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Revue de presse

En mai

mercredi, 16 mai, 2012

Jean-Marc Ayrault, nommé premier ministre par François Hollande

Le nouveau président de la République a choisi pour Matignon un socialiste modéré auquel il est lié par une solide complicité.

Jean-Marc Ayrault en avril 2012.(AFP PHOTO FRANK PERRY)

Jean-Marc Ayrault en avril 2012.

Le député qui fut durant quinze ans président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale mènera la bataille pour les législatives.

Les deux hommes semblent faits d’un même bois, dont la persévérance et l’attachement au collectif feraient la qualité. En décidant mardi 15 mai de nommer comme chef du gouvernement Jean-Marc Ayrault, le nouveau président de la République joue la carte de la complicité pour entamer son mandat et mener la bataille des législatives.

Les deux têtes de l’exécutif se connaissent parfaitement pour avoir partagé depuis des années les mêmes combats. En 1997, lorsque Lionel Jospin devient le premier ministre de cohabitation de Jacques Chirac, l’hôte de Matignon a besoin d’hommes de confiance placés à des postes stratégiques pour mener sa politique.

Tandis que François Hollande prend en main le parti socialiste, le député de Loire-Atlantique et maire de Nantes est élu à la présidence du groupe à l’Assemblée nationale qui ne dispose que d’une majorité relative et doit composer avec les communistes. Les deux hommes sont contraints d’abandonner à d’autres ténors socialistes le prestige et la lumière des postes ministériels. À eux la tâche ingrate de tenir la majorité.

Lorsque, cinq ans plus tard, l’élimination de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle fait vaciller le temple socialiste, les deux piliers resteront à leur place. Ensemble, ils vont œuvrer à la refondation du parti, une tâche jalonnée de victoires (les cantonales de 2004 ou les régionales de 2010) mais aussi de défaites (le référendum européen de 2005 ou la présidentielle de 2007).

PUGNACE, UNE FORCE DE CARACTÈRE

En choisissant celui qui était à la tête des députés socialistes depuis quinze ans, François Hollande a donc privilégié la cohésion pour aller chercher une majorité parlementaire les 10 et 17 juin.

Jean-Louis Bianco, député des Alpes-de-Haute-Provence, souligne ses qualités : « C’est un homme pugnace, qui manifeste une vraie force de caractère tout en restant très respectueux de gens. Ce n’est pas une personnalité flamboyante mais sérieuse. Je crois que c’est ce que les Français attendent. »

Né en 1950 dans une famille modeste et catholique du Maine-et-Loire, Jean-Marc Ayrault complète ses études universitaires par un apprentissage des responsabilités au sein de la Jeunesse agricole chrétienne (JAC). 1971 marque une double étape dans la vie du jeune homme.

IL CULTIVE SON STATUT D’ÉLU LOCAL « NORMAL »

À 21 ans, il adhère au PS à l’occasion du Congrès d’Épinay et se marie avec Brigitte, avec qui il aura deux filles. Enseignant d’allemand, il conquiert à 27 ans la mairie de Saint-Herblain en Loire-Atlantique. Après deux mandats, celui qui a fait son entrée à l’Assemblée natio

Sa femme, qui enseigna en zone d’éducation prioritaire, a créé une maison pour les adolescents. En vacances, le couple a longtemps sillonné les routes à bord d’un petit camping-car. Loin des élites de la mondialisation triomphante, à l’écart du star-system politique, Jean-Marc Ayrault cultive son statut d’élu local « normal ».

Les deux hommes n’ont jamais exercé de fonction ministérielle et ne sont pas les plus charismatiques de leur génération mais ils pourront compter sur une vraie proximité.

Politiquement, le choix du maire de Nantes est aussi révélateur d’une stratégie électorale. Si Jean-Marc Ayrault a démarré son parcours à l’aile gauche du parti, dans le sillage de Jean Poperen, il s’est depuis longtemps recentré avec des convictions sociales-démocrates bien assumées.

