fêtes de Pâques, de nombreux offices se déroulent dans la nouvelle église.
1962 : On n’arrête pas le progrés : Notre Dame des Flots est dotée de cloches électroniques… en cristal !
1966 : Bénédiction solennelle de la nouvelle église par son Eminence le Cardinal Richaud.
1968 : Acrobatique : l’église reçoit enfin sa croix mise en place avec l’aide d’un hélicoptère.
1973 : Vol de la pinassote héritée de l’ancienne chapelle. Elle symbolisait la foi des marins.
1974 : La nouvelle pinasse , offerte par un maquettiste d’Arcachon, est à nouveau dérobée !
1983 : L’ancienne croix des marins, tombée à la Pointe, est restaurée et mise en place sur le parvis.
1986 : Messe solennelle célébrée par le père André pour fêter le 30° anniversaire de la pose de la première pierre.
1999 : Les travaux de restauration deviennent urgents et le comité paroissial fait appel à la générosité des paroissiens et des estivants.
2000 : Les premiers travaux sont terminés, à quand la prochaine tranche ?

Chapelle de l'HERBE

Le croissant au bas de la croix de la chapelle de l’Herbe a été remis en place par Patrick Archambault avec la complicité de Monique Castaignède

Avant

Photos de Christian ALEXANDRE