DES GAGES À L’ÉLECTORAT MODÉRÉ

En 2007, l’élu de Nantes qui avait fait campagne pour Ségolène Royal était déjà pressenti comme premier ministre en cas de victoire. En 2008, lors du congrès de Reims durant lequel les socialistes se déchirent, Jean-Marc Ayrault reste fidèle à Ségolène Royal pour l’élection de premier secrétaire. La victoire de Martine Aubry aurait pu fragiliser son leadership à l’assemblée mais sa solide expérience lui permet finalement de se maintenir.

En le préférant à la maire de Lille qui était jugée mieux à même de rassembler la gauche, François Hollande donne des gages à l’électorat modéré. Le très faible score des écologistes à la présidentielle et le succès modéré de Jean-Luc Mélenchon ont sans doute incité le nouveau président de la République à choisir une personnalité plus apaisante.

C’est par exemple le cas au sujet de la laïcité, sur lequel François Hollande s’est montré très offensif. Même s’il se définit aujourd’hui comme agnostique, Jean-Marc Ayrault qui joua de l’orgue dans sa paroisse,entretient à Nantes de très bonnes relations avec les cultes. La promotion de cet Européen convaincu et germanophone est aussi un signal fort adressé aux partenaires de la France.

BERNARD GORCE

Une catho à l’hosto, prix « Pèlerin » du blog catho 2012

Pour la première édition du prix Pèlerin du blog catho, le jury, composé de journalistes de Pèlerin , de La Croix , du Jour du Seigneur et de RCF, a choisi de récompenser « Une catho à l’hosto », un blog drôle et très humain tenu par une apprentie médecin lilloise

catho-hostoAvec six voix sur neuf, Une catho à l’hosto remporte le premier Prix Pèlerin du blog catho parmi cinq autres nominés. Une grande joie pour Dopamine, pseudonyme de cette étudiante en médecine de 22 ans auteur de ce blog.

Pour le jury, Dopamine a le don d’être à la fois concrète et profonde. Son journal de bord d’externe en médecine est rédigé avec un ton très personnel, ponctué d’une bonne dose d’humour, voire d’autodérision. Ses rencontres avec ses patients et la vie avec ses collègues se lisent comme de vraies petites histoires !

« Je n’ai commencé qu’en septembre dernier, explique-t-elle. Je trouve que c’est très encourageant ! Je pense que le Prix du blog catho me donnera plus confiance en moi et dans ce que je peux raconter. »

Sur Facebook, où les internautes étaient invités à choisir leur favori, c’est le blog KTO and the city, étudiant de 23 ans qui parle de foi avec un ton décalé et une bonne dose d’humour, qui a remporté l’adhésion du public avec 249 votes sur 437.

Retrouvez les avis des membres du jury sur le site Pelerin.info, ainsi qu’un portrait de Dopamine dans le numéro de Pèlerin daté du 17 mai 2012.

Mgr Géry Leuliet, doyen de l’épiscopat mondial

Après la mort de Mgr Antoine Nguyên Van Thien, évêque émérite de Vinh Long (Vietnam), dimanche 13 mai à Nice, l’ancien évêque d’Amiens, 102 ans, devient le plus vieil évêque du monde

Mgr Leuliet en 1987, lors de son départ de l'évêché d'AmiensDiocèse d'Amiens

Mgr Leuliet en 1987, lors de son départ de l'évêché d'Amiens

Dans son édition du 14 mai, L’Osservatore Romano a annoncé la mort, dimanche à Nice, de Mgr Antoine Nguyên Van Thien, évêque émérite de Vinh Long (Vietnam) : âgé de 106 ans, il était le doyen d’âge de l’épiscopat catholique depuis octobre 2005. Avec ce décès, c’est l’ancien évêque d’Amiens, Mgr Géry Leuliet, 102 ans, déjà le doyen des évêques français, qui devient l’évêque catholique le plus âgé au monde.

Né le 12 janvier 1910 à Richebourg-l’Avoué (Pas-de-Calais), fils d’un notaire en milieu rural et ordonné prêtre à 23 ans pour le diocèse d’Arras, Mgr Leuliet fut supérieur du Collège Saint-Pierre à Calais puis doyen de l’église Notre-Dame avant de devenir directeur des œuvres diocésaines et vicaire général en 1956. Consacré évêque d’Amiens le 9 mai 1963, il participe aux deuxième, troisième et quatrième sessions de Vatican II et s’emploie à mettre en œuvre les décisions du concile dans son diocèse.

UN ÉVÊQUE DE CORÉE DU NORD « DISPARU » DEPUIS LA SECONDE GUERRE MONDIALE

Retiré à Arras, dans sa région natale, depuis une vingtaine d’années, l’évêque émérite d’Amiens continue de s’intéresser à son ancien diocèse. Dans une lettre adressée aux habitants de la Somme à l’occasion de son centième anniversaire, en 2010, Mgr Leuliet – handicapé par une surdité qui l’empêche de s’exprimer – rappelait ainsi les fondements de son action : « Permettez-moi de redire que reste intacte la confiance que j’osais exprimer dans le choix de la devise épiscopale : Fides in virtute Dei . Oui, j’ai foi en la puissance de Dieu ».

De son côté, Mgr Nguyên Van Thien était né en mars 1906 dans le diocèse de Cân Tho (sud du Vietnam) et avait été ordonné prêtre en février 1932, puis évêque en janvier 1961. L’évêque de Vinh Long (Sud) avait participé à l’ensemble du concile avant de se retirer en 1968 en raison d’une grave affection aux yeux. En 1985, il s’était installé à Nice.

Après son décès, l’évêque le plus âgé de la planète devrait en théorie être un autre évêque asiatique : Mgr Francis Hong Yong-ho, évêque de Pyongyang (Corée du Nord), qui serait âgé de 105 ans. Ordonné en 1944, il a été emprisonné peu après par le régime communiste de Kim il Sung. Probablement mort dans les camps nord-coréens, il reste toujours officiellement considéré comme « disparu » par l’Annuaire Pontifical .

Nicolas Senèze

 

Disserter de la nature dans l’écrin de Saint-Emilion

Depuis 2007, la cité médiévale, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, organise le festival Philosophia.

Un paysage de côteaux accueille la sixième édition du festival Philosophia.(HEURISKO)

Un paysage de côteaux accueille la sixième édition du festival Philosophia.

Le succès va croissant, attirant un public populaire qui se presse pendant trois jours dans les différents lieux de la ville pour écouter et débattre avec des conférenciers prestigieux.

Magie du lieu, alchimie de la proposition. Classée au patrimoine mondial de l’Unesco, la petite ville de Saint-Émilion (2000 habitants), qui reçoit un million de visiteurs par an, organise, depuis 2007, le populaire festival Philosophia. Inspiré du modèle de Modène, en Italie, et lancé par le metteur en scène et scénographe Éric Le Collen qui a voulu rendre la philosophie accessible à tous, sans sacrifier à l’exigence de transmission, avec des intervenants de qualité sur des thèmes essentiels. Tout est gratuit et l’opération mobilise une cinquantaine de bénévoles. Du 11 au 13 mai 2012, une vingtaine de débats, exposés, ateliers et même marche philosophique, parmi les rangs de vigne, se sont succèder.

UN NOUVEL ÉMERVEILLEMENT 

Les assoiffés de sens croisent les hordes de touristes, montent et descendent les ruelles pavées de cette cité médiévale qui coupe le souffle, autant par la raideur des pentes que par la beauté du site. De la place principale, au pied du clocher, le regard embrasse un vaste panorama harmonieux où se mêlent les toitures douces, la topographie urbaine héritée du Moyen Âge, les vagues ordonnées des vignes, la vallée de la Dordogne et, au loin, les vastes collines qui basculent vers l’Entre-deux-Mers. Partout, le ciel bleu et le soleil rehaussent l’éclat des pierres blondes et grises, découpent habilement d’un pinceau de lumière les façades sculptées des maisons.

Pour peu que l’on s’aventure en dehors de l’enceinte, c’est un nouvel émerveillement qui s’offre au promeneur. Ses pas le conduisent au cœur des vignes, le long des alignements de ceps, dans un paysage de chais et de châteaux où le vent venu de l’océan agite la lyre des grands arbres, pendant que les oiseaux jouent les solistes de ce concert céleste. Pays béni des dieux, dit-on. Difficile pour le promeneur du dimanche, en ce printemps frémissant, de ne pas être pénétré, in situ, des paroles des philosophes qui ont débattu, cette année, pendant trois jours de la vaste question de la Nature.

L’OMBRE DE MONTAIGNE A PLANÉ SUR LES DÉBATS

Le géographe Jean-Robert Pitte a rappelé que la jouissance esthétique des paysages est une donnée récente. Apparue à la Renaissance, longtemps privilège d’une élite, elle ne s’est popularisée qu’avec l’avènement des congés payés et la suite massive de l’été 1936. Prendre de la hauteur pour admirer l’horizon est propre à l’Europe. D’ailleurs, a-t-il insisté, le mot « paysage  » n’est entré dans le vocabulaire qu’au XVIe siècle, par le langage des peintres.

L’ethnologue Pascal Dibie a résolu la traditionnelle opposition, pont aux ânes et sujet du bac : « Il n’y a pas de nature sans culture et pas de culture sans nature, comme il n’y a pas de société sans nature et pas de nature sans société. Nous ne sommes jamais sortis de la nature et nous n’avons jamais cessé d’intervenir comme de l’imiter. Notre rapport avec elle est perpétuellement mouvant et ambivalent.  » Avec cependant une inquiétude contemporaine : « Les paysans ne sont plus des “hommes en pays” mais des techniciens agricoles sur des lieux de production. Ils cultivent désormais non selon leur connaissance des sols et des climats mais en obéissant à des informations que leur fournissent des logiciels satellitaires. Dès lors, la notion de paysage n’a plus guère de sens . »

LA TECHNIQUE MENACE CE BIEN SI FRAGILE, LA NATURE 

De même, l’œnologue Denis Dubourdieu a démontré que la notion de « terroir », ignorée par les générations précédentes, ne s’est imposée que depuis quelques décennies. Dans son dialogue fertile avec l’écrivain Jean-Paul Kauffmann, il a longuement disserté sur l’essence et le mystère qui président à l’invention d’un grand vin, issu le plus souvent d’espaces « improbables  ». D’abord fruit de l’imaginaire puis déclinaison singulière et heureuse de notre rapport à la nature. 

Citant une phrase éclairante du journaliste bordelais Pierre Veilletet (« Il n’y a pas de vignobles prédestinés. Il n’y a que des entêtements de civilisation »), Jean-Paul Kauffmann, ironisant sur les deux écueils (« le terroir-caisse » et le « terroirisme  »), a expliqué comment « la civilisation du vin est une mise en scène, une théâtralité qui joue du paysage et de l’architecture. Le surgissement d’un terroir est un dévoilement. Il fait émerger la vérité cachée d’un territoire et donne du sens, par le goût et les images qui s’y attachent, à son mystère.  » Le neurobiologiste Jean-Didier Vincent résumera : « Apprendre à voir, c’est apprendre à boire.  »

L’ombre de Montaigne, illustre voisin, a plané sur les débats (André Comte-Sponville, qui a fait salle comble sous la charpente de la lumineuse salle des Dominicains, l’a beaucoup cité). Les héritiers du Bordelais Jacques Ellul, comme Daniel Cérézuelle, ont rappelé les dangers que sans évaluation raisonnée de ses excès, la technique menace ce bien si fragile, la nature, que les partisans de la biodiversité cherchent à préserver en maintenant équilibrée la balance entre sa beauté et ses ressources, sans que l’homme en soit exclu. 

Les philosophes Florence Burgat et Étienne Bimbenet sont venus plaider, avec vigueur, pour un nouveau droit des animaux, au nom d’une question émergente autour de notre attachement et de leur souffrance : « Peut-on et doit-on manger des animaux ?  »

Le regretté Jean Dorst, ornithologue, prévenait : « Nous ne sauverons la nature que si nous l’aimons.  » Jean-Robert Pitte a cité ces quelques vers de François Cheng :

« Terre habitable, humain séjour provisoire :  

 Il n’est vrai paysage que de nos mémoires…  »

Lancé en 2001 par Michelina Borsari, à Modène (Émilie-Romagne, Italie), étendu depuis aux villes voisines de Carpi et Sassuolo, le festival Philosophia, ouvert à tous et jouant sur l’idée de partage des idées, a essaimé à travers l’Europe. À Saint-Émilion depuis 2007, à Hanovre (la ville de Leibniz, en Allemagne) tous les deux ans, à Louvain-la-Neuve (Belgique) et bientôt à Birmingham (qui ouvrira en 2013 la plus grande bibliothèque d’Europe) et Sofia, en Bulgarie.

JEAN-CLAUDE RASPIENGEAS, à Saint-Émilion (Gironde)  

À Paris, des catholiques traditionalistes ont défilé contre François Hollande

À l’invitation de l’institut Civitas, environ 3500 catholiques traditionalistes ont manifesté dimanche 13 mai après-midi à Paris, en hommage à sainte Jeanne d’Arc et contre le président élu, François Hollande. En appelant « tous les catholiques et patriotes français », Civitas veut « dire Non à la destruction programmée des fondements de la civilisation chrétienne et de la patrie française », comme on peut le lire sur le site Internet de l’institut, à propos du programme du nouveau président qui « effraie et divise profondément les Français ».

Selon l’institut Civitas, avec François Hollande à l’Élysée, « c’est un nouveau pays légal qui va tenter d’imposer ses vues. Au nom du changement, c’est un véritable bouleversement de la société française qui est promis et qui repose sur une vision intrinsèquement antichrétienne, anti-familiale et antinationale ». En refusant « une France rouge et laïciste », ce défilé du 13 mai veut également rappeler « la France éternelle, pays des terroirs et des clochers, fidèle à ses racines chrétiennes et à la foi de ses ancêtres ».

Fondé par le Belge Alain Escada (qui en est le secrétaire général), l’institut Civitas est un héritier direct de la « Cité catholique », fondée au lendemain de la Seconde guerre par Jean Ousset, disciple de Charles Maurras, directeur du journal L’Action française  (fer de lance du mouvement du même nom) et très lié à Mgr Marcel Lefebvre, fondateur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX).

Cet appel de Civitas survient au moment où la FSSPX est en discussion avec la Congrégation pour la doctrine de la foi pour une éventuelle réintégration dans l’Église. Si certains lefebvristes semblent prêts à une telle normalisation, d’autres, plus réticents, se retrouvent dans la profession de foi d’Alain Escada de subordonner la loi civile à la loi de Dieu.

C. LE.


Une expérience vécue : les assemblées dominicales de la parole


Voici la relation d’une expérience en vigueur dans un diocèse de France. De quoi donner des idées à ceux qui ne se résolvent pas à être privés de célébrer le dimanche, faute de prêtres.
Ce dimanche, l’église du village est restée fermée. Comme les dix sept autres du secteur. Les paroissiens sont-ils dans la dix-huitième église de la paroisse, là où a lieu la messe ? Peu probable. Le co-voiturage est un échec. Les personnes âgées y répugnent. Et moins on se rassemble, moins on a envie de se rassembler. Les gens ne vont plus à la messe que lorsqu’elle «passe» chez eux. Alors, faut-il se résoudre à laisser nos églises rester fermées, inutiles, et bientôt sans entretien ?
Ne serait-il pas plus judicieux, plus conforme aussi à notre tradition (aux premiers siècles, les fidèles se réunissaient pour chanter les psaumes et entendre la Parole. La messe n’est devenue habituelle que beaucoup plus tard.), de proposer des assemblées de la parole que les paroissiens organiseraient eux-mêmes, à condition d’y être formés ?
Il est bon de se réunir
C’est le dimanche, jour de la Résurrection, centré sur le mystère pascal, que les chrétiens se réunissent. C’est donc ce jour là qu’il convient de prévoir une célébration de la Parole. Le droit de l’Eglise prévoit même la possibilité pour les chrétiens de se rassembler le dimanche faute de prêtre. (Canon 1248 § 2)
D’autre part, le concile Vatican II affirme : «Le Christ… est là présent dans sa parole, car c’est lui qui parle tandis qu’on lit dans l’Église les Saintes Écritures. (Dei Verbum, n° 24) Enfin il est là présent lorsque l’Église prie et chante les psaumes, lui qui a promis : « Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis là, au milieu d’eux » (Mt 18, 20) (Sacrosanctum Concilium n° 7).
Le dimanche étant jour du Seigneur, les chrétiens d’un village manifestent par leur assemblée dans une église la visibilité et la réalité du Christ ressuscité. Ils construisent le Corps du Christ. Cela va bien plus loin que la simple dévotion ou le ressourcement personnel !

Les assemblées de la Parole
Il paraît important à beaucoup de prêtres eux-mêmes de proposer des assemblées dominicales de la Parole sur leur paroisse et d’y préparer les fidèles. Ainsi est assurée une proximité du Christ et de son Eglise auprès de toutes et de tous en se rassemblant autour de sa Parole, ainsi que la visibilité du Christ et de l’Eglise dans les bourgs.
Du point de vue humain, les avantages en sont nombreux. Cela permet de lutter contre la passivité, de responsabiliser davantage les fidèles des petites communautés de proximité. Cela évite de marginaliser davantage certains fidèles, les plus pauvres.
Enfin, même si la messe de la télévision est de qualité, elle est destinée aux personnes invalides car elle ne permet pas de constituer une vraie communauté locale.
Ces assemblées dominicales ne sont pas des « messes sans consécration ». C’est la Parole de Dieu qui y est centrale. Elles ne sont pas de pâles copies de la messe. La communion n’y est pas donnée. Mais elles font toujours mémoire de la Pâque du Christ, de son passage par la mort et la résurrection, fondement de la foi chrétienne.
Concrètement
Les assemblées dominicales de la Parole sont préparées en paroisse pour le mois par des représentant (e)s de chaque communauté, même de celle où il y a messe chaque dimanche.
Elles ont lieu à 10 h 30 le dimanche matin, annoncées par la sonnerie des cloches. Sauf le quatrième dimanche du mois où l’on invite les fidèles à se réunir en paroisse à l’eucharistie unique du dimanche matin au chef-lieu.
La structure, dont l’ordre peut varier dans les détails selon les dimanches, comprend toujours les éléments suivants :

Le Livre de la Parole « trône » devant l’autel, au centre, dans l’allée centrale, sur un pupitre, avec le cierge pascal, et des fleurs. Les fidèles sont assis en demi-cercle autour du Livre de la Parole.
Au début de la célébration, il est annoncé que celle ou celui qui préside est mandaté(e) par le curé de la paroisse. En attendant une formation prévue par le diocèse (!), ce sont les président (e)s laïcs de funérailles ou le laïc responsable de la communauté locale qui conduisent (président) la prière.
La dernière assemblée dominicale de la Parole a rassemblé plus de soixante personnes. Quelques membres de cette assemblée ne vont jamais à la messe le dimanche, même quand elle « passe » sous leur clocher ; mais elles participent à ces assemblées qui sont plus à la portée de leur cheminement actuel.
Les maires des communes, où ont lieu ces assemblées, se réjouissent du supplément d’animation apportée au centre-bourg. D’autant plus qu’ils font des efforts pour entretenir et embellir le bâtiment-église.
Conclusion
L’expérience commence à porter des fruits. Ils sont de plus en plus nombreux, ceux qui poussent la porte de l’église…. Et je suis convaincu qu’au fil des mois, un esprit nouveau se créera, que nous trouverons la « bonne manière » de vivre et de prier ensemble dans notre communauté locale.

 

À Paris, les catholiques traditionalistes appelés à une marche contre François Hollande

À l’invitation de l’institut Civitas, des catholiques traditionalistes devaient manifester dimanche 13 mai après-midi à Paris, en hommage à sainte Jeanne d’Arc et contre le président élu, François Hollande. En appelant « tous les catholiques et patriotes français », Civitas veut « dire Non à la destruction programmée des fondements de la civilisation chrétienne et de la patrie française », comme on peut le lire sur le site Internet de l’institut, à propos du programme du nouveau président qui « effraie et divise profondément les Français ».

Selon l’institut Civitas, avec François Hollande à l’Élysée, « c’est un nouveau pays légal qui va tenter d’imposer ses vues. Au nom du changement, c’est un véritable bouleversement de la société française qui est promis et qui repose sur une vision intrinsèquement antichrétienne, anti-familiale et antinationale ». En refusant « une France rouge et laïciste », ce défilé du 13 mai veut également rappeler « la France éternelle, pays des terroirs et des clochers, fidèle à ses racines chrétiennes et à la foi de ses ancêtres ».

Fondé par le Belge Alain Escada (qui en est le secrétaire général), l’institut Civitas est un héritier direct de la « Cité catholique », fondée au lendemain de la Seconde guerre par Jean Ousset, disciple de Charles Maurras, directeur du journal « L’Action française » (fer de lance du mouvement éponyme) et très lié à Mgr Marcel Lefebvre, fondateur de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX). Cet appel de Civitas survient au moment où la FSSPX est en discussion avec la Congrégation pour la doctrine de la foi pour une éventuelle réintégration dans l’Église. Si certains lefebvristes semblent prêts à une telle normalisation, d’autres, plus réticents, se retrouvent dans la profession de foi d’Alain Escada de subordonner la loi civile à la loi de Dieu.

C. LE.

Des dizaines de milliers d’Européens chrétiens « ensemble pour l’Europe »

À l’initiative de 250 mouvements chrétiens et communautés des Églises catholique, protestantes et orthodoxes, des dizaines de milliers de chrétiens se sont mobilisés samedi 12 mai à travers 144 villes d’Europe (en 22 pays), dont Bruxelles (1 000 participants) et Paris (avec 200). Il s’agissait du troisième rassemblement « Ensemble pour l’Europe », après ceux de 2004 et 2007 à Stuttgart.

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D.R

Promu notamment par les mouvements Focolari, Fondacio, Sant Egidio et Schönstatt, ce rassemblement avait pour objectif de présenter des engagements dans la vie sociale, politique, culturelle et religieuse comme autant de « contributions à l’édification d’une Europe plus juste et fraternelle ». Un manifeste « Ensemble pour l’Europe 2012 » a été lancé en présence de parlementaires (dont l’ancien président de la Commission européenne Romano Prodi), de personnalités politiques (dont le Français Jacques Barrot), d’évêques (évangéliques, orthodoxes et catholiques) et de représentants de la société civile des différents pays.

Après avoir rappelé la vision d’unité des pères fondateurs de l’Europe, les mouvements ont fait appel aux peuples européens pour qu’ils affrontent les défis du monde globalisé et qu’ils ne se replient pas sur ce qui est insignifiant. « L’Europe est un destin et une nécessité parce qu’elle réalise, dans une diversité réconciliée, la civilisation du vivre ensemble », peut-on lire dans le manifeste. Dans son message, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a affirmé que « le destin européen se fonde sur la philosophie de la relation et de la rencontre : une unité dans la diversité et pour l’altérité ».
C. LE.


Benoît XVI sur les pas de saint François d’Assise

En visite pastorale dimanche 13 mai dans le diocèse d’Arezzo-Cortona-Sansepolcro, en Toscane, le pape a présidé la messe en plein air dans le parc «Il Prato» à Arezzo. Dans son homélie, Benoît XVI a exhorté l’Église de Toscane à persévérer dans la solidarité, contre les «logiques purement matérialistes». Devant quelque 30000 fidèles, il a évoqué la difficulté de trouver des solutions pour sortir de la crise qui«frappe spécialement les couches les plus faibles et inquiète beaucoup les jeunes». Lors de la prière du Regina Caeli, le pape a confié à la Vierge Marie les familles dans le besoin. Il a aussi invité à ne pas se laisser aller à la «tentation du découragement».

Après une visite de la cathédrale Saint-Denis, patron d’Arezzo, il devait se rendre en hélicoptère dans le sanctuaire franciscain de La Verna, à 60 km, où François d’Assise reçut les stigmates en 1224 et où résident plusieurs communautés religieuses. Le sanctuaire est également le siège du noviciat pour la Custodie de Terre sainte.

Il devait enfin se rendre dans la ville de Sansepolcro pour y visiter la co-cathédrale qui abrite un crucifix en bois du VIIIesiècle et où, selon la tradition, des reliques du tombeau de Christ (d’où le nom de « Saint-Sépulcre ») seraient conservées. Dans cette ville de 16000 habitants, le pape devait rencontrer la population sur la place Torre di Berta, puis prononcer un discours, avant de repartir en hélicoptère à 20h15 vers le Vatican.

85 ans de Benoît XVI : « Il papa sta bene »

« Il papa sta bene » : « Le pape va bien. » Alors que Benoît XVI célèbre lundi 16 avril ses 85 ans, cette affirmation régulière du P. Federico Lombardi, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, est devenue le refrain obligé de la communication pontificale.

De fait, Benoît XVI se porte aussi bien que possible. C’est-à-dire moyennement. À cet âge, qui échappe aux vicissitudes ? La locomotion se fait plus incertaine, palliée par l’utilisation d’une estrade mobile. En l’absence des caméras, le pape utilise désormais (« par sécurité » dit-on) une canne. 

Mais ceux qui l’ont suivi de près au Bénin en novembre 2011, puis au Mexique et à Cuba en mars 2012, ont été frappés par son endurance : moiteur, chaleur, foules hurlantes, décalages horaires ont glissé sur lui. Comme la tornade du 15 août aux JMJ de Madrid : trempé, décoiffé, le pape a tenu bon. Lors de la dernière Semaine sainte, à peine rentré de ses 23 000 km en Amérique latine, il a présidé sans faiblir près de quinze heures de célébrations. 

Certes, parfois, la voix faiblit, mais toujours pour se raffermir au fil de ses raisonnements théologiques ciselés. La vie publique du pape a été aménagée : il séjourne plus longuement à Castel Gandolfo ; les visites « ad limina » des évêques se déroulent désormais par groupes de 10 à 30. Les discours et apparitions publiques sont limités au strict minimum, mais sans fausse note : processions et itinéraires sont millimétrés.

Et pourtant, quoique en dise l’entourage, les dysfonctionnements internes, du moins selon les normes « séculières », sont évidents. Les médias publient des missives confidentielles adressées au pape. Les affrontements entre clans y apparaissent sans fards. La personnalité du cardinal secrétaire d’État, Tarcisio Bertone, est contestée.

Malgré cela, Benoît XVI reste fidèle à son chemin : rappeler aux catholiques les fondements de leur foi, tout en travaillant à la « purification » de l’Église. Attentif à mettre aux normes internationales la gestion des finances vaticanes, inflexible contre les abus sexuels, rigoureux face aux Légionnaires du Christ, sans indulgence vis-à-vis de l’Église d’Irlande, miséricordieux envers les lefebvristes, le pape ne dévie pas et fait comme s’il voulait laisser, après lui, une Église en ordre de marche.

FRÉDÉRIC MOUNIER

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